Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
/ / /
Georges Wilson - notre rencontre autour d'Eurydice, une pièce de Jean Anouilh

Nous sommes en mai 1989 (ou 88 ou 90, je ne sais plus). Je suis au Festival de Cannes. Je travaille en free-lance dans la communication depuis trois ans. Je suis embauchée par un éditeur de vidéo qui lance sa collection dans laquelle il désire rassembler toutes les Palmes d’Or. Avec Josée qui connaît tout le monde dans le cinéma, nous devons lui organiser des déjeuners au Majestic et quelques montées des marches. C’est ainsi que je rencontre Georges Wilson qui veut absolument me revoir à Paris d’autant que je lui ai confié mes désirs enfouis d’être comédienne, mes cours de théâtre chez Jean-Laurent Cochet, mon amour des textes, de la scène, du jeu.
 
Il m’invite à déjeuner dans un restaurant à deux pas du théâtre de l’œuvre, dans le 9ème, dont il est le directeur artistique. Il me raconte son passé, ses souvenirs, Jean Vilar, le TNP. Commence alors une jolie amitié.
 
Il m’appelle régulièrement, prend souvent de mes nouvelles, me demande de venir le voir au théâtre où il passe ses journées. On rit beaucoup. On s’amuse à rejouer des scènes de "Je ne suis pas rappaport", une pièce américaine que j’avais adorée, dans laquelle avec Jacques Dufilho, ils étaient deux vieux sur un banc à parler de la solitude, de la vieillesse, de la mort.
 
Puis un jour, Georges me confie son projet qui lui tient à cœur depuis longtemps, il désire monter Eurydice, une pièce de Jean Anouilh, mais c’est dur, il ne trouve pas les financements, malgré sa carrière. Il se plaint que les relations ont changé, il va avoir 70 ans, il a l’impression que maintenant c’est place aux jeunes dans le métier.
 
Soudain au cours d’un déjeuner, son visage s’éclaircit, il me propose de jouer Eurydice. Avec mon visage de tanagra, comme il aime me surnommer, je serai parfaite, fine, jolie, fragile, insouciante, profonde, les compliments pleuvent. Il m’offre le texte. Je rentre chez moi, émue, j’appelle ma maman. Je ne dors pas de la nuit. J’ai arrêté les cours de théâtre depuis cinq ans. Je vous expliquerai pourquoi (je ne sais d’ailleurs pas pourquoi, je sais seulement comment j’ai tout arrêté), mais c’est une autre histoire.
 
Avec Georges, nous nous voyons régulièrement, je connais le texte par cœur. Il me parle de la mise en scène qu’il imagine, son fils Lambert sera Orphée, mon amoureux jaloux, et lui, le père. Il assurera la mise en scène. Au théâtre de l’œuvre bien sûr.
 
Néanmoins, Georges est inquiet pour l’argent. Il a l’impression que tout est devenu plus difficile, que son nom ne suffit plus pour monter un projet, qu’on ne lui fait plus confiance. Il a peur d’être fini. Il en souffre. Il a 70 ans. Cinq ans de plus que mon père. Mon père qui d’ailleurs, soudain, arrive dans la conversation, alors que nous rêvons d’Eurydice depuis au moins six mois. Un peu énervé, alors que Georges a toujours été un homme adorable, il me demande quand est-ce que je vais enfin lui présenter mon père qui pourrait certainement nous aider.
- Mon papa, je lui réponds, je te le présente volontiers, il sera ravi de faire ta connaissance, ma maman aussi d’ailleurs, elle était tellement triste que j’arrête le théâtre, mais en quoi peut-il t’aider ?
- En tant que directeur de l’OBC, je pense qu’il peut me trouver des financements.
- L’OBC ?
- Oui, la Banque du Cinéma.
- Ah non, Georges, il y a erreur, mon papa est architecte et habite à Besançon.
- Mais pourquoi Josée m’a-t-elle dit à au festival de Cannes que ton père était le directeur de l’OBC ?
- Je n’en sais rien, moi, tu prends quoi comme dessert ?
 
Ce jour-là, Georges n’a pas pris de dessert. C’était également la dernière fois que je le voyais. Quand je l’appelais au théâtre, on ne me le passait plus. Je suis allée plusieurs fois le voir, mais on me répondait toujours qu’il était occupé. Un peu plus tard, j’ai appris qu’il avait donné le rôle à Sophie Marceau.
 
 
(comme on me l'a souvent demandé, je précise que sur la photo, il s'agit de moi et non de Sophie Marceau...)
 
Sylvie Bourgeois Harel
Partager cet article
Repost0
/ / /
Chroniques du monde d'avant par Sylvie Bourgeois Harel - 1

L’autre jour, en entrant chez Apple pour acheter un ordinateur, en voyant tout le service d’ordre à l’entrée, puis le jeune vendeur qui me conseillait de ne pas changer le mien, mais qui m’a demandé au bout de quinze minutes d’aller à l’autre bout du magasin où il me rejoindra pour continuer notre conversation car ils n’ont pas le droit de rester longtemps au même endroit et avec le même client, j’ai réalisé que notre monde s’était vraiment écroulé.
 
Quand exactement, je ne sais pas, peut-être cela s’est fait doucement, subrepticement, mais une chose est sûre, aujourd’hui, je ne pourrais jamais refaire tout ce que j’ai fait lorsque je travaillais en free-lance dans la communication.
 
Plus jamais, par exemple, je ne pourrais faire atterrir les Tortues Ninja sur la plage du Carlton, durant le Festival de Cannes, à l’heure du déjeuner, afin de créer l’événement, et ça en a été un, les télévisions du monde entier ont repris les images de mon cameraman, c’était en mai 1991, sans autorisation bien sûr car je ne les aurais jamais obtenues, mais avec une équipe solide et ultra compétente de champions que ce challenge amusait.
 
En effet, c’était un véritable défi car les costumes, les mêmes qui avaient servi aux comédiens durant le tournage du film, pesaient 70 kilos chacun, et il ne fallait pas rester plus de quinze minutes dedans, tant l’épaisseur du plastique et de la mousse avec lesquels ils étaient fabriqués provoquaient une transpiration si intense que cela nécessitait ensuite plusieurs heures de séchage.
 
