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Comme Vincent, installez des nichoirs pour protéger les oiseaux

Enfant, j’adorais regarder Vincent, l’un de mes trois frères aînés, lorsqu’il fabriquait ses nichoirs. Il avait établi son atelier de construction dans le garage entre la Triumph de mon père et la 2 CV de ma mère. Il découpait soigneusement ses planches de contreplaqué, calculait la taille exacte du trou, pas trop gros, ni trop petit, afin que les oisillons ne soient pas gênés par la lumière et que les parents puissent rentrer et sortir facilement tout en se sentant en sécurité, puis il posait le perchoir, c’était tout un art. Il installait ensuite ses nichoirs dans les arbres autour de notre maison et aussi dans ceux du champ d’à côté, un champ immense et abandonné qui nous servait de campagne en ville, rempli d’orties que nous nous amusions à traverser sans respirer afin de ne pas ressentir les démangeaisons causées par cette plante urticante bonne pour la santé, mais ce n’était pas encore la mode de la boire en jus ou en soupe, seul Vincent savait cela. Vincent n’avait que 10 ans mais il savait déjà beaucoup concernant les animaux et la nature. Vincent était un savant. Comme Jean Rostand qui, un soir, suite à une conférence, était venu dîner chez mes parents. Quand il a vu l’écosystème que Vincent avait recréé dans sa chambre, qu’il était censé partager avec moi mais dont il m’avait virée pour pouvoir y installer des aquariums et des terrariums à la place de mon lit qui avait terminé dans la salle à manger (c’est peut-être pour cette raison que je n’ai jamais eu le sens de la propriété, ni la notion du territoire, je ne me sens à ma place que là où je suis heureuse, que là où l’on m’aime, mon seul territoire, c’est l’amour, la gentillesse, la douceur, l’intelligence, la pensée et aussi bien sûr l’humour, et si je ne me sens pas à ma place, si je ne me sens pas aimée, je m’en vais, je fuis, sans faire de bruit, certaines personnes se battent pour garder leur territoire, considérant même parfois l’autre comme un territoire, mais pas moi, j’estime que personne n’appartient à personne, et puis, je déteste la guerre, la violence, si l’on m’agresse, et cela m’est, hélas, déjà arrivée, et il n’y a encore pas si longtemps, il y a à peine deux semaines, certainement pour des histoires de territoire que je ne comprends pas puisque je ne les connais pas et ne les ressens pas, bref, dans ces cas, je ne me bats pas, je me laisse agresser, je ne veux pas devenir idiote et violente à cause de gens idiots et violents et malheureux sinon ils me foutraient la paix s’ils étaient heureux, je ne me bats jamais, je fuis, puis je pleure en silence en rêvant de retrouver l’harmonie dans une jolie chambre remplie de livres et de tableaux, c’est d’ailleurs pour cela que j’écris, pour construire et tapisser mon nid de mes mots et de mes livres qui sont ma seule protection), mais bon, revenons à Vincent, quand l’éminent biologiste Jean Rostand, savant de grenouilles, a découvert l’écosystème qui représentait toute la chaîne alimentaire allant de la mouche jusqu’à une couleuvre en passant par les salamandres et les tritons, que Vincent, savant de salamandres, c’était son batracien préféré, avait réussi à recréer à la place de ce qui aurait dû être mon territoire de petite fille, il avait souri à mon père en le félicitant d’avoir épousé ma mère.
 
En effet, sa grande phrase de savant, et pas que de grenouilles, était de dire : « Tout ce que nous pouvons pour nos enfants, c’est de bien choisir leur mère. ». Et mon père ne s’était pas trompé en choisissant ma maman qui m’a tout appris sur les animaux et la nature et l’amour. Elle était l’amie de tous les animaux, où qu’elle soit, ceux-ci accouraient pour venir la saluer et lui dire bonjour. Si, véridique, même une fois, au Mexique, elle a fait pipi sur un serpent orange, très mortel, et bien, ce serpent corail a dansé et a ri sous le jet d’urine de ma maman considérant, sans doute, que c’était une aubaine qu’une dame de France lui offre une douche bienvenue sous ces chaleurs tropicales, puis il est parti sans même penser à la piquer, non, il lui a seulement montré ses belles couleurs mouillées afin qu’elle garde un joli souvenir de leur rencontre.
 
Maintenant que le printemps arrive, c’est le moment de faire comme Vincent et d'installer des nichoirs dans vos jardins ou sur vos balcons, et aussi de déposer des graines un peu partout, surtout en ville, pour nourrir les oiseaux. En effet, les sites de nidification naturels comme les trous dans les arbres ou sous les toits, se faisant de plus en plus rares, le nichoir constitue une aide précieuse pour que les oiseaux nicheurs puissent se reproduire en toute tranquillité. Et pour ceux qui ont un potager cultivé bien sûr en agriculture biologique, sans pesticides, ni produits chimiques, sachez que les oiseaux sont des excellents assistants, un couple de mésanges, par exemple, peut vous débarrasser, en une année, de cinquante kilos de nuisibles ou de ravageurs.
Sylvie Bourgeois

 

