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Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Le Club 55

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Le Club 55

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Un article de France Subervie pour Pharmavie, mars 2019, mensuel destiné aux pharmacies.

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Pastis - La Ferme des Bouis - Ramatuelle

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Pastis - La Ferme des Bouis - Ramatuelle

Marcelline l'aubergine et Sylvie Bourgeois Harel au château de La Mole - Var

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Quand j’avais un an, ma maman, pour plaire aux parents de mon papa, elle a fait couper mon zizi. C’est ma mamy maternelle qui me l’a dit. C’était ça ou ils ne leur donnaient plus d’argent pour leurs études. Mon papa et ma maman étaient à la faculté quand je suis né, mon prépuce a payé leur scolarité. Quand ma mamy a appris que le rabbin m’avait coupé le zizi, ni une ni deux, elle m’a fait baptiser par le curé d’autant plus que le petit Jésus, c’est son meilleur ami, avec je crois Michel Drucker qu’elle ne rate jamais de regarder à la télévision. Elle m’a amené en cachette à l’église parce qu’il paraît qu’entre les Juifs et les Chrétiens, c’est parfois très compliqué. Ma maman a essayé plein de fois de me l’expliquer, mais je n’ai toujours pas compris. Pour moi, il y a l’amour et la haine, les copains et les cons, les bonnes notes et les punitions. Mais pour les chrétiens, il y a le Messie qui est venu les sauver, tandis que les juifs, ils l’attendent toujours. Les sauver de quoi ? Ma foi, je ne sais pas, mais je sais que ça fiche la confusion parce que Noël, on ne le fête pas pareil.

 

Pourtant quand je suis né, il paraît que ma maman, elle a tenu tête à mon papa en lui disant qu’il fallait qu’il laisse mon zizi tranquille et que je prendrai tout seul la décision de ma religion quand je serai suffisamment grand. Mais à cause de son manque d’argent, elle a fini par accepter de me faire couper. Faut dire, qu’elle était très jeune pour prendre la responsabilité d’un bébé né hors de toute religiosité.

 

Ma mamy m’a dit qu’après je n’avais pas arrêté de saigner et pendant même plusieurs jours. Le rabbin, je ne sais pas ce qu’il m’a fait, mais, il me l’a mal fait car j’ai dix ans et je n’ai toujours pas de zizi. Enfin, si j’ai un zizi, mais un tout petit. A la plage, mon maillot de bain, il ne fait pas de bosse. Alors que celui de mon copain David, oui. Pourtant David, il est juif. Moi je ne le suis qu’à moitié. C’est comme pour mon zizi, je n’en ai qu’une moitié. Je serai peut-être toute ma vie partagé. David, lui son bout de peau, c’était clair et net qu’il fallait le lui couper. Moi, on a hésité et du coup, je suis tout plat. Comme une fille. 

 

Les filles, je m’y intéresse. Évidemment. Brigitte, elle voulait toujours que je l’embrasse. Alors on l’a fait une fois, à la plage. Quand je me suis frotté contre elle, elle a ri en me disant qu’avec David, elle sentait son gros machin et qu’avec moi, c’était comme du gazon. Ou un truc comme ça. Ça m’a drôlement vexé et je suis allé pleurer vers ma mamy. C’est là qu’elle m’a raconté le rabbin qui m’a trop coupé. Avec leur religion, mon pauvre petit, ils t’ont bien esquinté, qu’elle n’arrêtait pas de répéter ma mamy adorée. J’étais bien embêté d’autant plus que mon papa a divorcé de ma maman quand j’avais cinq ans et que je ne vois plus jamais mes grands-parents du côté du rabbin. Je trouve que c’est un beau gâchis de zizi car mes cousins chrétiens, eux et bien, ils n’ont pas rien dans leur caleçon de bain. Leurs bosses de garçons, elles se voient bien. Ils veulent toujours qu’on fasse la compétition de celui qui pissera le plus loin, mais moi, j’ai trop honte de ne pas avoir la même religion qu’eux, alors j’ai dit à ma maman que je ne voulais plus jamais les voir. Elle n’a pas compris et elle m’a grondé d’être si méchant. Je ne suis pas méchant, je suis seulement pas pareil que les autres et ça me suffit pour souffrir et ne plus aimer personne.