Mes parachutistes, des mecs super, ont tout accepté et surtout d'atterrir avec une vision réduite car les têtes des Tortues Ninja, non seulement étaient énormes et lourdes, mais avec des tout petits trous pour les yeux, ils ne voyaient presque rien. Avec leurs amis du Club aéronautique de Cannes-Mandelieu, on a balisé, au dernier moment pour ne pas dévoiler la surprise, un espace sur la plage afin de sécuriser l’atterrissage qui a vraiment créé l’événement.
 
C’était ça Cannes ! Pour promouvoir les films, il fallait être inventif, faire toujours plus, étonner, émouvoir.
 
Et mes Tortues Ninja ont eu un succès fou qui a dépassé les espérances d’UGC-Fox, le distributeur du film. Sur la Croisette où je les ai ensuite promenées assises à l’arrière d’un coupé que Mercedes m’avait prêtée pour la journée (est-ce que l’on peut encore se faire prêter pour une journée un Roadster Mercedes juste pour s’amuser, je ne pense pas...), les gens étaient hystériques, criaient leurs noms, Léonardo, Raphaël, Michelangelo, Donatello, leur demandaient des autographes, et mes parachutistes stoïques tenaient le coup dans leurs costumes, à mourir de chaleur.
 
Puis après une courte pause dans un local que j’avais loué pas loin où un déjeuner leur a été servi, au cours duquel on a essayé de sécher avec des sèche-cheveux l’intérieur des costumes qui étaient trempés, hop, de nouveau dans les costumes encore mouillés qui puaient, hop, dans la Mercedes, cette fois, avec un chauffeur. Grâce à mon amoureux, j'avais réussi à nous faire inscrire dans le cortège officiel et, là, je leur fais monter les marches où les photographes et la foule sont hystériques de voir les Tortues Ninja, à crier de nouveau leurs noms, et mes parachutistes sont toujours parfaits à jouer le jeu sans se plaindre, depuis des heures qui ont largement dépassé les quinze minutes recommandées, dans leurs costumes tellement trempés qu'ils sont devenus deux fois plus lourds, je les tiens d'ailleurs par la main car ils ne voient carrément plus rien, tant leur transpiration coule sur leurs yeux.
 
Le PDG de Columbia avec qui j’étais amie et qui distribuait le film m’engueule en haut des marches où il attend le réalisateur et ses comédiens car mes Tortues Ninja ont volé la vedette de toutes les stars américaines venues soutenir le jeune John Singleton considéré comme le nouveau génie d’Hollywood avec son film BOYZ’N IN THE WOOD, mais le soir lorsque nous dînons tous ensemble chez Tétou, à Golfe Juan, la bouillabaisse la plus chic du Festival (une institution qui n'existe plus non plus, la loi du Littoral l'a tout simplement supprimée... ), il éclate de rire. C’était ça Cannes, une équipe de seigneurs, et bravo à celui qui créait l’événement du jour !
 
Pour en revenir à Apple, un autre exemple de chose que je ne pourrais plus jamais réaliser. Nous sommes en 1994, je travaille pour Sony Software sur les premiers CD-Rom. J’organise à l’hôtel Raphaël une conférence de presse, sauf que Sony n’a pas d’ordinateur à me prêter. Peu importe, je gare ma petite Rover verte en double file devant la belle boutique Apple, avenue Georges V, je mets les warnings, et avec ma mini-jupe et mes bottes, je leur explique ma situation. Dix minutes plus tard, je sors avec trois Mac prêtés avec juste ma signature et le nom de Sony griffonnés sur un bout de papier, que les vendeurs m’installent dans ma voiture pendant que j’invite le directeur du magasin et son équipe à mon petit-déjeuner de presse. Le lendemain, j'ai ramené les trois Mac que je leur ai empruntés pendant un an, chaque fois que Sony sortait un nouveau CD-Rom, comme par exemple, les fiches-cuisine en partenariat avec Elle, je refaisais une conférence au Raphaël et j'avais besoin d'ordis.
 
Est-ce moi qui avais une capacité de persuasion ou est-ce que les rapports humains étaient plus simples, et surtout basés sur une confiance, une compétence, une assurance, un amour du travail bien fait ?
 
Quoi qu’il en soit, quand je vois qu’on ne peut plus entrer nulle part sans se faire fouiller son sac ou que des gens ont peur dès que quelqu’un tousse dans un train, je suis contente d’avoir fait le choix de quitter Paris que j’aime pourtant follement pour venir vivre dans le Sud, près de la nature, au bord de la Méditerranée.
 
Sylvie Bourgeois Harel
Partager cet article
Repost0
/ / /
MONICA - ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE - Un recueil de nouvelles de Sylvie Bourgeois Harel

MONICA

Je ne sais jamais quoi offrir à mon mari que j’aime d’amour, j’ai toujours l’impression que ça lui fait ni chaud, ni froid. Tandis que moi, les cadeaux, j’adore les recevoir, c’est même tout un art, je deviens si joyeuse que c’est un véritable plaisir de m’en faire. Si. Je dis toujours merci même s'ils ne me plaisent pas, je ne fais jamais la tête, non, au contraire, je deviens gaie comme une enfant. Mon côté enfant, même avec le temps, n’a d'ailleurs jamais totalement disparu, j’aime encore le rose, les cœurs et dépenser l’argent de mon mari comme si c’était celui que me donnait ma maman. C’est peut-être une histoire de confiance. Mes économies, je les garde au cas où il me quitterait, je me consolerai avec. Si je ne sais jamais quoi lui acheter, c’est peut-être pour lui offrir, par anticipation, sa liberté. Ça peut paraître compliqué, mais je me comprends.

En revanche, pour ses 50 ans, je dois marquer le coup. Je suis bien ennuyée d’autant que Magali, sa nouvelle employée, est drôlement bien roulée. En plus, elle n’arrête pas de lui dire combien il est intelligent, talentueux, formidable. Et les hommes, le mien comme les autres, c’est fragile. À force de trop le flatter, elle va finir par me le gâter. Ce serait dommage car c’est un bon mari, gentil et toujours heureux de me voir, je ne dois pas le décevoir. Surtout pas ce soir...

(...)

Vous pouvez lire la suite de MONICA dans mon recueil de nouvelles ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE. Vous pouvez le commander en m'envoyant un mail à : slvbourgeois@wanadoo.fr.  

