Patrice de Colmont, un prince paysan à Pampelonne
du Club 55 au Château de la Mole
par Sylvie Bourgeois Harel pour le magazine américain Maxim
(détenu par Sardar Biglari, propriétaire de Steak and Shake)
Tout a commencé en 1947, lorsque le père de Patrice, Bernard de Colmont (qui fut le premier occidental à entrer en contact avec les Indiens Lacandons en 1935), tourne pour gagner un peu d’argent un documentaire à bord d'un pailebot, un bateau à voiles majorquin qui assure le transport des oranges en Méditerranée. Une tempête de mistral les oblige à s'abriter dans la baie de Pampelonne. Bernard, subjugué par la beauté des lieux qui étaient à l’époque déserts, décide de revenir avec sa famille. « N’est-ce pas l’endroit idéal ? » rétorque-t-il à ses amis du Club des Explorateurs avec lesquels il a voyagé dans le monde entier. « Il n’y a pas d'araignées, ni de serpents mortels, pas de requins, ni de lions, pas de choléra, ni de tsunami… et nous sommes en France, dans une démocratie. »
Après avoir occupé pendant plusieurs étés une cabane de pêcheurs sur la plage de Bonne terrasse, Bernard acquiert en 1954 deux parcelles de terrain au bord de la mer, à l'endroit où les Américains, sous les ordres du Général Patch, ont débarqué pour libérer la France. Sa femme Geneviève est furieuse que son mari qui vient de toucher un petit héritage ait acheté un bout de plage remplie de mines laissées par la guerre alors qu’elle n'a pas de quoi offrir des pull-overs neufs à leurs garçons de 9 et 6 ans. Mais elle aime son homme alors ils quittent la Haute-Savoie et s'installent pour vivre à l'année, sans eau, ni électricité, sous des tentes puis dans trois cabanes en bois que Bernard a dessinées et fabriquées.
Dès les beaux jours, leurs amis pique-niquent au cabanon. Très rapidement, Geneviève leur propose de s'occuper de l'intendance des repas. Un jour de 1955, l'équipe du film de Et Dieu créa la femme avec Brigitte Bardot, qui n'a que 19 ans et n'est pas encore une star, croit qu'il s'agit d'un restaurant et demande à Geneviève si elle peut leur faire la cuisine pour 80 personnes pendant trois semaines. Ça l'amuse terriblement. Elle aime les gens de talent. Pour preuve, elle voulait devenir aviateur, ses parents n'étant pas d'accord, elle a réussi à travailler (bénévolement) pour l'explorateur Paul-Émil Victor. Alors elle dit oui. Elle n’a pas de four. Peu importe ! Elle fait cuire les rôtis dans celui du boulanger. Le film terminé, Roger Vadim et Brigitte Bardot reviennent. Et amènent leurs amis, réalisateurs, comédiens, écrivains, chanteurs, tous les artistes de Saint-Germain-des-Près qui font le Saint-Tropez des années 50. Geneviève, issue de la grande bourgeoisie, n'est pas impressionnée. Le soir, on dîne, on danse, c’est l’endroit où il faut être. Mais tout le monde n’est pas admis. Le Club 55 est né.