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Sylvie Bourgeois Harel

Sylvie Bourgeois Harel

Je n’arrive pas à dire que je suis écrivain. Même si ces treize dernières années, j'ai publié neuf romans et chez des éditeurs importants dont certains à l’étranger, chaque fois que l'on me demande ce que je fais, je réponds, en ce moment, j'écris. Ce n'est pas par excès d'humilité, je ne suis ni humble, ni prétentieuse, mais je n’arrive pas à me projeter dans un métier et encore moins à me définir par une passion d'autant que l'écriture n'est pas une passion, je n'ai jamais désiré écrire, mais j'écris. La seule chose dans laquelle je sais me projeter est mon mari. Je l’ai rencontré, il y a treize ans. Une semaine après la publication de mon premier roman. Depuis, à tout bout de champ, pratiquement tout le temps, je dis mon mari. Surtout lorsque je ne connais pas la personne qui s’adresse à moi, très vite, pour ne pas dire immédiatement, dès la première phrase, je lui parle de mon mari, mon mari a fait ci, mon mari a fait ça, mon mari m’aime, il m’épate tellement il m’aime, si, si, je vous assure, quoique je dise, quoi je fasse, il m’aime, j’ajoute en riant. Dans ces cas, les femmes (plus enclines à croire aux histoires d’amour) m’envient surtout si une amie est là pour confirmer, je n’ai jamais vu un couple aussi fusionnel, il la regarde toute la journée avec des yeux remplis d’admiration, c’est très beau, elle a beaucoup de chance, j’aimerais tellement vivre la même chose. Les hommes sont plus sceptiques. Certains prennent cela pour une provocation lorsque j’affirme que je n’embrasserais plus personne d’autre que mon mari. Ils ne comprennent pas ma soif d’absolu. Ni l’exigence, ni la beauté, ni la tranquillité que je mets dans ma fidélité. Ils échafaudent alors toutes sortes d’arguments pour me déstabiliser ou me faire rougir comme si je leur avais proposé un challenge et mis en place une invitation à jouer. Ce n’est pas la réaction que je recherche. Je ne recherche rien d’ailleurs. C’est ce qu’ils ne comprennent pas. Que je ne veuille rien d’eux. Comme si ma fidélité les castrait ou était une atteinte à leur virilité. Celle-ci délimite seulement un territoire. Mon territoire. Je les positionne à l’extérieur. C’est tout. Et ils le seront toujours. À l’extérieur. De ça, j’en suis persuadée. Ils n’auront jamais la possibilité d’entrer. Il n’y a pas de clé. Pas de lumière pour se repérer. Mon intimité est interdite. À peine est-elle lisible ou détectable dans mes romans. Mais pas dans mes yeux. C’est pour cela que j’aime dire, mon mari. C’est ma protection. Comme une porte. Un mur. Un mur qui m’encerclerait. Qui m'enfermerait. Me grandirait. Cette protection me rend forte. Je me sens en sécurité. Je suis en sécurité. Je peux dire ce que je veux. Tout ce qui me passe par la tête. Comme les enfants. C’est très satisfaisant. Mieux qu’un baiser volé. Il m’arrive de parler de sexualité. En toute liberté. Ça me rassure de pouvoir offrir une possibilité. La possibilité de ce qui ne sera jamais. Comme un rêve. J’ouvre. Sans rien donner. Sans rien montrer. Sans ambiguïté. Pour me différencier. Pour installer ma particularité. Dessiner ma force. Me persuader de l’être. Me soigner. Voilà, je le dis, je l’affirme, je pourrais le crier, le hurler aussi, les deux mots, mon mari, me protègent de cet inconnu planté en face de moi. Un inconnu qui me plaît terriblement.

Sylvie Bourgeois Harel

Sylvie Bourgeois Harel

Sylvie Bourgeois Harel - Le Club 55 - Plage de Pampelonne - Ramatuelle - Hiver 2012

Sylvie Bourgeois Harel - Le Club 55 - Plage de Pampelonne - Ramatuelle - Hiver 2012

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Marcelline l'aubergine et Sylvie Bourgeois Harel au marché bio du boulevard Raspail à Saint-Germain-des-Près. Paris 6

La semaine dernière, au marché bio, quelle tristesse quand mon primeur, qui vend sa propre production cultivée sous le label Demeter (label beaucoup plus exigeant que le label bio Écocert), m’expliquait que son chiffre d’affaires de l’année 2020 avait baissé de 50%, et idem pour ses collègues. Les consommateurs, qui avaient commencé à prendre de bonnes habitudes, sont donc repartis au galop vers les grandes et moyennes surfaces, motivés certainement par la peur ambiante qui ne cesse de grandir depuis bientôt un an. La peur ne m’a jamais intéressée. J’ai été éduquée à ne pas avoir peur. Ma mère me répétait que si j’avais peur de quelque chose, ce quelque chose allait m’arriver. Je devais avoir 8 ans, je skiais avec l’un de mes frères aînés qui voulait à tout prix que je saute une immense bosse, je lui ai répondu non, que j’avais peur, il m’a donné une paire de claques en m’interdisant d’être une fille idiote qui pleure car elle a peur. J’ai sauté et j’ai adoré cette sensation de pouvoir voler dans les airs, en revanche, la claque n’était pas nécessaire.... Adolescente, pendant que mes amis se réunissaient pour voir des films d’horreur, excités à l’idée d’avoir peur, je déclinais les invitations et restais chez moi à lire des belles histoires d’amour ou d’aventures, Jack London et Balzac étaient mes compagnons préférés. Leurs héros, capables de grands engagements pour sauver leur pays ou leur amoureuse, me fascinaient, je rêvais d’épouser un homme qui leur ressemblerait, brave et courageux, sans peur et avec des belles valeurs. J’ai continué de lire énormément, puis je me suis mise à écrire des romans et à créer le personnage de Marcelline l’aubergine. Marcelline ressemble aux héros de mon enfance, elle est sans peur, ni malveillance. Observer le monde au travers des yeux joyeux et spontanés de mon amie aubergine qui regarde vivre les êtres humains en se posant des questions simples et pleines de bon sens, me rassure et m’instruit. Cela me fait grandir aussi. Au lieu d’éprouver de la colère lorsque l’on me fait du mal ou que l’on m’impose une décision absurde ou une action qui me peine, je fais comme Marcelline, je positive. Et ça fait un bien fou d’apprendre à s’éloigner de la méchanceté fomentée, en général, par la peur. La peur, aujourd’hui, semble s’être immiscée, partout, dans tous les rapports humains, sauf au fond de mon cœur qui veut croire à l’amour, à la pureté, à l’innocence, les seuls sentiments qui peuvent sauver l’humanité.
 