 

Il y a un mois, j’ai glissé ma main dans la culotte de mon petit frère. Il a deux ans de moins que moi et sa zézette, elle est déjà plus grande que la mienne. Je lui ai dit qu’entre frères, nos quéquettes avaient bien le droit de jouer ensemble, et que comme la mienne était cassée à cause de la religion de papa qui n’était pas la même que celle de maman, il fallait qu’il m’aide à la réparer. Mais que ça devait rester notre secret.

 

Alors avec tout le sérieux des enfants, il a pris ma bistouquette et l’a touchée pour voir si je n’avais pas un bouton, ou une infection. Il a continué de l’ausculter bien sagement en se concentrant. L’entendre respirer très fort avec la bouche ouverte, c’est con, mais ça m’a foutu des frissons partout dans le dos. Des frissons où je sentais le plaisir caresser aussi le derrière de ma tête. Quand c’est devenu trop chaud, j’ai fermé les yeux et je lui ai demandé de frotter très fort mon zizi dans sa main. Il a fait ça tellement bien que je me suis mis à rêver que j’avais plein de petits frères qui criaient partout mon nom sur la plage. Quand le liquide est sorti, mon petit frère a été surpris et moi, j’ai été ébloui. Je lui ai dit merci docteur de m’avoir si bien soigné et que s’il savait se taire, on allait pouvoir bien se marrer tous les deux.

 

Depuis je ne pense qu’à ça et chaque jour, je trouve un moment où je lui demande de faire le médecin pour me sauver. Mon Messie, c’est lui. Mon petit frère, il vaut toutes les Brigitte de la terre. Maintenant quand je vais à la plage, je ne suis plus jamais triste d’avoir un petit zizi. Si jamais une fille, elle veut m’embrasser, et bien, pour me venger de mon infirmité, je la pousse dans le sable en lui disant qu’elle est trop moche pour moi. Et que même si on jouait au docteur, je n’en voudrais pas comme infirmière. Et quand elle se met à pleurer, je lui dis que c’est bien fait. Oui, c’est bien fait, je lui dis. Et je ris. Plus jamais une fille n’aura le droit de toucher à mon zizi. Voilà. J’aimerais tellement les enfants que je n’en aurais jamais. Voilà mon secret.

 

Extrait de Brèves enfances. Sylvie Bourgeois. Au Diable-Vauvert

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Patrice de Colmont - Marcelline l'aubergine - YouTube

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - En route pour une révolution paysanne

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - En route pour une révolution paysanne

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - Château de La Mole - Var 83 - 2018

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - Château de La Mole - Var 83 - 2018

Château de La Mole - Marcelline - Sylvie Bourgeois Harel - Var - 83 - Potager Bio

Marcelline l'aubergine sur YouTube - Les Monarchs - le Club 55

Patrice de Colmont -Marcelline l'aubergine - Château de La Mole - Var - YouTube

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Lumière du Sud - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - château de La Mole - Maurice Carême - Le Chat et le soleil

Lumière du Sud - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - château de La Mole - Maurice Carême - Le Chat et le soleil

Le château de La Mole - 83350 La Mole - Massif des Maures - VAr

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Patrice de Colmont - Marcelline l'aubergine - Château de La Mole - Var - YouTube

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Cen Paca - Antoine Catard - Chauves-souris - Burin de Bechstein - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - Château de La Mole