Pendant ce temps, Patrice grandit dans, sur et sous l'eau. À 8 ans, son père l'émancipe de façon complice : « À ton âge, les jeunes Lacandons apprennent à fabriquer leurs arcs et flèches pour se nourrir, et bien, toi, fais la même chose ! » Après l'école, Patrice part sur sa ‘’cocotte’’, un joli petit dériveur en acajou, pêcher et dormir derrière le Cap Camarat à l'endroit où la Méditerranée est si transparente que les pierres sont bleues. À 15 ans, Patrice a un rêve : devenir paysan et châtelain comme son cousin de Montfort l'Amaury chez qui il travaille plutôt que d’aller au lycée, aucun prof ne pouvant remplacer le savoir de son père qui lui a tout appris. Mais la vie en décide autrement. Lorsque Patrice a 17 ans, Bernard est obligé de vendre l’une des deux parcelles afin de réunir l’argent nécessaire pour construire une « vraie » maison en pierres (qui est aujourd’hui celle sur laquelle le restaurant est adossé). Patrice ne supporte pas cette injustice. Pourquoi son père si brillant n’a pas les moyens de garder le lieu qu’il aime le plus au monde ? Le lieu de son enfance. Furieux, il part travailler à Paris. Mais sa mère atteinte d’un cancer décède. Son père ne s’en remet pas et tombe à son tour malade. Avant de mourir, il demande à Patrice de revenir. Patrice qui a alors 24 ans reprend avec son frère aîné Jean et leur jeune sœur Véronique le Club 55. Et l’ouvre sur l’extérieur, en restant cependant vigilant sur l’attitude des nouveaux clients qui, pour seul parrainage, doivent émettre des ondes positives.
Patrice tient à garder le même état d’esprit que celui de ses parents, c’est à dire un endroit où rien ne bouge, ni ne change, avec la même cuisine authentique et familiale que celle de sa mère, ratatouille, poisson sauvage grillé amené chaque matin par les pêcheurs locaux, feuilleté de Ramatuelle, et les mêmes principes :
Ici le client n’est pas le roi… parce qu’il est un ami et La cuisine n’est pas faite par le patron.
Très rapidement, le Club devient cosmopolite et le rendez-vous incontournable des rois, des stars, des hommes d’affaires ou d’état en vacances, mais aussi celui de Jack Nicholson, de Sylvester Stallone, de Bono, de Naomi Campbell, de Kate Moss, de Sarah Ferguson pour ne citer qu’eux. Ici, pas de paparazzi, juste un photographe attitré qui ne vend ses photos qu’aux personnes qui sont représentées dessus ! Patrice crée le mouvement et donne le rythme aux employés, impressionnante chorégraphie rodée au centimètre près afin que personne n’attende et soit accueilli comme à la maison. C’est ce qui fait le charme du Club 55 dont Patrice devient le Prince. Un Prince humble qui n’oublie jamais de s’amuser : un jour où deux clients font un pari sur la rapidité de leurs voiliers respectifs, d’emblée, il créée (en se souvenant de sa petite ‘’cocotte’’) une course de bateaux, la Nioulargue, qui devient le must des courses de Méditerranée.
Quelques années plus tard, Jean vend ses parts à Patrice. Le restaurant s’organise désormais pour servir des quantités importantes de repas. Quand on demande à Patrice combien exactement ? Il répond en souriant qu’ils sont dans du déraisonnable ! (en réalité jusqu’à 1000 couverts par jour). Puis il ajoute (toujours en souriant) que l’idée n’est pas de battre des records, mais de faire plaisir à toutes les personnes qui veulent venir déjeuner, comme avec les amis qui s’invitent et qui sont plus nombreux que prévus, on ne les met pas dehors, on se débrouille pour les asseoir et les nourrir.
Patrice construit le mobilier avec le bois flotté qui s’est échoué sur le sable après les tempêtes, et pose sur les tables des nappes bleues, douces et délavées (dans la même tonalité que les matelas de la plage), ainsi que des fleurs... bleues… Plus les matières ont vécu, plus elles respirent la joie de son passé de jeune garçon libre et aventurier, et lui indiquent qu’il peut continuer de vivre dans la mémoire de ses parents sans angoisse puisque rien n’a changé, plus Patrice est heureux. Il investit toute son énergie, sa passion, son temps, son amour des relations humaines dans le Club 55 qui ne désemplit pas et reste ouvert pratiquement toute l’année, excepté les trois mois d’hiver. Patrice est chaque jour au cœur de son restaurant. Il est le cœur du Club 55. Tout le monde l’appelle Patrice. L’embrasse. Lui serre la main. Lui explique sa dernière folie ou son divorce. Il se souvient de tout et de tous. Rit. Blague. Tout en apportant une chaise supplémentaire ou en servant une tarte tropézienne, il raconte le Bailli Pierre-André de Suffren ou le voyage de noces de ses parents qui ont descendu en kayak les fleuves Green et Colorado. Il lui arrive aussi parfois de se mettre en colère et de demander aux indélicats de ne plus revenir. L’endroit devient mythique. On se sent unique et privilégié d’avoir la possibilité d’y déjeuner. C’est le seul lieu où les clients remercient le patron en partant.