Alors quand je vois mes primeurs, qui œuvrent à nous livrer de la bonne nourriture saine, cultivée sans pesticides, ni produits chimiques, en train de mourir, mon cœur saigne. Pour les aider, je continue de créer mes vidéos communiquant des messages doux, drôles et gentils, simples et gais. Sans peur, Marcelline affronte la réalité et nous donne envie de consommer local, d’arrêter ou de freiner sa consommation de viande et de poissons, d’aimer la nature qui est notre grande amie. En effet, malgré le mal que l’homme peut lui faire, la nature lui pardonne et continue de pousser et de se renouveler. Là où n’importe quel humain ferait la tête qu’on lui ait coupé ses racines et ses branches, la nature, du haut de ses millénaires et de sa certitude de toujours continuer d’exister bien après notre passage destructeur sur terre, nous regarde en souriant, nous offrant ses fleurs et ses animaux pour nous consoler de nos chagrins passés et à venir.
                                                                                                                                                                         Sylvie

Sylvie Bourgeois Harel - Le Club 55 - Ramatuelle - Plage de Pampelonne

Sylvie Bourgeois Harel - Le Club 55 - Ramatuelle - Plage de Pampelonne

Sylvie Bourgeois et Marcelline l'aubergine - Le Club 55 - Ramatuelle - Pampelonne - Sur la plage abandonnée...

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Tous les prénoms ont été changés - Roman de Sylvie Bourgeois - Écrivain - Mars 2021

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Elle ne sait pas où elle a trouvé la force de partir. De s’extraire. De s’arracher de la terre. De quitter Victor qui lui manque déjà. Pendant les onze heures de train qui l’avaient menée de Clermont-Ferrand à Saint-Jean-de-Luz, Madeleine n’avait cessé de se remémorer ce premier instant, il y a un an, huit mois et quatorze jours, où tout avait basculé. Où elle avait basculé. Où elle s’était déchirée. Où elle aurait dû prendre la décision. La seule décision possible pour ne pas mourir. De torpeur. De désolation. D’asphyxie. De froid également. Elle était glacée. Son cœur s’était arrêté de battre. Affolée, elle s’était alors mise à crier. Mais aucun son n’était sorti de sa bouche. Pourtant, elle était sûre de crier. Sa mâchoire était grande ouverte. Son ventre tendu. Sa gorge gonflée. Mais rien. Excepté le silence. Un silence blanc. Terrifiant. Le néant. Une immensité de néant. Réaliser qu’elle n’arrivait plus à s’exprimer et que même faire du bruit lui était devenu impossible, l’avait anéantie. Elle se souvient très bien de son effroi d’avoir disparu à ce point. De n’être plus qu’un morceau de silence. Madeleine était restée longtemps, allongée sur le parquet du salon, recroquevillée sur les coups qu’elle venait de recevoir de l’homme qu’elle aime, qu’elle adore, qu’elle vénère. Des coups donnés sans explication, une pluie de mains sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Toute la nuit, elle s’était répétée que ce n’était pas possible que leur amour se termine ainsi, pas un amour comme le leur, un amour passionné, dévorant, désirant, sexuel, terriblement sexuel.

...

Tous les prénoms ont été changés. Roman de Sylvie Bourgeois. Mars 2021

Tous les prénoms ont été changés - Sylvie Bourgeois

Tous les prénoms ont été changés - Sylvie Bourgeois

4ème de couv

« Madeleine savait. Elle savait qu’en entrant au bar du Grand Hôtel, un homme serait là pour la sauver. Qu’il serait seul. Hésitant. Qu’il serait plus âgé qu’elle. Qu’il l’écouterait. Qu’elle l’appellerait l’inconnu. Les hommes jeunes n’écoutent pas. Ils sont pressés. Pressés de concrétiser. Ils n’ont pas le temps d’écouter une femme de 57 ans se raconter. Même si elle ne fait pas son âge, elle aime le dire. Pour déclencher un compliment, établir une distance. À cet inconnu, elle en est sûre, elle pourrait lui raconter. Tout lui raconter. À son arrivée à la gare de Saint-Jean-de-Luz, en faisant rouler sa valise dans le coucher du soleil sur les cinq cents mètres qui la menaient à l’hôtel de la Plage, elle avait regretté d’avoir fermé la porte sur les paysages de l’Auvergne. Une porte qu’elle ne pourra plus rouvrir. Elle ne pourra plus jamais retourner à Châteaugay. Au risque de devenir folle. »

 

En posant un regard empathique sur ses personnages, Sylvie Bourgeois décrit avec une précision parfois surprenante leur parcours intime et leurs sentiments amoureux. Dans un style à la fois drôle et émouvant, elle n’hésite pas à aborder des sujets graves et douloureux.

 

Pour ce nouveau roman, Sylvie Bourgeois, auteur, entre autres, d’En attendant que les beaux jours reviennent (signé Cécile Harel), n’a changé, cette fois-ci, ni son prénom, ni son nom.

