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Édouard Waintrop - Sylvie Bourgeois Harel - Philippe Harel - Mémoires de Mai - Canal +

Édouard Waintrop - Sylvie Bourgeois Harel - Philippe Harel - Mémoires de Mai - Canal +

Valeurs Actuelles, un article de Basile de Koch sur Mémoires de mai, un documentaire réalisé par Philippe Harel, co-écrit par Édouard Waintrop et Sylvie Bourgeois, diffusé sur Canal + en mai 2008.

 

Parmi les innombrables – et néanmoins trop nombreuses – émissions dont la télé nous pilonne ces temps-ci (ça a commencé en janvier !) sur le thème “Mai 68 des origines à nos jours”, il y en a une qui sort carrément du lot: Mémoires de Mai (actuellement multidiffusée sur Canal plus et dépendances).

Ce qui fait tout l’intérêt du travail de Philippe Harel (les Randonneurs I et II, Extension du domaine de la lutte…),

c’est qu’il aborde enfin l’"affaire”sous un autre angle, moins obtus que les autres.

 

Tous les documenteurs ânonnent en choeur la geste bidon d’un psychodrame collectif devenu, par la grâce du temps,“révolution de Mai”,“esprit de Mai”, “souffle de Mai” – et pourquoi pas “Pentecôte”, pendant qu’ils y sont ?

Harel, lui, nous ramène du mythe à la réalité – et de la manière la plus simple: en interviewant une douzaine de témoins, non pas sur ce qu’ils pensent quarante ans après, mais uniquement sur ce qu’ils ont vécu ou fantasmé au moment des faits.

 

Ainsi découvre-t-on une face cachée de Mai 68, et pas la moins intéressante… En gros, chacun a continué de rouler sur ses rails habituels – mais tout le monde était à côté de ses pompes ! (À part bien sûr le PC et la CGT, droits dans leurs bottes de danseurs du Bolchoï.)

 

« Nous étions des enfants gâtés ! » balance direct Jean-Pierre Le Goff, sociologue et ci-devant ultragauchiste. Pour lui, les étudiants de l’époque, encore nourris de culture classique (comme le temps passe !), jouaient à la Révolution avec une exubérance toute romantique et le sentiment enivrant d’écrire l’Histoire.

À preuve, ces “barricades”, qui ne pouvaient avoir d’autre fonction que symbolique, quelque part entre Delacroix et les Misérables.Parce que sinon, soyons sérieux cinq minutes : face à un bon bulldozer, ce genre de mobile de Calder ne tient pas cinq minutes, précisément !

 

« Vu de chez les prolos », se souvient l’excellent Jean-Claude Barreau, c’était encore plus simple : une révolte de fils de bourges contre leurs parents. D’où l’exceptionnelle modération de la “répression” : les ministres savaient que sur ces “barricades” d’opérette, il y avait leurs fils…

 

Boris Cyrulnik, d’ordinaire plus didactique, nous livre une anecdote particulièrement savoureuse; elle résume à elle seule le meilleur de “cet esprit de Mai” que décidément je ne comprendrai jamais ! Donc ses camarades internes des hôpitaux psychiatriques, en grève comme tout le monde, avaient eu une riche idée : embarquer avec eux à la Sorbonne un « schizophrène profond » (sic).

Que pensez-vous qu’il advint ? Exactement ! Le camarade fêlé s’empara aussi sec du micro pour se lancer dans une philippique absconse à bouffées délirantes qui suscita, devinez quoi: une standing ovation de l’auditoire fasciné ! Vous, je ne sais pas, mais, moi, c’est pour des petits trucs comme ça que j’aime Mai 68.

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