En 1993, il rachète enfin la parcelle que son père avait été obligé de vendre et construit des cabanons pour que les habitués puissent séjourner de façon aussi authentique que lui, enfant, sur la plage. Mais malgré sa réussite, son rêve de devenir paysan et châtelain ne le quitte pas. Il cherche des fermes dont les terres seraient intactes et n’auraient jamais été en contact avec les pesticides et autres semences modifiées. Partout. Même dans les Alpes de Haute-Provence. Jusqu’au jour où une famille lui propose d’acheter la ferme de leurs parents. Ils ne veulent la céder qu’à Patrice de Colmont car ils savent qu’avec lui, celle-ci ne changera jamais. Son rêve se réalise enfin, et dans des conditions idéales, la ferme des Bouis est située à cinq minutes du Club 55. Il y installe des chevaux, des ânes, des chèvres, des chiens, qui peuvent contempler, au travers des oliviers, le Cap Camarat, derrière lequel se trouvent ses belles pierres bleues.
Aux Bouis, il fait pousser un potager, des olives et des vignes, fait son vin, son huile et livre le Club 55 en légumes et fruits évidemment bios, toujours dans sa philosophie de faire le plus naturel possible : « Moins on s’éloigne de la nature, moins on se trompe » ajoute-t-il en vous fixant de ses yeux verts. Sur le menu, le label « bio » n’est mentionné nulle part. Patrice préfère éduquer en laissant à chacun la possibilité de découvrir et d’apprécier. En effet, ses clients séduits par la qualité et le goût délicieux des tomates ou radis de ses fameux paniers de crudités l’assaillent de questions. Alors, Patrice prend une grande inspiration et raconte le maraîchage sans tracteur mais avec des chevaux de trait, les semences reproductibles, le danger des OGM, la permaculture, le composte, la résilience écologique, l’influence de la lune, la vision holistique. Il est intarissable. L’idée de Patrice est de sensibiliser ses clients dont certains, financiers ou industriels, sont de gros acteurs de la pollution mondiale, à l’agroécologie, non pas en leur donnant des leçons, mais en leur montrant, par son expérience réussie de prince paysan, que c’est possible. Qu’il est possible de respecter la terre et l’humain. Alors pourquoi ne pas essayer ? les questionnent en silence ses yeux verts.
Son éthique prend une dimension supplémentaire lorsqu’il découvre en 2011 les mots du paysan écrivain philosophe Pierre Rabhi (dont l'actrice Marion Cotillard est proche) : « Il est temps de prendre conscience de notre inconscience. » « Enfin un homme qui pense comme moi ! » se dit Patrice en dévorant ses livres. Désireux de le rencontrer, il l’invite à donner une conférence sur sa plage. Trois jours plus tard, Pierre téléphone à Patrice : « Je sais que je suis capable de résoudre le problème de la faim dans le monde par l’agroécologie. J’aimerais que tu me rejoignes. » Depuis les deux hommes ont créé ensemble le Fonds de dotation Pierre Rabhi. Et Patrice lui a fait rencontrer Léonardo di Caprio. « Pierre, que pensez-vous des OGM ? » lui demande celui-ci. « C’est un crime contre l’humanité », répond Rabhi. « Alors nous allons pouvoir continuer notre conversation parce que je suis d’accord avec vous. » Une réflexion est en cours afin que les trois hommes avancent ensemble.