Tous les prénoms ont été changés. Roman de Sylvie Bourgeois. Dessin de Pierre Bourgeois. 1926-1996

Tous les prénoms ont été changés. Roman de Sylvie Bourgeois. Dessin de Pierre Bourgeois. 1926-1996

Tous les prénoms ont été changés - Roman de Sylvie Bourgeois - 2021

Tous les prénoms ont été changés - Roman de Sylvie Bourgeois - 2021

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Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Cap-Taillat - Maison des Douaniers

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Cap-Taillat - Maison des Douaniers

J'ai 20 ans. Je fais toutes sortes de boulot depuis l'âge de 12 ans. J'ai quitté Besançon et Monaco, et je travaille depuis neuf mois chez Daniel Crémieux, une boutique pour hommes, rue Marbeuf, à Paris. Le mois de juin arrive. Mon frère aîné Max me propose de faire un aller-retour avec lui, en voiture, à Saint-Tropez pour voir un certain Patrice de Colmont qu'il avait rencontré l'année d'avant à Porto-Cervo lorsque celui-ci avait débarqué dans le port sarde qui abritait toute la jet-set afin de convaincre les propriétaires de Maxis (voiliers de 24 mètres appartenant à des milliardaires qui ne régataient qu'entre eux, pour la journée, autour de triangles olympiques,  et dans les plus beaux endroits du monde, avec 24 équipiers à bord, tous des marins hors pair. Max était skipper sur l'un d'eux) de participer à la course de la Nioulargue qu'il venait de créer. Nous arrivons à 17 h au Club 55. Patrice s'installe avec nous à une table. Les deux parlent bateaux et faisabilité. Au moment de partir, je dis à Patrice :

- C'est très joli chez vous, je viendrai bien travailler juillet, août. L'été dernier, j'ai été serveuse pendant le mois d'août chez votre voisin, à la plage du Planteur.

Si seulement j'avais eu la capacité de lui dire que durant ce même mois d'août, je m'étais fait violer pas très loin de là. Il pleuvait. On nous avait donné notre journée. J'ai fait du stop pour aller voir ma mère à Cap-d'Ail. Le chauffeur s'est éloigné de la route du bord de mer pour prendre, soi-disant, un raccourci à cause des embouteillages. En haut d'une colline, il a arrêté la voiture dans un endroit désert, et s'est jetée sur moi en pointant un cran d'arrêt sur ma gorge. Puis il m'a poussée de sa voiture en me disant que j'étais trop conne, que si j'avais été gentille, il m'aurait acheté pleins d'habits et m'aurait offert un grand coiffeur. Je suis rentrée à pied et en bus. Je n'en ai parlé à personne. Je n'ai pas porté plainte non plus. Je me sentais sale, honteuse et stupide. C'est de ma faute, je répétais en larmes sous la douche du bungalow où j'étais logée sur la plage de Pampelonne, pendant que j'essayais de me laver de cette humiliation.

- Avec plaisir, me répond Patrice, mais l'année prochaine, mon équipe est complète pour la saison.

N'ayant aucune envie d'attendre un an, je ne savais pas (et ne sais toujours pas d'ailleurs) me projeter au-delà d'un mois, j'ai insisté :

- Vous savez quoi, réfléchissez à ma proposition et je vous rappelle la semaine prochaine.

La semaine prochaine, je l'appelle :

- J'ai réfléchi, me répond Patrice, oui, je vous embauche tous les matins, vous mettrez les nappes sur les tables et ferez les bouquets.

- Ah non, ce n'est pas possible, je lui dis, j'ai besoin de travailler à temps complet, je suis pauvre, je dois gagner ma vie, et puis je vais quoi faire de mes après-midis, j'ai horreur de rester sur la plage quand il fait chaud.

- Bon, fait Patrice, rappelez-moi demain, je vais chercher une solution.

Le lendemain :

- Coucou, c'est moi ! je fais gaiement.

- Coucou, me répond Patrice aussi gaiement. Voilà j'ai trouvé une solution. J'avais un restaurant avec mon frère que nous venons de vendre. J'ai parlé aux nouveaux propriétaires qui sont d'accord pour vous embaucher le soir. Ainsi vous travaillez chez moi le matin et chez eux le soir.

- Ah non, ce n'est pas possible, je vais faire quoi dans la journée, je vous l'ai dit, j'ai horreur d'être sur la plage quand il fait chaud, et puis si je travaille chez eux le soir, je vais être fatiguée le matin chez vous, non, il me faut un travail à temps complet.

- Alors, venez chez moi, acquiesce Patrice, je vous embauche à plein temps.

Deux semaines plus tard, je commence mon travail au Club 55, au bar du restaurant. Chaque jour, Patrice me demande de déjeuner à sa table et pas avec les autres employés. Il me parle beaucoup. Je l'écoute en attendant avec impatience la fin du repas pour pouvoir aller me baigner avant de reprendre mon service. Je me baignais chaque jour avant et après mon travail. C'était très gai. Un soir, un anniversaire est organisé pour un client. Une fois que tous les invités et serveurs sont partis, Patrice, lui, ne part pas.

- Tu sais, je lui dis, tu n'es pas obligé d'attendre que l'on s'en aille, regarde, j'ai organisé près du bar un grand lit avec des draps, une couverture et des matelas. Avec Frédéric,on va dormir là. Frédéric était homosexuel et travaillait avec moi au bar. Patrice me regarde, les yeux remplis d'admiration.