Le château de La Mole - Var - 83 -

Le château de La Mole - Var - 83 -

Le château de La Mole - Var - 83310 - Vallée de La Mole - 2018

Le château de La Mole - Var - 83310 - Vallée de La Mole - 2018

Château de La Mole - Potager bio certifié Écocert - agroécologie - Var 83

Château de La Mole - Potager bio certifié Écocert - agroécologie - Var 83

Château de La Mole - Orages - Inondations - Var - Ramatuelle - 2018

Château de La Mole - Orages - Inondations - Var - Ramatuelle - 2018

Chauves-souris Burin de Bechstein endormie au château de La Mole

Chauves-souris Burin de Bechstein endormie au château de La Mole

Piscine naturelle - Château de La Mole - 83 - Var

Piscine naturelle - Château de La Mole - 83 - Var

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois - Le Club 55 - Le château de La Mole

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De mes séjours à la campagne, j’ai appris que la biquette aime monter sur un point culminant et rester ainsi longtemps sans bouger, telle une statue. Que le chevreuil peut sauter 1m50, à l'arrêt, sans prendre d'élan. Que l’âne a une mémoire d’éléphant. Si son maître le bat, dix ans plus tard, il lui donnera un coup de pied, sans raison apparente, juste pour lui rendre la pareille d’un mauvais souvenir. Qu’il a besoin d’être nourri à heures fixes, sinon à force d’attendre, inquiet pour sa survie, il déprimera. Ou fomentera un eczéma. Qu’il est doté d’une intelligence logique. Pour lui faire traverser une rivière inconnue, il faut, au préalable, lui montrer que c’est possible en lui ouvrant la voie et seulement après, rassuré, il s’exécutera. Que le loriot a le même sifflement que les mauvais garçons quand ils voient passer une fille en mini-jupe dans la rue. Que le rollier n’aime pas partager son territoire, mais qu’il pratique l’empathie. Si. L’été dernier, le jour-anniversaire du décès de ma mère, je suis allongée sur mon lit, triste et pensive, quand soudain le couple de rolliers que je salue tous les matins entre dans ma chambre, effectue trois ronds au-dessus de ma tête et reparte en m’offrant une caresse de confiance dans la vie. Qu’il est primordial de laisser une ouverture dans le grenier afin que la chouette effraie s’y abrite. Qu’il est dangereux de conduire un tracteur. Que les chauve-souris font partie des chiroptères car elles volent avec leurs mains (elles s’enveloppent d’ailleurs dedans pour se protéger lorsqu’elles dorment le jour), qu'elles s’orientent à l’aide de l’écholocalisation, une sorte de sonar, c’est à dire qu’elles voient avec leurs oreilles, qu’elles passent la moitié de leur vie la tête en bas, et qu'elles ne s’accrochent pas d’emblée à vos cheveux. D’ailleurs dans leur monde de chauves-souris, vous n’existez pas, elles préfèrent croiser un moustique (une chauve-souris peut  manger 3000 moustiques par nuit, l'équivalent de la moitié de leur poids, c'est l'insecticide le plus efficace qui ne pollue ni l'eau, ni le sol) ou une mite. L'été dernier, après m'être absentée pendant trois semaines, en rentrant, je suis  envahie par des mites. Des centaines. Partout. Sur les murs. Au plafond. J’hésite à acheter une bombe, je n’aime pas les produits chimiques. Finalement je vais à la plage et j'oublie la bombe. Le soir, j’avais laissé les fenêtres grandes ouvertes, quatre chauves-souris volent dans le salon. Une heure plus tard, plus de mites, enfin si, trois, histoire de dire qu'elles n'avaient pas tout mangé... Qu’il ne faut pas donner de carottes aux chevaux de trait sinon il deviendra fou quand il travaillera au potager en réalisant tous les légumes qu’il pourrait bouffer maintenant qu’il en connaît le (bon) goût. Que les aubergines sont hermaphrodites, ayant leur propre pistil et étamines, leur fleur s’autoféconde sans l’intervention des insectes. Que les abeilles sont les ouvrières les moins payées de la planète et que l’homme devrait leur laisser 90% de leur miel.

J’ai également appris la patience, de me lever avec le soleil, et la solitude.