En mai 2015, Patrice, qui a toujours prôné la patience et la sagesse, concrétise le plus excitant de ses rêves : l’acquisition du Château de la Mole (où a grandi Antoine de Saint-Exupéry, l’auteur du Petit Prince). Le projet est de faire de cette demeure historique une « villa Médicis » de l’agroécologie pour susciter des rencontres et transmettre le savoir, ainsi qu’une ferme comme au XVIIIème siècle, dans le souci d’un écosystème naturel qui préserve la biodiversité.
Au printemps 2016, le potager est planté et trois mois plus tard, les premiers légumes fournissent le Club 55. En quantité impressionnante ! Qui a dit que le bio n’était pas rentable ?
À 20 heures, chaque soir, après douze heures de travail intenses, Patrice ferme la porte de son Club 55 et charge dans le coffre de sa voiture une centaine de kilos d’épluchures qu’il apporte à sa ferme des Bouis pour nourrir ses ânes et ses chevaux. Si on lui demande pourquoi il le fait lui-même, il répond d’un air étonné, presque amusé : « À quoi bon avoir des animaux si ce n’est pas pour les nourrir ? » Puis serein, il rejoint à une quinzaine de kilomètres de là son château de la Mole où l’attend le petit Prince qui, la nuit, l’inspire et lui souffle de…, mais chut, c’est leur secret. Un secret de Princes naturalistes prêts à toutes les bontés pour sauver l’humanité.
Sylvie Bourgeois Harel
Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - J'aime ton mari (éditions ADORA) - Le Club 55 - Ramatuelle - Saint-Tropez
Patrice de Colmont - La Nioulargue - les Voiles de Saint-Tropez - Le Club 55
Château de La Mole - Patrice de Colmont - Marcelline - Sylvie Bourgeois
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Tous les prénoms ont été changés | Monsite
"Madeleine savait... Elle savait qu'en rentrant au bar du Grand Hôtel, un homme serait là pour la sauver. Qu'il serait seul. Hésitant. Qu'il serait plus âgé qu'elle. Qu'il l'écouterait. Qu'el...
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MONICA
Je ne sais jamais quoi offrir à mon mari que j’aime d’amour, j’ai toujours l’impression que ça lui fait ni chaud, ni froid. Tandis que moi, les cadeaux, j’adore les recevoir, c’est même tout un art, je deviens si joyeuse que c’est un véritable plaisir de m’en faire. Si. Je dis toujours merci même s'ils ne me plaisent pas, je ne fais jamais la tête, non, au contraire, je deviens gaie comme une enfant. Mon côté enfant, même avec le temps, n’a d'ailleurs jamais totalement disparu, j’aime encore le rose, les cœurs et dépenser l’argent de mon mari comme si c’était celui que me donnait ma maman. C’est peut-être une histoire de confiance. Mes économies, je les garde au cas où il me quitterait, je me consolerai avec. Si je ne sais jamais quoi lui acheter, c’est peut-être pour lui offrir, par anticipation, sa liberté. Ça peut paraître compliqué, mais je me comprends.
En revanche, pour ses 50 ans, je dois marquer le coup. Je suis bien ennuyée d’autant que Magali, sa nouvelle employée, est drôlement bien roulée. En plus, elle n’arrête pas de lui dire combien il est intelligent, talentueux, formidable. Et les hommes, le mien comme les autres, c’est fragile. À force de trop le flatter, elle va finir par me le gâter. Ce serait dommage car c’est un bon mari, gentil et toujours heureux de me voir, je ne dois pas le décevoir. Surtout pas ce soir...
(...)
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Pour le recevoir, vous pouvez soit le commander auprès de votre libraire, mais ça prendra un certain temps, ou m'envoyer un mail à : slvbourgeois@wanadoo.fr.