- C'est toi qui as raison, me dit-il, tu as tout compris de la vie, c'est le plus beau lit qui soit.

- Tu veux dormir avec nous ?

- Oui.

- D'accord, mais avant, je vais nous préparer une omelette.

Nous avons soupé tous les trois à 2 heures du matin au milieu du Club éclairé par la lune, c'était féérique, je suis toute jeune et heureuse d'avoir su créer ce moment exceptionnel avec ces deux bonnes personnes autour de moi. Je suis heureuse mais je n'ai pas la capacité de comprendre que je suis amoureuse. Puis j'ai emmené Patrice et Frédéric se baigner. J'ai toujours besoin et envie de me baigner. Été comme hiver. Patrice s'est mis tout nu. Moi aussi du coup. Frédéric, je ne me souviens plus. Dix minutes plus tard, je m'endormais entre Frédéric et Patrice. Le lendemain matin, à 7 heures, les plagistes défilaient devant nous :

- Regardez, chut, il y a le patron qui dort avec Sylvie.

Il y a quelques mois, j'ai revu Frédéric durant cet été 2020. Il me rappelle ce souvenir.

- Tu ne savais pas que Patrice était amoureux de toi ? me demande-t-il, étonné.

- Non.

- Pourtant, au Club, tout le monde le savait.

- Sauf moi.

J'avais 20 ans. J'étais brisée par les abus que j'avais subis enfant (ce n'était pas mon papa qui était un être merveilleux), et par le viol de l'année auparavant. Je n'avais pas la capacité de comprendre que Patrice était tombé amoureux de moi en me voyant, et encore moins de comprendre que moi aussi j'étais également tombée amoureuse de lui. J'étais une jeune femme brisée qui ne savait que fuir l'amour. Je ne savais que fuir l'amour et continuer de me briser en me faisant mal.

 

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Les voyageurs sans trace - Salle Albert Raphaël - Ramatuelle

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Les voyageurs sans trace - Salle Albert Raphaël - Ramatuelle

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Le Club 55 - @ Gilles Bensimon

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Le Club 55 - @ Gilles Bensimon

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Le Club 55 - Tee-shirt de Richard Poppitti que j'ai customisé

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Le Club 55 - Tee-shirt de Richard Poppitti que j'ai customisé

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Château de La Mole - Mars 2020

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Château de La Mole - Mars 2020

Sylvie Bourgeois Harel - écrivain - Le club 55 - Ramatuelle - Pampelonne - Janvier 2021

Sylvie Bourgeois Harel - écrivain - Le club 55 - Ramatuelle - Pampelonne - Janvier 2021

Sylvie Bourgeois Patrice de Colmont Le Club 55 Ramatuelle Pampelonne

Sylvie Bourgeois Patrice de Colmont Le Club 55 Ramatuelle Pampelonne

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Depuis que j'ai créé la chaîne YouTube Marcelline l'aubergine pour parler de la nature (j'abhorre le mot écologie qui est devenu un dogme pour faire peur aux citoyens et les assaillir de taxes abusives puisque aucune mesure véritable pour réduire la pollution industrielle au niveau mondial n'a été réellement prise), j'ai appris que l'homme a besoin du ver de terre pour vivre mais que le ver de terre n'a pas besoin de l'homme, que le requin est moins meurtrier que le moustique qui, dans les années 90, tuait une personne toutes les trente secondes, qu'un végétalien qui roule en voiture pollue moins qu'un carnivore qui circule à vélo, que les cochons mangent plus de poissons que les requins car 40% des poissons pêchés servent à nourrir les animaux d'élevage, que 80 millions de requins sont tués chaque année, qu'une baleine défèque trois tonnes de déchets par jour, lesquels déchets nourrissent le plancton, que 300000 baleines ayant été décimées au vingtième siècle, 50% du plancton a disparu, qu'il faut entre 550 à 700 litres d'eau pour produire un kilo de viande de boeuf, 1277 litres d'eau pour produire un kilo de blé, 287 litres pour un kilo de pommes de terre contre 574 litres pour un kilo de pommes de terre congelées, qu'une chasse d'eau consomme 12 litres, une douche 60 litres, qu'il faut 4900 litres par jour pour habiller, nourrir, se faire déplacer un Français, alors qu'à son domicile celui-ci ne dépense que 4% d'eau douce de la planète contre 90% qui ont utilisées pour l'agriculture et l'industrie, que la fabrication d'une voiture nécessite 400000 litres d'eau, d'une micro-puce 32 litres et d'un ordinateur 20.000 litres, que les semences OGM sont un crime contre l'humanité, que 75% du patrimoine mondial des semences anciennes et reproductibles avaient disparu, que le chat est le seul animal domestique qui peut revenir à la vie sauvage, qu'une ville doit avoir un rat par habitant pour rester saine dans son rapport gaspillage-nettoyage, que le rat s'autorégule en fonction de l'alimentation qui est à sa portée, si la nourriture se faire rare, la femelle va se refuser au mâle afin qu'il ne puisse pas la féconder, en revanche, s'ils vivent dans l'abondance, ils vont se développer en masse, que les arbres communiquent entre eux au moyen d'odeurs et de signaux électriques, que leur réseau racinaire leur permet d'échanger des informations sur les nuisibles, qu'ils peuvent ainsi mettre en place des stratégies de défense collective contre des insectes agresseurs ou une sécheresse, que les chimpanzés du Gabon utilisent cinq types de bâton ayant chacun sa fonction d'outil pour attaquer les ruches et s'emparer du miel, un pilon, un élargisseur, un perforateur, un collecteur et une cuillère, qu'ils savent anticiper et planifier les différentes étapes d'attaque, que le chevreuil peut sauter 1m50 à l'arrêt sans prendre d'élan, que les chauves-souris mangent jusqu'à 3000 moustiques par nuit, et qu'une abeille produit un gramme de miel dans toute sa vie.