 

Sur les liens ci-dessous, vous pouvez écouter une courte lecture d'un extrait de mon roman En attendant que les beaux jours reviennent (que j'ai signé Cécile Harel) par la comédienne Manoëlle Gaillard, mes nouvelles Mon papa est curé, Henri, La dame Bleue,  parues dans mon recueil Brèves enfances, aux éditions Au diable vauvert, lues par les comédiens Alain Guillo et François Berland. Et également deux interviews faites par ma petite Marcelline l'aubergine qui me questionnent sur mon écriture.

MONICA - ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE - Un recueil de nouvelles de Sylvie Bourgeois Harel
Partager cet article
Repost0
/ / /
ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE - Sylvie Bourgeois Harel

ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE - Sylvie Bourgeois Harel

« Lorsque j’écris une nouvelle, un style littéraire qui me convient parfaitement, je suis aussi concentrée que si je tirais à l’arc afin que ma flèche atteigne avec une rapidité fulgurante mon but : le cœur.C’est d’ailleurs de là d’où je pars. Le cœur. Je suis au cœur du cyclone, de la tempête que traversent mes personnages. Je suis au cœur de l’intime. Plus rien d’autre ne compte. Que l’intime et l’émotion. Je retire les descriptions et les mots inutiles. Je vais à l’essentiel. Je suis dans une urgence absolue. Je prends alors une longue et profonde inspiration, comme lorsque je plonge en apnée dans la mer. Et je remonte à la surface écrire, guidée uniquement par l’émotion et la musique de mes mots. Voilà, c’est exactement cela. Je travaille mon style tel une partition de musique. »

Après En attendant que les beaux jours reviennent, publié aux éditions les Escales, en poche chez Pocket, chez Piper en Allemagne, ou ma série des Sophie, Sophie à Cannes, Sophie au Flore…, commencée chez Flammarion, ou encore Brèves enfances aux éditions Au diable vauvert, j’ai choisi, pour mon dixième livre, de revenir avec un nouveau recueil de nouvelles, le deuxième que j’écris, un genre que j’adore.

Et qu’adore aussi ma meilleure amie d’enfance, Nathalie, que j’aime et qui m’aime depuis que nos deux mamans se sont rencontrées lorsque nous avions un an. Nous habitions la même maison à Besançon, sa famille au premier étage, la mienne au rez-de-chaussée. Nous ne nous sommes jamais quittées et encore moins fâchées. Jamais. C’est un amour pur. Inconditionnel. La plus belle déclaration d’amour que Nathalie m’ait faite, c’était il y a deux ans, un matin, elle m’a téléphoné en larmes me disant qu’elle avait fait un cauchemar, je ne respirais plus.

Tout ça pour vous dire que je dédie mon recueil à Nathalie qui n’arrive pas à lire des livres car elle s’endort toujours à la dixième page. Ouf, mes nouvelles ne dépassent jamais les huit à neuf pages ! D’ailleurs beaucoup de mes lecteurs sont comme ma Nathalie chérie qui aime lire une de mes courtes mais intenses histoires avant de partir dans les bras de Morphée.

Mon recueil On oublie toujours quelque chose comporte 19 nouvelles. De Schizofamily à L’Architecte en passant par Je suis bien chez toi ou John et Johnny, je les ai toutes écrites au “je’. En effet, la première question que je me pose dès que je commence un texte est de décider si j’emploie le “je”, ou la 3ème personne du singulier. Le “je” me permet d’être au coeur de mon sujet. Ce “je” est parfois la voix d’un homme perdu, d’un petit garçon malheureux, d’un architecte qui souffre d’un optimisme obsessionnel, d’un fantôme, d’une femme exaltée…

Tous mes personnages sont drôles, émouvants, étonnants et ont, en commun, un besoin effréné d’amour, et aussi beaucoup d’amour à offrir, d’amour à partager ainsi qu'une tonne d’incompréhension et de questionnements…

L’amour est mon terreau d’inspiration. L’amour, la beauté, la nature, la pensée, le rire, l’humour… Ça occupe mes journées. Voilà mon rythme, j’écris, je dessine, je lis puis je vais marcher une heure et nager dans la mer méditerranée qui m’a vue naître et que j’adore !

Sylvie Bourgeois Harel

VOUS POUVEZ AUSSI LE COMMANDER EN M'ENVOYANT UN MESSAGE SUR MON ADRESSE MAIL : slvbourgeois@wanadoo.fr

ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE, recueil de nouvelle de Sylvie Bourgeois Harel
ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE, recueil de nouvelle de Sylvie Bourgeois Harel
ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE, recueil de nouvelle de Sylvie Bourgeois Harel

Partager cet article
Repost0
/ / /
Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel

Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel

Saint-Tropez mon amour - La Ponche

Saint-Tropez mon amour - La Ponche

Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel

Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel

Saint-Tropez mon amour - La Ponche

Saint-Tropez mon amour - La Ponche

Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel

Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel

Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine

Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine

Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine

Saint-Tropez mon amour - La Ponche - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine

Partager cet article
Repost0
/ / /

Pierre Rabhi rencontre l'écrivain

Sylvie Bourgeois Harel

au Club 55 à Ramatuelle

 

En septembre 2015, je suis invitée pour être coéquipière sur un bateau exclusivement féminin afin de participer aux Voiles de Saint-Tropez. Une semaine avant, j’annule ma présence à bord, ça m’ennuie de ne régater qu’avec des femmes, je préfère la mixité d’autant que lorsque je me trouve au sein d’un groupe d’hommes et de femmes, je sais que je rencontrerai toujours un homme que je vais faire rire, j’adore faire rire, et qui sera ravi, le temps de la rencontre, d’être mon chevalier servant. En tout bien tout honneur !

Bien m’en a pris car cette invitation m’a motivée à retourner à Saint-Tropez où je ne venais plus depuis des années, j’ai passé une semaine formidable au cours de laquelle j’ai rencontré un homme passionnant, Pierre Rabhi, devenu mon ami.

L’histoire est suffisamment mignonne pour que j’aie envie de la raconter. Nous sommes le 1er octobre. Je suis sur la plage de Pampelonne à regarder les vagues. Mon frère aîné m’attend pour déjeuner au Club 55. Il y a du vent. Je ne suis pas pressée. Le mistral apporte un bleu fascinant. Je suis subjuguée par toute cette beauté de la lumière du Sud dont je ne me lasse pas.