En effet, après avoir été éditée chez Flammarion, Fayard, aux éditions Les Escales, chez Au diable vauvert, en Allemagne chez Piper, en poche chez Pocket, aux Editions Blanche, je viens de créer ma maison d'édition où j'ai également publié fin mai SOPHIE A MEGEVE, le 4ème volet de ma collection de Sophie, commencée chez Flammarion avec Sophie à Cannes, Sophie au Flore, Sophie à Saint-Tropez.
Sur les liens ci-dessous, vous pouvez écouter soit une courte lecture d'un extrait de mon roman En attendant que les beaux jours reviennent (que j'avais signé Cécile Harel) par la comédienne Manoëlle Gaillard, les comédiens Alain Guillo et François Berland qui lisent quatre de mes nouvelles parues dans mon recueil Brèves enfances, aux éditions Au diable vauvert, ou encore ma petite Marcelline l'aubergine qui m'interviewe sur mon écriture.
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De mes séjours à la campagne, j’ai appris que la biquette aime monter sur un point culminant et rester ainsi longtemps sans bouger, telle une statue. Que le chevreuil peut sauter 1m50, à l'arrêt, sans prendre d'élan. Que l’âne a une mémoire d’éléphant. Si son maître le bat, dix ans plus tard, il lui donnera un coup de pied, sans raison apparente, juste pour lui rendre la pareille d’un mauvais souvenir. Qu’il a besoin d’être nourri à heures fixes, sinon à force d’attendre, inquiet pour sa survie, il déprimera. Ou fomentera un eczéma. Qu’il est doté d’une intelligence logique. Pour lui faire traverser une rivière inconnue, il faut, au préalable, lui montrer que c’est possible en lui ouvrant la voie et seulement après, rassuré, il s’exécutera. Que le loriot a le même sifflement que les mauvais garçons quand ils voient passer une fille en mini-jupe dans la rue. Que le rollier n’aime pas partager son territoire, mais qu’il pratique l’empathie. Si. L’été dernier, le jour-anniversaire du décès de ma mère, je suis allongée sur mon lit, triste et pensive, quand soudain le couple de rolliers que je salue tous les matins entre dans ma chambre, effectue trois ronds au-dessus de ma tête et reparte en m’offrant une caresse de confiance dans la vie. Qu’il est primordial de laisser une ouverture dans le grenier afin que la chouette effraie s’y abrite. Qu’il est dangereux de conduire un tracteur. Que les chauve-souris font partie des chiroptères car elles volent avec leurs mains (elles s’enveloppent d’ailleurs dedans pour se protéger lorsqu’elles dorment le jour), qu'elles s’orientent à l’aide de l’écholocalisation, une sorte de sonar, c’est à dire qu’elles voient avec leurs oreilles, qu’elles passent la moitié de leur vie la tête en bas, et qu'elles ne s’accrochent pas d’emblée à vos cheveux. D’ailleurs dans leur monde de chauves-souris, vous n’existez pas, elles préfèrent croiser un moustique (une chauve-souris peut manger 3000 moustiques par nuit, l'équivalent de la moitié de leur poids, c'est l'insecticide le plus efficace qui ne pollue ni l'eau, ni le sol) ou une mite. L'été dernier, après m'être absentée pendant trois semaines, en rentrant, je suis envahie par des mites. Des centaines. Partout. Sur les murs. Au plafond. J’hésite à acheter une bombe, je n’aime pas les produits chimiques. Finalement je vais à la plage et j'oublie la bombe. Le soir, j’avais laissé les fenêtres grandes ouvertes, quatre chauves-souris volent dans le salon. Une heure plus tard, plus de mites, enfin si, trois, histoire de dire qu'elles n'avaient pas tout mangé... Qu’il ne faut pas donner de carottes aux chevaux de trait sinon il deviendra fou quand il travaillera au potager en réalisant tous les légumes qu’il pourrait bouffer maintenant qu’il en connaît le (bon) goût. Que les aubergines sont hermaphrodites, ayant leur propre pistil et étamines, leur fleur s’autoféconde sans l’intervention des insectes. Que les abeilles sont les ouvrières les moins payées de la planète et que l’homme devrait leur laisser 90% de leur miel.