Sylvie Bourgeois

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Lablachère. Ardèche

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Lablachère. Ardèche

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Paul Watson - Château de La Mole

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Paul Watson - Château de La Mole

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Paul Watson - Yana Watson - Le Club 55

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Paul Watson - Yana Watson - Le Club 55

Paul Watson - Yana Watson - Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Le Club 55

Paul Watson - Yana Watson - Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Le Club 55

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Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Le Club 55

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Le Club 55

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Un article de France Subervie pour Pharmavie, mars 2019, mensuel destiné aux pharmacies.

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine dans Pharmavie - Interview par France Subervie

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Pastis - La Ferme des Bouis - Ramatuelle

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Pastis - La Ferme des Bouis - Ramatuelle

Marcelline l'aubergine et Sylvie Bourgeois Harel au château de La Mole - Var

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Pierre Rabhi entouré au château de La Mole par Françoise Rual, Maurice Freund, Sylvie Bourgeois Harel, Patrice de Colmont, Bernard Chevilliat, Nuriel Chevilliat, Caroline Bourret et Max Tortel. Mars 2019

Pierre Rabhi entouré au château de La Mole par Françoise Rual, Maurice Freund, Sylvie Bourgeois Harel, Patrice de Colmont, Bernard Chevilliat, Nuriel Chevilliat, Caroline Bourret et Max Tortel. Mars 2019

Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Marcelline l'aubergine

Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Marcelline l'aubergine

« J’ai souhaité créer un Fonds de Dotation pour répondre aux nombreuses sollicitations, aux demandes d’aides ou de soutien qui nous parviennent. Ce Fonds n’a pas vocation à se substituer aux structures qui existent déjà et remplissent bien leurs tâches. Mais il ambitionne de répondre efficacement et rapidement à des projets en lien direct avec l’agroécologie. Il est impératif que nous puissions continuer de propager l’agroécologie, technique agronomique mais aussi éthique de vie. Pour cela nous avons évidemment besoin de moyens financiers représentatifs de l’énergie collective qui nous permet d’aider à aider, de poursuivre et d’amplifier les actions de formation ou de transformation, au nord comme au sud. C’est là tout mon engagement en faveur de l’humain et de la nature. »

Pierre Rabhi

Sylvie Bourgeois Parice de Colmont Le Club 55 Ramatuelle Pampelonne

Sylvie Bourgeois Parice de Colmont Le Club 55 Ramatuelle Pampelonne

Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Maurice Freund - Château de La Mole

Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Maurice Freund - Château de La Mole

Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Château de La Mole

Sylvie Bourgeois Harel - Pierre Rabhi - Château de La Mole

Lumière du Sud - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine

Lumière du Sud - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine

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C’est un livre d’actualité : tandis que les Gilets jaunes s’insurgent contre les taxes écologiques, le physicien François Gervais, ancien membre du GIEC, publie un ouvrage dans lequel il dénonce la propagande autour de l’urgence climatique. Selon lui, « la lutte contre le réchauffement climatique est vaine et l’impact de ces lois n’est pas mesurable pour la planète ». De plus, « toutes les annonces du GIEC ne reposent que sur des modélisations informatiques qui sont régulièrement démenties par les observations ». Ainsi, « la lutte contre le réchauffement climatique est une aubaine extraordinaire, la Banque mondiale a calculé le montant global des investissements destinés à la « lutte contre le réchauffement » : 89 000 milliards de dollars d’ici à 2030, qui seront payés par les contribuables. Le « green business » est déjà une très juteuse affaire pour tous ceux qui ont investi dans des « fermes » éoliennes et solaires dont le surcoût des prix de production est facturé aux consommateurs d’électricité ». François Gervais signale aussi que le CO2 n’est pas un poison, mais qu’il s’agit d’un composant essentiel du cycle de la vie et il souligne que l’augmentation du taux de CO2 constitue donc une chance pour tous les affamés de la planète, laquelle a déjà connu des taux de CO2 très supérieurs dans le passé.

François Gervais est physicien, professeur émérite à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université de Tours et expert reviewer du 5e rapport sur les changements climatiques du GIEC. Alors, pourquoi ne s’exprime-t-il que maintenant ? Il apparaît que le poids du politiquement correct et les pressions politiques empêchent de nombreux spécialistes de prendre la parole et, si lui-même peut le faire, c’est parce qu’il est professeur émérite. Son livre, qui n’a pas été beaucoup présenté par les médias institutionnels, se retrouve pourtant en ce début d’année en tête des ventes sur Amazon.

« L’urgence climatique est un leurre » de François Gervais est publié aux Éditions L’Artilleur.

Kernews : De plus en plus de scientifiques démontent le mythe de l’urgence climatique, mais souvent en off, en confiant qu’ils ne peuvent pas le déclarer publiquement, par crainte des pressions qu’ils pourraient subir après… Alors, pourquoi avez-vous pris un tel risque ?