Un peu plus loin, à une cinquantaine de mètres, une dizaine de personnes, en chemise et pantalon, se rassemblent devant des photographes. Soudain, un petit bonhomme, en manteau bleu marine avec une sacoche, quitte le groupe et s’avance vers moi. Je le reconnais, il s’agit de Pierre Rabhi, un paysan devenu écrivain et conférencier qui raconte avec sagesse et philosophie comment, depuis 50 ans, il cultive son potager sans pesticides, ni produits chimiques.

Mon vieil ami restaurateur ramatuellois, Patrice de Colmont, lui a organisé ainsi qu’à Paul Watson, le fondateur de Sea Shepherd, un grand déjeuner en leur honneur. La veille, il m’avait dit qu’il était embêté car il ne savait pas à côté de qui asseoir Pierre Rabhi.

— Tu vois, m’avait-il confié, il faut que je lui trouve la bonne personne qui sera importante pour lui avec qui il pourra bien échanger d’autant que son entourage n’aime pas quand je lui fais faire des mondanités.

L’année précédente, il lui avait présenté Leonardo DiCaprio qui avait invité Pierre sur son yacht au large de Ramatuelle pour un entretien d’une heure avec la promesse qu’il fera tout pour que ses livres soient publiés et médiatisés aux Etats-Unis.

— Tu n’as qu’à me le présenter ton Pierre Rabhi, je lui réponds, je m’occuperai de lui, au moins, avec moi, il rira.
— Non, non, me dit mon vieux pote, c’est trop compliqué.

Je lève les yeux au ciel, j’adore Patrice, mais je déteste que l’on me dise non. C’est pour cela d’ailleurs que je ne demande jamais rien ou alors que très rarement afin de ne pas souffrir du non. Quoique, avec le recul, je me dis que je devrais peut-être demander plus souvent, ainsi, je pourrais toujours avoir la bonne surprise du oui et le non me motive à gagner.

En effet, je ne sais pas ce qu’il s’est passé alors à cet instant précis dans ma tête, mais je décide que le lendemain, Pierre Rabhi ne soit s’occuper que de moi, qu’il doit être mon chevalier servant.

Et hop, ça a marché, merci l’univers de me protéger et d’être aussi gentil avec moi. Arrivé à ma hauteur, Pierre me prend la main qu’il embrasse délicatement et me demande qui je suis. Je lui réponds que je m’appelle Sylvie et que je me suis habillée en vert prairie pour lui rendre hommage. Nous discutons pendant quelques minutes au bord de l’eau, j’ai lu ses livres, je connais son implication pour le respect de la terre. Au bout d’un moment, voyant son groupe lui faire des grands signes, je lui dis au-revoir.

— Ne pars pas Sylvie, viens faire la photo avec nous.
— Non, parfois, je suis sur la photo, mais là, il n’y aucune raison.
— Alors, viens déjeuner avec moi.
— J’ai déjà un déjeuner, Pierre, mais promis, je fais vite et je te rejoins.

Trois quarts d’heure plus tard, je le rejoins à sa grande table d’honneur où il m’a gardé la place à ses côtés, personne n’a le droit de s’y asseoir. Nous avons parlé toute l’après-midi jusqu’à son départ. Nous sommes devenus amis à nous téléphoner régulièrement, à nous voir au moins deux fois par an. Hélas, Pierre est décédé le 4 décembre 2021.

C’est ce 1er octobre 2015 qu’il m’a appris que 75% des semences reproductibles avaient disparu du patrimoine mondial.

Cette phrase m’a choquée au point que deux ans plus tard, j’ai créé ma chaîne YouTube Marcelline l’aubergine. C'est comme pour mes romans, avant d'aborder un sujet, il faut que celui-ci m'ait choquée, qu'il m'ait fait rire ou mal, attristée ou fascinée, mais qu'il ait, d'une manière ou d'une autre, flirté avec moi, je ne peux pas écrire sur ce que je ne connais pas.

Puis Marcelline est devenue la présidente de mon association Avec Sylvie on sème pour la vie, destinée à préserver les semences reproductibles.

 

Sylvie Bourgeois Harel

Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Photo de Geneviève Frachon

Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Photo de Geneviève Frachon

Pierre Rabhi - Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Lablachère

Pierre Rabhi - Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Lablachère

Pierre Rabhi - Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine

Pierre Rabhi - Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine

Château de La Mole - Fonds de Dotation Pierre Rabhi

Château de La Mole - Fonds de Dotation Pierre Rabhi

Château de La Mole - Fonds de Dotation Pierre Rabhi

Château de La Mole - Fonds de Dotation Pierre Rabhi

Partager cet article
Repost0
/ / /
Leonardo DiCaprio - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Saint-Tropez

Leonardo DiCaprio - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Saint-Tropez

En juillet 2017, je suis chez moi, à Paris, en train de faire des crêpes lorsqu’un ami m’apprend que Leonardo DiCaprio organise trois jours plus tard un gala caritatif à Saint-Tropez en l’honneur de sa Fondation dédiée à la nature.

 

— Il faut absolument que tu y ailles avec Marcelline, me dit-il.

 

Marcelline est le personnage de la chaîne YouTube Marcelline l’aubergine que je viens de créer.

 

Ni une, ni deux, je téléphone à Patrice de Colmont qui, tous les ans, reçoit DiCaprio dans son restaurant du Club 55 à Ramatuelle.

 

— Quand Gatsby (un des organisateurs de la soirée) viendra déjeuner, peux-tu stp lui demander une invitation pour moi, mais juste pour le cocktail, je m’en fous du dîner.

 

Je le sens embêté, mais comme il adore Marcelline dont il est le partenaire historique, il me promet qu’il parlera le lendemain midi à Gastby qui, en effet, a réservé une table.

 

Le lendemain, Patrice me téléphone, enchanté.

 

— Tu as ton invitation.

— Génial !

— Ce qui est surtout génial, c’est la façon dont cela s’est passé, je suis allé voir Gatsby qui déjeunait avec le producteur de DiCaprio, un gros bonhomme, dès que j’ai dit que tu désirais venir à leur cocktail avec Marcelline, le gros producteur s’est réjoui et a crié avec un fort accent américain Marcelline l’aubergine ! Voyant l’euphorie du producteur, Gatsby t’a mis deux invitations pour le dîner.