J’ai également appris la patience, de me lever avec le soleil, et la solitude.
Sylvie Bourgeois
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Sylvie présente Marcelline l'aubergine
L'écrivain Sylvie Bourgeois présente son héroïne Marcelline l'aubergine, une aubergine bio, mais F1, hybride, donc modifiée et non reproductible (sous peine de voir sa descendance se dégéné...
Sylvie Bourgeois Harel
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Marcelline rencontre Patrice de Colmont au château de La Mole
Après avoir présidé l'assemblée générale de son association Avec Sylvie on sème pour la vie, Marcelline séjourne au château de La Mole où Patrice de Colmont lui raconte l'enfance d'Antoin...
Patrice de Colmont - Château de la Mole - Marcelline
Sylvie Bourgeois Harel, Marcelline l'aubergine chez Mission accomplie à Saint-Tropez, chez Sophie Lemaître
Marcelline l'aubergine
Avec Sylvie on sème pour la vie
Note d’intention
Enfant, au lieu des Claude François et Johnny Hallyday qui avaient envahi les cerveaux de mes copines, mon idole était René Dumont, le premier écologiste à s’être présenté en 1974 à l’élection présidentielle. Ses coups de gueule me fascinaient, je voulais l’épouser quand je serai plus grande.
Puis le temps a passé. Et même si ma mère, qui ne mangeait pas de viande et connaissait le nom de toutes les fleurs, plantes, champignons et oiseaux, m’a éduquée dans le respect de la faune et de la flore - il était inenvisageable d’écraser une fourmi ou d’acheter une bombe anti-moustiques, elle préférait la citronnelle et les géraniums –, je n’ai pas compris tout de suite l’importance du bio. Au contraire, je me souviens qu’il y a une vingtaine d’années, il m’arrivait de pérorer, idiotement, que je mangeais la peau des pommes sans les laver pour que mon organisme fabrique des anticorps afin de lutter contre les pesticides.
Puis un jour, le goût justement d’une pomme sur un marché paysan de Provence m’a rattrapée. Elle avait la chair rose et la douce acidité de celles que je cueillais avec ma mère dans les vergers. À partir de là, je me suis plongée dans les livres et documentaires qui dénonçaient l’agriculture industrielle, et j’ai cherché à comprendre comment il était possible de se nourrir sainement. Et en 2003, après quinze années passées dans la communication, c’est l’écriture qui m’a rattrapée, je n’avais jamais désiré écrire, mais j’ai écrit. Des romans. Des scénarios.
Et c’est donc tout naturellement qu’aujourd’hui, la web-série avec Sylvie, on sème pour la vie s’est imposée à moi. Non pas pour pousser des coups de gueule comme mon cher René Dumont, mais pour raconter à ma façon, avec humour et légèreté, au travers d’un feuilleton qui mêle amour et agroécologie, cette injustice que les semences qui sont la vie, notre vie - un grain de blé peut nourrir des milliers de personnes -, ne soient plus reproductibles.
Sylvie Bourgeois
Sylvie Bourgeois Harel au château de La Mole chez Patrice de Colmont, propriétaire du Club 55, parrain de l'association Selva -- Var
L'homme, le premier prédateur d'abeilles
Imaginez.
Vous allez au marché.
Vous choisissez les plus belles courgettes, poivrons, oignons, aubergines et tomates.
Vous rentrez chez vous.
Vous préparez avec amour une ratatouille, c'est votre plat préféré pour l'été. Vous tenez d'ailleurs la recette de votre mère qui la tenait elle-même de sa propre mère qui la tenait de sa grand-mère. C'est dire si elle est bonne.