François Gervais : L’essentiel des scientifiques qui peuvent s’exprimer sur cette question sont souvent des professeurs émérites : c’est-à-dire qu’ils sont déjà retraités, ils continuent de travailler bénévolement et ils n’ont plus à se soucier, comme cela a été mon cas pendant plusieurs années, de mettre leur laboratoire en danger. J’imagine que bien d’autres scientifiques sont dans le même cas de figure car, hélas, il est très difficile de s’exprimer sur ce sujet si vous n’êtes pas déjà dégagé des contraintes budgétaires et de toutes les autres contraintes que l’on peut avoir quand on dirige un laboratoire. Quelques jeunes courageux qui ont fait l’impasse sur un certain nombre de choses – je pense à mon collègue Benoît Rittaud, qui est maître de conférences et mathématicien, qui s’est vraiment engagé, mais en sachant que c’est au détriment d’un certain nombre de choses – constituent une exception. Il y a le courage vis-à-vis de soi-même, c’est à chacun de l’apprécier, mais je parle surtout du fait d’engager un laboratoire, c’est-à-dire toute une communauté.

On a le sentiment que tout ce que l’on nous raconte dans les médias sur ce sujet est souvent fantaisiste. D’abord, un premier point : vous ne niez pas le réchauffement climatique…

Il y a une variabilité naturelle du climat dont l’amplitude est plus importante que les faits anthropiques liés aux activités humaines. C’est surtout depuis la sortie du quatrième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) que les choses ont commencé. Auparavant, le GIEC était quand même plus prudent, mais à partir du quatrième rapport, qui a valu au GIEC un prix Nobel de la paix, en même temps qu’Al Gore, effectivement les choses ont commencé et je me demande si les journalistes des médias institutionnels pratiquent vraiment l’investigation, car il y a un défaut de culture scientifique dans notre pays qui explique pourquoi on en arrive là. Les journalistes se contentent de répéter ce que disent l’Agence France Presse, Reuters ou d’autres, sans la moindre investigation. J’invite tous les journalistes à consulter le corpus de plus de 3000 publications dans les revues internationales qui tiennent justement un discours qui n’a rien d’alarmiste et qui n’adhèrent pas au prétendu consensus catastrophiste : à ce moment-là, ils commenceraient à faire œuvre utile…

On nous assène à longueur de temps qu’il faut économiser du CO2. Dans les transports en commun, on vous dit que notre voyage a permis d’économiser tant de taux de CO2 par rapport à l’automobile, mais vous nous expliquez que cela ne sert à rien puisque le CO2 n’est pas nuisible…

Le CO2 n’est pas nuisible. Toutes les politiques qui visent à implanter des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, avec plusieurs milliards de subventions chaque année, quand on fait le calcul, même en reprenant le chiffre du GIEC sur le doublement du taux de CO2 dans l’atmosphère qui entraînerait une hausse de la température entre 1 et 2,5 degrés, c’est déjà une énorme incertitude qui est avouée et, même si on fait le calcul avec cela, toutes les politiques françaises ne changeraient pas la température de la planète de plus de l’ordre d’un millième de degré. Donc, tout cela ne sert strictement à rien puisque, dans le même temps, l’Inde et la Chine, qui ont besoin de ressources fossiles, construisent pratiquement une centrale à charbon chaque semaine et ils investissent dans ce dont ils ont besoin pour développer leur économie. De toute façon, toutes les réductions que l’on peut imaginer en France, non seulement ne changeront pas la température de la planète de plus de l’ordre d’un millième de degré mais, en plus, ces mesures se retrouvent contrariées par un facteur 100 par les politiques indiennes, chinoises et d’autres pays.

Ainsi, même si nous étions les meilleurs élèves du monde, cela ne changerait rien au sort de la planète… N’est-ce pas là une forme de prétention très française ?

Oui, on prétend donner le « bon exemple » aux autres ! Il faut aussi rappeler que le CO2 que nous expirons, cela fait tout de même partie de la vie, pour tous les animaux et tous les êtres humains. Nous inspirons de l’oxygène et nous expirons du gaz carbonique et, dans notre haleine, au moment de l’expiration, il y a une trentaine de fois plus de CO2 que dans l’air ! Sur l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, si l’on fait un micro-trottoir, rares sont les gens qui connaissent la réponse, il faut savoir que le taux de CO2 dans l’air est passé en un siècle de 0,03 % à 0,04 % ! Enfin, il faut savoir que s’il n’y avait pas de CO2 dans l’atmosphère, il n’y aurait pas de végétation sur Terre… C’est aussi simple que cela.

Vous démontrez dans votre livre, non seulement l’inefficacité des éoliennes, mais vous allez plus loin en estimant qu’elles sont même nuisibles et qu’elles ne visent qu’à servir quelques intérêts financiers…

Tout à fait, nous en sommes là… Dans l’énergie dépensée pour se déplacer, pour se chauffer et avoir une activité économique basée sur l’énergie, il faut bien savoir que l’on utilise l’énergie électrique à hauteur d’un quart. Or, les éoliennes et les panneaux photovoltaïques ne fabriquent que de l’énergie électrique. Cette énergie est fournie à 85 % environ par le nucléaire et l’hydroélectrique. Donc, la part de l’éolien et du photovoltaïque n’est pas près de devenir dominante. En plus, cela ne représente qu’un quart de l’énergie. D’ailleurs, la Cour des comptes a dénoncé cela dans un rapport d’avril dernier, en expliquant que ce n’est pas là qu’il faut mettre l’effort, mais ailleurs.

Votre livre a été boycotté par de nombreux médias institutionnels, or il figure pratiquement en tête des ventes de ce début d’année… Alors, on nous raconte tout cela pour augmenter la fiscalité et nous faire investir dans des énergies vertes. À qui profite le crime ?