 

Depuis que j’écris des romans, Patrice, un vieux pote depuis presque 40 ans, très fier que je sois devenue écrivain, met chaque année des affiches de mes livres dans son resto. Il a donc mis une affiche de Marcelline et de moi. Le gros producteur en voyant une blonde qui sourit à une aubergine aux grandes lunettes dorées a tout de suite tilté et a imprimé dans sa tête cette image un peu loufoque, d’où son enthousiasme, autant dire que mon vieux pote était fier et soulagé que je sois ainsi identifiée.

 

Je téléphone illico à mon ami Christophe Guillarmé pour qu’il me prête une robe et, hop, je saute dans un TGV, la soirée est le lendemain.

 

J’arrive tôt. C’est ma 3ème vidéo, je ne maîtrise pas totalement la technique. Je m’approche de Sean Penn qui, étonné de la mine de Marcelline, demande à ses potes-body-guard de me laisser m’asseoir un instant à ses côtés, je lui explique alors que Marcelline est une organic eggplant, il éclate de rire et me dit qu’avec le bruit, il ne comprend rien. La scène est formidable sauf que je n’ai pas appuyé sur le bon bouton, ça ne filme pas.

 

Durant toute la soirée, je suis tellement concentrée à essayer de bien faire que je ne prends pas le temps de m’asseoir. Et même lorsqu’un Américain plus tout jeune mais plutôt bel homme m’invite à sa table, je décline, je reste très professionnelle. Je ne suis pas là pour sympathiser, mais pour filmer !

 

Le lendemain matin, Var-Matin me téléphone :

 

— Sylvie, il paraît que tu étais au gala de DiCaprio, on peut faire une interview ?

— Ok.

— Tu as une photo de toi avec Leonardo ?

— Non, je n’ai pas pensé à en faire.

— Dommage, ça aurait été bien.

— Je ne suis pas très groupie, je ne demande jamais à faire de photos.

 

Ni une, ni deux, je téléphone à Patrice qui me dit que DiCaprio vient déjeuner chez lui à 16 heures, que je n’ai qu’à venir, il me le présentera pour faire une photo.

 

— Merci, mais ça me fait chier ce genre de truc, je n’ai pas envie de passer pour une groupie, tu sais quoi, comme il n’a pas de bateau cette année, il va comme d’habitude venir par les poubelles et arriver dans l’endroit où tu as tes paniers de crudités, je me mettrai là avec Marcelline que je photographierai avec les légumes sans m’occuper de Leo, s’il a envie de me voir, c’est lui qui me dira bonjour.

 

À 16 heures, je suis donc concentrée à photographier Marcelline au milieu des tomates lorsqu’un aéropage de mecs arrive, je ne les regarde pas, seule ma petite aubergine occupe mes pensées. Soudain, une main saisit Marcelline, je lève les yeux et voit le beau Léo qui éclate de rire en voyant mon aubergine.

 

— Who is she ? Who is she? me demande-t-il hilare.

— She’s Marcelline, an organic eggplant, je commence à lui expliquer.

 

Hélas, une dizaine de serveurs accourent pour le prendre en photo. Excédée, sa bande de potes entraînent aussitôt Leo qui se cache immédiatement sous sa capuche, certainement fatigué que sa notoriété l’empêche de retrouver son âme d’enfant car il faut avoir encore son âme d’enfant pour avoir envie de s’amuser aussi spontanément avec ma petite Marcelline.

 

Patrice vient alors me chercher pour me dire que Leonardo, installé à table, est d’accord pour faire une photo avec moi. Mais je décline. Ça m’emmerde l’idée d’être une groupie.

 

Et puis, mon obsession est de réussir ma vidéo avec Marcelline, pas d’avoir une photo avec le beau Leo. Le lendemain, Var-Matin est venu faire un portrait de Marcelline à mes côtés, c’est ainsi qu’elle a eu sa première interview et sa première pleine page dans un quotidien.

 

Sylvie Bourgeois Harel

Partager cet article
Repost0
/ / /

Il y a une dizaine d’années, je tombe sur un article dans lequel David Lynch présente sa Fondation autour de la méditation transcendantale qu’il pratique assidument lui permettant de renforcer sa créativité. Un numéro de téléphone est inscrit en bas de la page. J’appelle. Je tombe sur une dame charmante qui m’explique qu’elle est la référente parisienne de cette méthode cautionnée par le réalisateur américain qui vante ses mérites sur Internet dans nombre de vidéos et d’interviews. Je prends rendez-vous après avoir demandé si je pouvais venir accompagnée. Bien sûr, bien sûr, me répond-elle. 

 

La semaine suivante, je me rends donc dans une petite salle pas très propre du 15ème arrondissement avec deux amies, une comédienne connue et une voisine de Saint-Germain-des-Prés. Pendant une heure, cette dame nous explique l’intérêt de la méditation transcendantale, qu’il nous suffira de trois leçons de deux heures pour être ensuite totalement autonomes et commencer à pratiquer régulièrement, que nous serons en meilleure santé, plus performantes, plus heureuses, mais surtout grâce à nos séances de méditation, nous allons apporter la paix dans le monde, en effet, si chacun méditait, l’énergie serait meilleure, finies les guerres. 

 

Assises sur son canapé pourri, nous sommes toutes trois assez emballées à l’idée de pouvoir réduire les violences. Rendez-vous est donc pris pour le lendemain afin qu’elle nous explique les modalités d’inscription. Je propose que l’on se retrouve chez moi, dans mon bel appartement, sur mes jolis canapés en cuir, aucune envie de revenir dans cette salle triste, loin et inconfortable. Je lui demande quand même quelles sont les modalités d’inscription. Nous en parlerons demain si vous voulez bien, me répond-elle, affable. J’insiste. Je ne pose pas souvent de questions, mais quand j’en pose, j’ai horreur que l’on ne me réponde pas. Elle finit par marmonner entre ses dents 3000€. 

 

— 3000€ pour nous trois ? je demande incrédule.

— Non, chacune.

— Putain, ça coûte cher la paix dans le monde, je m’étonne.

— Mais à ce prix-là, s’empresse-t-elle d’ajouter, je vous choisirai votre mantra personnalisé.

— Quand même, 3000€ le mantra, pour juste un Om personnalisé, ce n’est pas cadeau… 

— C’est le prix de l’un de vos sacs à main, tente-telle.