Et au moment de passer à table, alors que vous salivez déjà, on vous enfume. Vous êtes à moitié asphyxié à tousser et à cracher vos poumons quand soudain on vous retire votre assiette et on met à la place un vieux bout de pain rassis. Vous êtes tellement sous le choc que vous ne pouvez pas vous rebeller.
Que diriez-vous ?
Et bien, c’est ce qu’il se passe avec les abeilles lorsque des hommes leur retirent leur miel qui est leur nourriture pour laquelle elle travaille toute la journée, et remplacent celle-ci par un sirop sucré.
Un sirop à base de sucre industriel. Le sucre industriel est un poison pour l’être humain, alors imaginez pour elles ! Ce sirop les affaiblit et les rend encore plus vulnérables aux agressions chimiques, aux maladies, aux pesticides, et au fait qu’elles soient industrialisées. En effet, elles sont devenues les ouvrières les moins chères du marché ! Sans compter qu'elles ont été modifiées génétiquement pour les rendre plus faibles afin qu'elles n'attaquent plus l'homme lorsque ceux-ci les pillent.
Depuis que le miel est devenu un produit de consommation courante, il n’est pas rare de trouver deux cents, voire trois ou quatre cents ruches sur un même site. Imaginez les dégâts pour les autres insectes qui jouent également leur rôle de pollinisateur et qui vont se retrouver en concurrence avec des essaims de 25000 à 50000 abeilles par ruche.
Lorsque je suis devenue marraine de SOS abeilles créée par l'Association Selva, tandis que Patrice de Colmont, le propriétaire du Club 55 devenait parrain, j’ai appris que 50% des abeilles Apis Mellefera avaient disparu. J’ai appris également que l’abeille qui est le principal pollinisateur en France vit, si elle est née au printemps, environ 6 semaines durant lesquelles elle produit en milieu naturel 1 gramme de miel et que pour en obtenir un kilo, 1000 abeilles peuvent parcourir jusqu’à 800 000 km (soit 20 fois le tour de la planète) en 250 000 heures.
Nous sommes bien d’accord que l’homme ne devrait rien prendre aux abeilles, mais puisque la vie est faite de compromis, j’ai appris également qu’on ne les mettait pas en danger si on leur prenait 10 à 15% maximum de leur production. Mais surtout pas plus.
Si vous voulez les aider, appeler SOS abeilles qui propose des hôtels à abeilles que vous pouvez poser sur votre propriété ou sur un terrain communal. Dans ces cas, on leur laisse leur miel. L’idée est qu’elles vivent en paix, qu’elles pollènisent et se reproduisent à leur rythme. En effet, l’abri est volontairement petit pour qu’au bout d’un ou deux ans, la reine se sente à l’endroit et ait envie d’aller essaimer à l’extérieur pour créer de nouveaux essaims. Chaque hôtel à abeilles est livré et installé chez vous au bon endroit pour que les abeilles se sentent en sécurité, avec un essaim d’environ 20000 abeilles noires qui sont sauvages, et donc beaucoup plus résistantes que ces pauvres abeilles qui ont été sélectionnées et modifiées afin qu’elles deviennent plus dociles.
Alors, et si vous faisiez comme moi ? Si vous investissiez dans l’hôtellerie de plein air, un investissement pour la vie ?
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S.O.S Abeilles Selva |Association Selva | protection abeilles | environnement | Abeille noire | PACA
L'association Selva s'investit dans la protection des abeilles : film/débats, fabrication et mise en place d'abris avec des essaims d'abeilles noires.