Sylvie Bourgeois

Sylvie Bourgeois Harel - Lumière du Sud - Marcelline au château de La Mole

Sylvie Bourgeois Harel - Lumière du Sud - Marcelline au château de La Mole

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Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Château de La Mole

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Domaine de La Mole

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Château de La Mole

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http://www.french-life.tv/Kokopelli-et-permaculture-par-Sylvie-Bourgeois-Harel_a299.html

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 Sylvie Bourgeois Harel - Château de La Mole - 2019

Sylvie Bourgeois Harel - Château de La Mole - 2019

Morphine

Une nouvelle de Sylvie Bourgeois

Elle s’est réveillée et m’a regardée. Longtemps. Puis elle s’est rendormie. Dans son sommeil, je l’ai entendue dire putain de bordel de merde. Elle protestait, je pense, d’être encore en vie.

 

Elle est arrivée ce matin. Avec ses beaux yeux bleus. Des beaux yeux bleus et un visage d’enfant. D’un enfant pas souriant. L’infirmière aurait préféré mettre cette jeune femme qui venait de tenter de se suicider dans une autre chambre, mais l’hôpital était bondé. Elle m’a dit qu’après tout cela lui ferait peut-être du bien de passer quelques jours auprès de moi. De moi qui allais mourir et qui m’accrochais à la vie. Moi dont l’optimisme suscitait l’admiration du personnel médical qui prenait soin de mon corps malade. De mon corps qui avant d’être perfusé, piqué, dégradé était si joli. Je me souviens de l’affolement qu’il créait dans les yeux des hommes. Aujourd’hui, des trous, des crevasses, des gerçures, pas un endroit où ma peau ne soit esquintée et douloureuse. Si je me bats autant contre la maladie, c’est que je ne veux pas mourir avant de connaître le grand amour. Le vrai, le bel amour. Des fiancés, des aventures, j’en ai eu. Comme tout le monde. Mais le grand amour, jamais.

 

Je me suis tue et j’ai attendu. Qu’elle se réveille la désireuse d’éternité. À la fin de la journée, elle a commencé à bouger un peu, la demandeuse de mort. Et à parler. À raconter. Pourquoi elle s’était suicidée. Un homme, son mari la trompait, la battait et avait même essayé de la tuer en la poussant dans les escaliers. Elle l’aimait et lui avait pardonné. Il ne l’aimait plus et voulait la quitter. D’où les médicaments. Et maintenant qu’elle était toujours en vie, elle ne savait pas ce qu’elle allait faire de tout ce temps non désiré.

 

Cette fille me fascinait tant elle avait la capacité de parler sans s’arrêter. J’étais exténuée et l’écouter me reposait. Je n’avais pas à la questionner, ni à la relancer. Elle parlait toute seule, sans cesse. Et qu’elle avait besoin d’admirer un homme pour l’aimer. Et que le sien était admirable. Qu’il avait réussi professionnellement. Qu’il était beau, enfin pas vraiment beau comme on l’entend dans les magazines, mais beau comme elle aimait qu’un homme soit. Je lui ai demandé ce qu’elle pouvait trouver d’admirable chez un homme qui la battait. Elle ne m’a pas répondu. J’ai ajouté que si j’avais la chance d’avoir un amoureux, ce ne serait pas sa réussite que j’aurais admirée chez lui, mais plutôt sa capacité à m’aimer, quoiqu’il m’arrive. J’aurais trouvé par exemple admirable qu’un homme continue de m’aimer malgré ma maladie. Elle m’a regardée sans comprendre, puis elle a continué. Elle s’était ratée, mais elle recommencerait. Les médecins auraient beau s’acharner pour lui redonner le goût de la vie, la prochaine fois, elle ne se louperait pas.

 

Un peu plus tard, elle m’a demandé pourquoi j’étais à l’hôpital. Une leucémie, je lui ai répondu, j’ai une leucémie. C’est grave ? Elle a ajouté. Et avant même que je lui dise que la mienne était mortelle, elle s’est endormie. Avec sa tête d’enfant pas content.