 

Mal installées et vautrées au fond de son canapé tout mou, avec nos pieds qui n’arrivaient pas à toucher le plancher, nos sacs Prada, nos bottes Sergio Rossi, nos cashmeres et nos manteaux en peau retournée, il est vrai que nous ressemblions quand même à trois bourgeoises échappées de Saint-Germain-des-Prés, venues s’encanailler dans le 15me arrondissement, et qui pouvaient s’acheter du sens à donner à leur vie aussi facilement qu’une énième robe en soie.

 

Le lendemain, persuadée d’avoir flairé un bon et juteux filon dans le 6ème arrondissement, après nous avoir grandement incité à convaincre notre entourage de rejoindre également la Fondation, en effet, plus nous serions nombreux à méditer ensemble, plus la positivité des relations humaines de notre quartier s’en ressentirait, pendant que je servais un délicat thé bio Earl Grey de chez Pascal Hamour, la Rolls des thés que l’on ne trouve que dans les palaces, agrémenté de délicieux biscuits Poilane, je tenais à asseoir mon statut de Germanopratine de qualité, la dame nous distribua des fiches d’inscription avec dessus la photo de David Lynch qui nous garantissait que nos 3000€ étaient la seule porte d’entrée valable pour découvrir enfin notre bonheur spirituel.

 

J’aurais dû me méfier, excepté Elephant Man qui m’avait émue à sa sortie, mais que je n’ai jamais revu depuis, je me suis toujours endormie devant les films de Lynch qui me donnaient l’effet d’attrapes-gogo faisant l’apologie de la violence, dégoulinants d’effets cinématographiques histoire de masquer leur manque de sens. 

                  

Bien évidemment, la dame est repartie sans ses 9000€ et j’ai continué de méditer ainsi que ma maman me l’avait toujours appris, en marchant seule dans la forêt ou en nageant dans la mer, en écoutant le silence de la nature, en me concentrant sur les battements de mon cœur, sur ma respiration, chassant les pensées pour ne faire entrer dans mon âme que l’émerveillement de toute la beauté qui m’entoure. 

 

Et pas plus tard qu’hier, un lama français, Bernard Ortega, qui apprécie mes écrits sur Facebook, m’a envoyé son livre Méditer pourquoi ? dans lequel je retrouve la sagesse et le bon sens de ma mère qui ne faisait pas toute une philosophie de son savoir, mais cherchait à me le transmettre avec bienveillance, amour et respect.

Sylvie Bourgeois Harel

David Lynch - Sylvie Bourgeois Harel

David Lynch - Sylvie Bourgeois Harel

Partager cet article
Repost0
/ / /
Mon ami Jacques Lanzmann
 
J’ai rencontré Jacques Lanzmann dans un avion. À une époque où l’on pouvait encore choisir où s’asseoir. Il est venu prendre place à côté de moi et m’a dit : je vous ai observée pendant les trois jours du festival, vous êtes un très joli bonbon rose, très bien organisée et très drôle, je veux travailler avec vous et vous épouser.
En effet, durant ce premier et unique festival de l’aviation et du cinéma qui avait eu lieu à Pau, durant l’hiver 1988 ou 89, je ne sais plus, je portais un tailleur Scooter en drap de cachemire rose, d’un beau rose, la veste cintrée, courte et décolletée et la jupe ultra-mini, j’avais le même en bleu roi. J’adorais la boutique Scooter près des Halles, leurs jupes, été comme hiver, étaient méga courtes et leurs chemises très cintrées, très sexy, très féminines, dans des coloris toujours lumineux.
Je travaillais depuis un ou deux ans en free-lance dans la communication. Chez Promo 2000, j’avais rencontré une vieille dame qui me faisait de la peine à devoir être encore à son âge assistante d’assistante. Elle avait été une jolie attachée de presse dans le cinéma et avait eu énormément d’aventures et deux histoires d’amour, avec Michel Audiard et Claude Pinoteau.
Nous sommes tout de suite devenues amies. Un soir, lorsque je lui ai raconté Cap-d’Ail, mes cousins et mes tantes, je l’ai tellement fait hurler de rire qu’elle voulait absolument que j’en fasse un one woman-show. Comme elle me faisait vraiment de la peine à ne pas avoir de retraite, ni de sous de côté, à toujours se plaindre d’être fatiguée, un jour, je lui ai proposé un deal. Je lui ai dit : reste dans ton passé à téléphoner toute la journée à tes vieux VIP avec lesquels tu as tous couchés, continue de les inviter aux avant-premières, soirées de gala ou festival, pour lesquels elle était maigrement payée afin de les faire venir, histoire d’obtenir quelques photos à publier dans la presse, raconte-moi tes histoires de c.. et d’amour que j’adore, et moi, en échange, je travaille à ta place, de toute façon, tu es trop lente avec tes fiches, tes grands ongles et tes grosses lunettes, ce sera ma mission humanitaire de t’aider.
Quand un ou deux ans plus tard, elle a été virée de chez Promo 2000 et qu’elle est allée bosser dans une autre agence, pas folle la guêpe, car elle a fini par me faire beaucoup de mal, toujours ces mêmes histoires de jalousie, c’est fou comme de nombreuses femmes m’ont créé des méchancetés par jalousie, elle s’est débrouillée afin que l’on m’embauche le temps d’organiser un festival, en free-lance bien évidemment, et que je continue de travailler à sa place, ce qui ne me dérangeait aucunement.
Au moment de partir à Pau pour la semaine du festival où c’était un cirque mal organisé pas possible, genre, il n’y avait pas de projecteur dans toutes les salles de classe dans lesquelles je devais passer mes journées à me faire engueuler par les invités et journalistes qui ne pourraient pas visionner les films, j’ai proposé de rester à Paris afin de gérer tous les problèmes qui allaient nous tomber dessus. Taratata m’a répondu l’organisatrice, au demeurant très sympathique, tu viens avec nous, j’ai besoin de toi. Taratata, je lui ai dit, d’accord, mais seulement jusqu’au vendredi soir, je veux passer le week-end avec mon amoureux.
Le vendredi soir, à l’aéroport, sur l’escalator qui me menait à la salle d’embarquement, je croise sur l’escalator d’en face, Thierry Dassault qui arrivait de Paris, je l’avais invité afin qu’il présente un film vantant les mérites d’un Jet fabriqué par sa famille, festival d’aviation et de cinéma oblige. Étonné et carrément énervé, il avait des raisons de l’être, il crie afin que je l’entende car il me voyait m’éloigner : mais pourquoi pars-tu, je suis venue pour toi, je n’en ai rien à foutre de Pau et de ce festival. J’ai ri et haussé les épaules. Je riais et haussais toujours les épaules chaque fois que je plaisais à un homme..
D’ailleurs, quand quelques minutes plus tard, dans l’avion, Jacques m’a dit qu’il voulait m’épouser, qu’il était sûr que j’étais la nouvelle femme de sa vie, j’ai ri et haussé les épaules. J’ai déjà un amoureux, je lui ai répondu, mais travailler avec vous, c’est ok, à condition que ce soit en free-lance.
Jacques, persuadé, m-a-t-il confié des années plus tard, que j’allais craquer pour lui d’autant que durant le week-end, il avait quitté sa petite amie afin d’être disponible pour moi, a tenu parole. Dès le lundi matin, il m’a expliqué au cours d’un petit-déjeuner pris dans sa maison du 7ème arrondissement, qu’il voulait que je devienne son agent, il me donnerait 10% de ce que je lui ferais gagner. Il n’a jamais eu d’aussi bons contrats qu’avec moi.
Quand j’allais à un rendez-vous, toujours en minijupe, ma maman m’ayant dit que les shorts et les mini-jupes étaient ce qui m’allait le mieux, dans les sociétés de production ou les boîtes de communication qui le sollicitaient, je ne calculais pas ses honoraires en fonction de sa notoriété ou de la mission qu’on lui confiait, mais en fonction de mes 10%, puis je faisais le calcul, ben oui, mes petits tailleurs de chez Scooter ou de chez Irié, coûtaient bonbon.
Et quant à Thierry Dassault, ça m’a fait réfléchir. Et j’ai immédiatement changé ma façon de travailler. En effet, l’organisatrice de ce festival avait vite compris que mes mini-jupes étaient un aimant à hommes riches ou connus ou les deux afin que, par amitié ou attrait pour moi, ceux-ci acceptent de venir dans son festival galère, toujours dans l’idée de faire de la presse. Ça m’a tellement peinée de voir mon pauvre Thierry avec qui j’étais réellement amie, tout seul sur son escalator, abandonné par ma faute à Pau, que plus jamais, je n’ai travaillé pour des sociétés qui utilisaient cette fameuse expression qui me dégoutait de « carnet d’adresses » et qui voulait que je me serve de mes amis pour asseoir leur notoriété.
Jacques Lanzmann Florence Lanzmann Sylvie Bourgeois Loches