Sylvie Bourgeois - Patrice de Colmont - Projection salle Albert Raphaël à Ramatuelle du documentaire Les voyageurs sans trace
En 1938, Bernard de Colmont, explorateur et anthropologue, entraîne sa jeune épouse Geneviève à descendre avec lui et son ami Antoine de Seynes, les fleuves Green River et Colorado River aux États-Unis, en kayak. Après le succès de leur expédition, dès leur retour en France, ils deviennent des héros racontant au travers de multiples interviews leur incroyable aventure, Geneviève fait même la couverture de Marie-Claire. Équipés d'une caméra, ils ramènent des images de leur exploit, en effet, ils sont les premiers à être revenus vivants. En 1942, sort leur film, La rivière enchantée, réalisé par Roger Verdier. Mais la Seconde Guerre mondiale arrive coupant court à leurs réjouissances et aux multiples conférences auxquelles ils étaient invités pour raconter leurs péripéties.
En 2015, 77 ans plus tard, 3 jeunes américains refont cette expédition dont Ian McCluskey réaliser un documentaire, Voyagers without trace, mêlant films d'archives et images d'aujourd'hui où les jolis kayaks en bois, les mêmes que ceux des Inuits sont remplacés par des kayaks modernes de couleurs vives.
En 1955, Bernard de Colmont crée avec sa femme le restaurant Le Club 55 sur la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, près de Saint-Tropez, après avoir découvert ce lieu idyllique en 1947 alors qu'il tournait un documentaire sur le transport d'oranges. Il revient s'y installer peu de temps avec son épouse et ses deux fils et finit par acquérir un bout de terrain au bord de l'eau.
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Interview Patrice de Colmont, Film Les voyageurs sans trace
Patrice de Colmont, le propriétaire du Club 55, raconte à notre chroniqueuse-écrivain Sylvie Bourgeois le voyage de noces de ses parents : la descente en kayak, en 1938, des fleuves des fleuves ...
Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - club 55 - Ramatuelle - Plage de Pampelonne
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Patrice de Colmont, entre joie et émotion
Patrice de Colmont confie à notre chroniqueuse écrivain, Sylvie Bourgeois Harel, sa joie et son émotion de découvrir, en compagnie du public de Ramatuelle dans une salle archi comble, le ...
http://www.french-life.tv/Patrice-de-Colmont-entre-joie-et-emotion_a303.html
Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Salle Albert Raphaël Ramatuelle - les voyageurs sans trace
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Documentaire Les voyager sans trace de Ian cluskey
Ian Mc Cluskey, réalisateur, et John Waller, cameraman, sont terriblement émus. Non seulement, la salle Albert-Raphaël de Ramatuelle était comble pour la projection de leur documentaire, (une ...
Paul Kuthe - John Waller - Sylvie Bourgeois Harel - Les Voyageurs sans trace - Salle Albert Raphaël Ramatuelle
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Voiles de Saint-Tropez : le défi tant attendu de la Club 55 Cup.
http://www.french-life.tv/Voiles-de-Saint-Tropez-le-defi-tant-attendu-de-la-Club-55-Cup_a288.html
André Beaufils - Patrice de Colmont - Eugénia Grandchamp des Raux - Sylvie Bourgeois Harel - Club 55 - Club 55 Cup - Voiles de Saint-Tropez - Le Club 55
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Jean-Pierre Botella expose Patrice Racois sur la mythique plage du Club 55 à Pampelonne
Jusqu'à fin octobre le sculpteur Patrice Racois, sous l'impulsion de son galeriste Jean-Pierre Botella (JPB Art. Saint-Tropez), expose Ordre et désordre, une imposante sculpture en acier cortene ...
Club 55 - Patrice Racois représenté par Jean-Pierre Botella et invité par Patrice de Colmont
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La cuvée Belle Vendange, de la Ferme des Bouis au Club 55
Amélie et Nicolas Drion, qui s'occupent de la Ferme du Vallon des Bouis, la propriété agroécologique de Patrice de Colmont, qui détient également avec sa soeur Véronique de Colmont le Club 5...
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Épisode 2 - Marcelline et la ferme des Bouis à Ramatuelle
Marcelline retourne à la Ferme du Vallon des Bouis, propriété agroécologique de Patrice de Colmont, qui possède également avec sa soeur Véronique le Club 55, sur la plage de Pampelonne à Ra...