C’est une question que je me pose depuis plus d’une dizaine d’années et je ne pense pas qu’il y ait une réponse unique. Il y a bien évidemment, derrière, un énorme business économique, mais il ne faut pas oublier, en ce qui concerne la France, que les éoliennes sont importées d’Allemagne et que les panneaux photovoltaïques sont essentiellement importés de Chine. Derrière, il y a un énorme business financier. Je reçois un papier de ma banque qui m’incite à acheter des obligations vertes, je ne vois pas ce qu’elles peuvent avoir de vert en l’occurrence, mais il s’agit d’investir toujours plus d’argent dans ces choses alors que l’on sait déjà que c’est plus que discutable. Mais cela dépasse ma compétence de physicien.

Vous dénoncez le discours alarmiste sur la montée des océans. On nous présente toujours des films avec des îles qui disparaissent, or vous estimez que, contrairement aux idées reçues, l’élévation du niveau des mers n’est pas mesurable et, par ailleurs, que la planète est de plus en plus verte…

Tout à fait. On peut le chiffrer au cours de ces 33 dernières années. On a observé un verdissement de la planète qui a été évalué à l’équivalent d’un sixième continent vert de 18 millions de kilomètres carrés, c’est-à-dire plus de 30 fois la superficie de la France métropolitaine, d’autre part, cela se recoupe très bien, puisqu’une partie du CO2 que nous émettons va dans la végétation qui se jette là-dessus avec avidité. Dans l’histoire de la planète, il y a des époques où il y a eu beaucoup plus de CO2, la végétation était luxuriante et c’est ce qui a créé ce que l’on appelle aujourd’hui les gisements fossiles. Il y avait plus de CO2 dans l’air à ce moment-là et cela a pu permettre cette végétation luxuriante.

Dans le contexte de l’immigration, on évoque maintenant le réchauffement climatique : est-ce aussi un prétexte, selon vous ?

On met cette histoire du réchauffement climatique à toutes les sauces. Depuis le début de l’accélération des émissions de CO2, que l’on peut situer à 1945, la température de la planète a augmenté de 0,4 degré ! Est-ce que 0,4 degré provoque des migrations ? Il y a des tas de raisons économiques, mais dire que c’est la faute de 0,4 degré, permettez-moi d’en douter ! De la même façon, il y a eu une hausse des océans il y a 12 000 ans, avec une fonte des glaces et le niveau des mers qui a augmenté de 120 mètres. Cela a beaucoup ralenti depuis. Maintenant, quand on regarde tous les marégraphes, sur toutes les côtes de la planète, on observe une hausse de 1 millimètre par an ! Cela représente 8 centimètres d’ici à la fin du siècle… Là encore, quand on regarde l’amplitude des marées au moment des grandes marées, c’est complètement noyé… On monte en épingle quelque chose qui est un non-événement.

Vous rappelez que l’on nous parle aujourd’hui du réchauffement climatique, mais qu’il y a 40 ans, les scientifiques se plaignaient du refroidissement climatique… Vous avez même retrouvé une couverture de Time Magazine annonçant, dans les années 70, que la Terre allait mourir de froid…

Il y a eu plusieurs couvertures… Cela montre bien qu’à l’époque, le catastrophisme allait dans le sens inverse et c’est ce qui est intéressant. Lorsqu’en 1945 les émissions de CO2 se sont mises à accélérer, la température de la planète a baissé pendant 30 ans, de 1945 à 1975. Cela procède de la variabilité naturelle, bien sûr.

François Gervais. L’urgence climatique est un leurre. Interview de Yannick Urrien. Kernews.
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MON PAPA PAS LÀ. Brèves enfances (recueil de nouvelles) Au Diable-Vauvert. 2009

Ce qu’il y a eu de bien avec mon papa quand je l’ai revu pour la première fois depuis trois ans, c’est qu’il n’a pas pleuré. Ça m’aurait ennuyée qu’il se mette à avoir des larmes. Je n’aurais pas su comment le consoler car moi-même, je n’étais pas loin de sangloter. Non, il s’est bien tenu. Comme moi. On ne s’est pas dit qu’on était malheureux de cette situation, ni que l’on s’était beaucoup manqué pendant tout ce temps. C’est long, je crois, trois ans. J’ai dix ans et la dernière fois que j’ai vu mon papa, j’avais sept ans et même si c’était l’âge de raison et que pour l’occasion, il m’avait offert un beau vélo et un piano, je ne me souviens plus très bien comment j’étais. Je crois que j’étais très petite, alors que maintenant je suis grande, c’est bien simple, je rentre en sixième l’année prochaine.

 

C’est un gentil papa mon papa, mais ce n’est pas un papa causant. En même temps, je le comprends car moi-même, je n’aime pas devoir expliquer comment je vais, ni si j’ai bien travaillé à l’école ou déjà un fiancé. Il m’a emmené dans un salon de thé pour prendre un goûter et je n’ai pas osé lui poser de questions sur sa femme ou sa nouvelle maison et encore moins s’il voulait un autre enfant ou me voir plus souvent. Je lui ai juste dit que j’avais arrêté le piano pour jouer du saxo et que j’allais à la piscine deux fois par semaine.

 

J’ai trouvé qu’il avait changé mon papa, il avait la peau de son visage plus rose, comme celle des bébés et aussi un regard moins fatigué qu’avant. Mais il avait l’air de s’ennuyer assis dans ce café avec moi. En même temps, on n’avait plus l’habitude de passer du temps ensemble, c’était comme si l’on avait été gêné d’être père et fille et pourtant, on était bien à rester ainsi sans rien se dire.

 

C’est peut-être ça être de la même famille, se tenir serré sans se parler et attendre que le temps passe jusqu’à ce que l’on devienne vieux.

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