 

C’est mal foutu la vie, elle m’a dit en se réveillant, j’aurais pu te donner la mienne. Ce serait bien si on pouvait donner sa vie que l’on ne veut plus à ceux qui en ont besoin. Elle ferait bien un deal - elle parlait comme ça - avec l’hôpital pour qu’elle ait le droit de se suicider dans une de leurs chambres et qu’ensuite les médecins récupèrent ses organes pour les transplanter à leurs malades. Mais elle était sûre qu’ils n’accepteraient jamais. Pourtant ça lui plairait. En plus, ce serait une première. Et puis comme ça, au moins, elle donnerait à sa mort le sens qu’elle n’avait pas réussi à donner à sa vie. Mais bon faut pas rêver, elle répétait, avec son visage d’enfant pas méchant.

 

Le lendemain, mes taux sanguins se sont effondrés. J’ai dû partir dans une chambre immunisée. Il me fallait un donneur pour une greffe de moelle osseuse. J’ai trente-deux ans et je ne veux pas mourir. La suicidée a trente-deux ans aussi, elle ne doit pas mourir. L’éternité, les ténèbres, ça me fait peur. L’idée que je n’ai pas eu le temps de devenir quelqu’un, ni de terminer ma dernière sculpture, me donne envie de pleurer. De pleurer doucement. Je me console ainsi. Je n’ai plus mes parents. La suicidée voit la mort comme un soulagement. Je l’envie presque. J’ai demandé à l’infirmière d’aller me la chercher. Qu’elle m’égaye un peu avec ses histoires de décès prématuré.

 

L’infirmière m’a dit qu’elle s’était remise et avait demandé à retourner dans la vie, dans sa vie, chez son mari. Elle avait même accepté d’être suivi par un psy. Je lui ai demandé de me la retrouver. Qu’elle vienne me distraire avec ses envies de morbidité. Je voulais revoir encore une fois son visage d’enfant innocent.

 

Je lutte, mais je me sens faiblir. Je suis toute maigre. Je ne peux plus rien avaler et à peine respirer. Aucun donneur n’est compatible. Je lutte, mais je ne vais pas gagner. Je le sais. Je le sens. Mes jours sont comptés. Je le sais. Je sens la paix s’installer en moi. L’image de ma maman me revient de plus en plus souvent. Elle a les bras tendus vers moi et me sourit en m’appelant doucement. Mes heures sont comptées, je le sais, je le sens, mais plus la morphine que l’on m’a augmentée.

 

J’attends la suicidée. Je veux la voir pour lui dire au revoir. Je veux la voir pour lui dire de vivre. Pour elle. Pour moi. Je veux la voir. C’est mon dernier espoir. Je veux la voir ma suicidée avec sa tête d’enfant inconséquent.

 

L’infirmière vient de m’annoncer qu’elle a tué son mari avant de se tirer une balle dans la tête. C’est sa maman qui a trouvé l’appartement plein de sang. Pauvre bébé qui désirait être aimée. Pauvre petite suicidée. Ma suicidée. Ma petite suicidée que je vais bientôt retrouver.

 

 

Sylvie Bourgeois Harel - Château de La Mole - Var - 83310 - Massif des Maures

Sylvie Bourgeois Harel - Château de La Mole - Var - 83310 - Massif des Maures

Château de La Mole - 2019 - Massif des Maures - 83310 La Mole - Var

Château de La Mole - 2019 - Massif des Maures - 83310 La Mole - Var

Château de La Mole - Massif des Maures - 83310 La Mole - Var

Château de La Mole - Massif des Maures - 83310 La Mole - Var

Sylvie Bourgeois Harel - Château de La Mole - été 2019 - Massif des Maures ) Var - 83310 La Mole

Sylvie Bourgeois Harel - Château de La Mole - été 2019 - Massif des Maures ) Var - 83310 La Mole

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  • : Sylvie Bourgeois Harel, écrivain, novelliste, scénariste, romancière Extrait de mes romans, nouvelles et articles sur mes coups de cœur
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