Jacques Lanzmann Florence Lanzmann Sylvie Bourgeois Loches

Partager cet article
Repost0
/ / /
Patrice de Colmont - Sylvie bourgeois Harel - Le Club 55 - Ramatuelle - Plage de Pampelonne

Patrice de Colmont - Sylvie bourgeois Harel - Le Club 55 - Ramatuelle - Plage de Pampelonne

Mon ami Patrice de Colmont

Saint-Tropez

En septembre 2015, je décide de revenir plus souvent seule à Saint-Tropez dont je suis tombée amoureuse à 20 ans lorsque j'ai travaillé durant le mois d'août au Planteur, une plage de Pampelonne à Ramatuelle. Je prends une chambre pour une semaine à l'hôtel du Colombier, je ne loue pas de voiture, j'ai envie de vivre le village de l'intérieur, de tout faire à pied, je vais d'ailleurs me baigner pieds nus à la Ponche, c'est un véritable bonheur, la lumière, les odeurs, les couleurs, tout me ravit et me séduit.

Patrice de Colmont

Au moment de rentrer à Paris, mon vieil ami Patrice de Colmont que j'ai connu en 1984, ravi de m'avoir retrouvée, il était très fier que je sois devenue écrivain et affichait tous les ans au Club 55 les affiches de mes romans, personne n'a le droit d'y toucher, m'avait dit un jour sa soeur, me propose de rester une semaine dans le château qu'il vient d'acheter à La Mole. J'accepte. Je passe des jours délicieux où je ris beaucoup de voir comment mon ancien amoureux passionné et romantique est devenu un homme d'affaires qui ne fait que travailler au lieu de profiter de la nature qu'il dit aimer. Il m'avoue qu'il est prisonnier, pieds et mains liés, de son activité professionnelle et qu'il en souffre. Je ne pensais pas que tu étais devenu aussi riche, je lui dis en éclatant de rire devant sa mine déconfite d'homme puissant dans la région que tout le monde craint, pour moi, tu resteras toujours mon beau et tendre Patrice qui m'embrassait pendant des heures lorsque nous nous sommes rencontrés.

Ma liberté l'épate et l'amuse, le distrait certainement aussi. Alors je lui raconte mille projets que nous pourrions réaliser ensemble, aller nourrir les enfants qui meurent de faim, créer un sanctuaire pour protéger les loups, planter un potager médicinal... des projets qui le séduisent autant qu'ils l'effraient...

La lumière du Sud

De son côté, Saint-Tropez n'arrête de me solliciter afin que je revienne régulièrement, comme un appel de la lumière du Sud qui veut m'attirer à elle, la chaîne de web télé locale, Global TV, me demande de leur faire des interviews, l'hôtel de Paris m'offre une suite afin que je fasse une lecture d'extraits de mes romans en plein mois de novembre alors que le village est vide, n'empêche, la salle est remplie, le Café des Arts m'organise également une soirée littéraire, idem avec plein de monde, tout cela est très joyeux.

Le château de La Mole

Patrice qui désire me garder vers lui propose de m'embaucher dans sa propriété agroécologique dans laquelle il me met à disposition dans son charmant château provençal une jolie chambre ainsi qu'une voiture électrique. J'accepte à condition que ce soit à mi-temps, je n'ai aucune envie de quitter Paris où je vis avec mon mari, entourée de tous mes amis.

Mes amis les animaux

Immédiatement, je deviens copine avec tous les vers de terre, oiseaux, renards, chevaux, abeilles qui vivent sur le terrain, j'ai même une couleuvre Lily qui aime se dorer au soleil sous ma fenêtre et un lièvre Lolo qui me fait coucou tous les matins avec ses grandes oreilles qui dépassent dans les herbes. J'ai toujours aimé la nature et là, je me régale. Mes nouveaux amis, que des animaux, me le rendent bien. C'est ainsi que le jour anniversaire de la mort de ma maman alors que je suis en train de pleurer sur mon lit, un couple de rolliers, de magnifiques oiseaux bleus migrateurs, est entré dans ma chambre et a fait deux tours au-dessus de mes yeux en larmes avant de m'observer depuis le platane centenaire. Je ne saurai jamais s'ils voulaient me consoler ou si c'était un message de ma mère qui me disait de retrouver ma gaieté, quoiqu'il en soit, j'ai pris ma petite voiture bleue et je suis allée nager avec mes amis poissons dans la mer en pensant avec joie et gratitude à ma mère, l'amour de ma vie. Puis un petit chat m'a adopté qui est tombé du ciel un matin sur mes pieds qu'il a immédiatement léchés. Je l'ai appelé Lumière du Sud, du nom de cette belle lumière du Sud qui m'a attirée à Saint-Tropez comme tous les grands peintres et artistes qui ont vécu ici. À moi maintenant de prendre le relais.

Avec Sylvie on sème pour la vie

Pour remercier Patrice de tout son amour et de ses bontés qu'il déposait à mes pieds, je décide alors de créer une chaîne YouTube Avec Sylvie on sème pour la vie que j'ai très rapidement rebaptisée Marcelline l'aubergine, afin de le mettre en valeur. 

Le Club 55 partenaire de Marcelline l'aubergine

En finançant mes premiers épisodes, Patrice devient mon partenaire historique. Dans nos contrats, je dois parler et filmer son restaurant du Club 55 situé à Ramatuelle sur la plage de Pampelonne, de sa ferme des Bouis où il produit du vin, du maraîchage et de l'huile d'olive, et bien sûr du château de La Mole et des légumes du potager cultivés en agriculture biologique. Je lui réalise donc plein d'interviews, il adore, il adore Marcelline, il adore que je le filme, il me cherche des sujets, il veut que je crée la chaîne de télé du Club 55 et une autre au château de La mole, comme ça, on aura deux plateaux de tournage, me dit-il exalté par le projet, nous cherchons le logo, il me donne une vieille mappemonde et un drapeau abimé et me demande de les mettre dans l'eau sur la plage afin que Daniel, le photographe, les prenne en photo pour notre visuel, il est excité et regorge d'idées, son père faisait des films, s'il en faisait aussi avec moi, ce serait formidable, la boucle serait bouclée, il rajeunit, tous ses clients le lui disent, il sait que je soigne mes vidéos, dans celle où il raconte les débuts de la Nioulargue, les régates de voiliers qu'il a créées avec sa bande de copains de l'époque, pour 23 minutes de vidéo, j'ai une semaine de montage rien que sur lui et 400 points de coupe afin de retirer ses scories, ses répétitions, ses hésitations, pour qu'il soit fluide à regarder, je suis contente, lui aussi, le résultat est très réussi avec les nombreuses images d'archives que j'ai mises dedans.

Patatras

Notre complicité crée beaucoup de jalousie, je me fais agresser, insulter. Je décide alors de m'éloigner du château de La Mole et m'installe dans une petite maison que Patrice me prête au coeur du village de Ramatuelle. La méchanceté continue, on me vole mon chat Lumière du Sud, je le cherche partout, je continue d'être violentée, insultée, je résiste par des sourires et des mots gentils à la façon de Martin Luther King, sûre que ma gentillesse finira par gagner .

Badaboum

En décembre 2020, Patrice me téléphone pour m'annoncer qu'il n'a plus les moyens financiers  de me garder (oh le gros mensonge... ! ) et qu'il doit me licencier. Je le remercie. Il est étonné. Il est toujours étonné de mes réactions bienveillantes. C'est mon état d'esprit, je cherche toujours le positif même lorsque l'on me fait du mal. En mars 2021, je signe donc tout un tas de papiers administratifs sans rien regarder. Lui-même est perturbé, il sait que tout un merveilleux pan de sa vie vient de tomber.

Sur le lien ci-dessous, vous pouvez lire en version numérique mon roman Tous les prénoms ont été changés que j'ai écrit au château de La Mole. Sa version papier sort en avril 2024.

Sylvie Bourgeois Harel Patrice de Colmont par Gilles Bensimon

Sylvie Bourgeois Harel Patrice de Colmont par Gilles Bensimon

Capitaine Paul Watson de Sea Shepherd Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel 2017 Club 55

Capitaine Paul Watson de Sea Shepherd Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel 2017 Club 55

Pierre Rabhi Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel Lablachère Ardéche

Pierre Rabhi Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel Lablachère Ardéche

Ferme des Bouis Ramatuelle Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel les border collie Pastis et Mistral

Ferme des Bouis Ramatuelle Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel les border collie Pastis et Mistral

Château de la Mole Fonds de Dotation Pierre Rabhi Vallée de la Mole 83 Var

Château de la Mole Fonds de Dotation Pierre Rabhi Vallée de la Mole 83 Var

Les voyageurs sans trace Geneviève et Bernard de Colmont Colorado et Green River

Les voyageurs sans trace Geneviève et Bernard de Colmont Colorado et Green River

Paul et Yana Watson Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel Le Club 55 Ramatuelle Saint-Tropez

Paul et Yana Watson Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel Le Club 55 Ramatuelle Saint-Tropez

Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel Club 55 plage de Pampelonne Ramatuelle Golfe de Saint-Tropez

Patrice de Colmont Sylvie Bourgeois Harel Club 55 plage de Pampelonne Ramatuelle Golfe de Saint-Tropez

Quand Patrice de Colmont affiche au Club 55 J'aime ton mari, un roman de Sylvie Bourgeois

Quand Patrice de Colmont affiche au Club 55 J'aime ton mari, un roman de Sylvie Bourgeois

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Sylvie Bourgeois fait son blog
  • : Sylvie Bourgeois Harel, écrivain, novelliste, scénariste, romancière Extrait de mes romans, nouvelles, articles sur la nature, la mer, mes amis, mes coups de cœur
  • Contact

Profil

  • Sylvie Bourgeois Harel
  • écrivain, scénariste, novelliste
  • écrivain, scénariste, novelliste

Texte Libre

Recherche

Archives

Pages

Liens