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Sylvie Bourgeois Harel - Saint-Tropez - La Ponche

Sylvie Bourgeois Harel - Saint-Tropez - La Ponche

Saint-Tropez du XVème au XVIIème siècle
 
Comprendre l'Histoire, le passé, essayer de recréer les situations à partir des documents d'archives, me passionne. Et comme j'aime Saint-Tropez où j'ai choisi de venir vivre, il y a deux ans, je me plais à connaître son histoire. Je trouve que les grands oubliés des textes racontant la Bravade qui a lieu, chaque année, les 16, 17 et 18 mai sont ces vingt-et-un chefs de famille génois qui sont venus avec leur famille, au XVème siècle, repeupler, reconstruire et défendre Saint-Tropez qui était, depuis quatre-vingt ans, déserté par les Tropéziens partis se réfugier dans les terres, lassés d'être constamment attaqués par les pirates et les barbaresques.
 
En effet, en 1470, un acte de transaction a été signé devant maître Jean Pauletti, notaire de Grimaud, entre le seigneur de Grimaud, Jean de Cossa, âgé de 70 ans, et le seigneur de Ligure, Raphaël de Garezzo, qui est ainsi devenu le nouveau seigneur de Saint-Tropez.
 
Ces vingt-et-un chefs de famille génois étaient présents et ont également signés cet acte qui allait changer leur existence puisqu'ils ont abandonné leur Italie natale pour venir vivre à Saint-Tropez où tout était à recréer, une aventure hors norme. Ils ne parlaient même pas la langue.
 
Ces chefs de famille à qui l'on doit la reconstruction, la protection et la défense de Saint-Tropez, que Jean de Cossa n'avait pas réussi à obtenir, en vingt-neuf ans, avec les Provençaux locaux, puisque le roi René lui avait donné ces terres qui correspondent à l'actuel Golfe de Saint-Tropez en 1441 avec l'ordre de les repeupler et de les défendre, sont :
 
Raphaël de Garezzio
Egregius Paulus
Ramens Thomasi de Montegrosso
Joanes Calvi
Joannes Martin
Valentinus Barberi
Domenicus Riquerini
Petrus Barberi
Paulus Raimondi
Romeus Roubie
Guillemus Bertolie
Antonius Massa
Trenquerius de Trenqueria
Domenicus Millo
Albertus Brugone
Philippus Augery
Joannes Lambert
Bartholo-meus de Pornaria
Antonius Leoni
Bartholomeus Molinari de Augusta
Liade di Loro
 
Dans cet acte ratifié par le roi René le 18 janvier 1472, il est stipulé que ces vingt-et-un chefs ainsi que leur famille, seront francs, libres et exempts d'impôt. En échange, il devront défendre le littoral de Sainte-Maxime à Cavalaire.
 
Sous les ordres de Raphaël de Garezzio, ceux-ci, aidés de leur personnel, soldats, employés, ouvriers, maçons, qu'ils aveint emmenés avec eux, ont immédiatement bâti des habitations, construit des remparts, élevé deux tours de défense. Ils se sont également vaillamment battus entre 1474 et 1475 contre des pirates espagnols venus les attaquer, parvenant à capturer deux de leurs grandes galères et cinq galiotes.
 
Les Tropéziens rassurés sont alors revenus habiter dans leur cité, entraînant certainement des mariages, mais aussi des disputes et des rivalités puisqu'en 1558, il a été décidé afin qu'aucun de ces hommes ne puisse prendre le pouvoir de cette communauté somme toute très libre et très riche puisque personne ne payait d'impôts, qu'un Capitaine de Ville serait élu chaque Lundi de Pâques, ayant toute autorité sur Saint-Tropez, mais seulement durant une année.
 
Sylvie Bourgeois Harel
 
Pour connaître l'histoire de la Bravade :
https://www.sylviebourgeois.com/2025/05/la-bravade-de-saint-tropez.html
Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine en bravadeuses

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine en bravadeuses

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine en bravadeuses

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine en bravadeuses

Sylvie Bourgeois Harel - Bravade - Saint-Tropez

Sylvie Bourgeois Harel - Bravade - Saint-Tropez

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La Bravade de Saint-Tropez

La Bravade de Saint-Tropez
 
Tous les ans, les 16, 17 et 18 mai, à Saint-Tropez, nous fêtons la Bravade, une fête autant religieuse que militaire, en hommage au Chevalier Torpes, martyr chrétien qui donna son nom au village, ainsi qu'aux hommes, Génois et Tropéziens, qui, durant un siècle, défendirent avec bravoure le village des nombreuses attaques maritimes fomentées par les barbaresques.
 
Côté militaire, tout a commencé en 1441. Le roi René donne les terres désertées depuis 1388 de l'actuel Golfe de Saint-Tropez à Jean de Cossa, seigneur de Grimaud, en lui intimant l'ordre de repeupler Saint-Tropez dont les habitants, lassés d’être régulièrement envahis par les pirates et autre ennemis, s’étaient réfugiés dans les campagnes loin du littoral.
 
Le 15 octobre 1470, Cossa signe une convention avec Raphaël Garezzo, seigneur de Pornassio, afin que celui-ci envoie vingt-et-une familles génoises vivre à Saint-Tropez. Ces vingt-et-un chefs de famille, que des nobles, ont donc emmené avec eux leur femme, leurs enfants, leurs cousins, leurs oncles, leurs serviteurs, paysans, boulangers, marins, soldats, mais aussi des mauvais garçons qu'ils ont pu faire sortir du bagne car il leur fallait des hommes costauds, sans peur, et qui surtout savaient se battre. C'est d'ailleurs pour cette raison que certains s'appelaient, par exemple, Quindici qui veut dire quinze en italien. Ces bagnards n'ayant plus d'identité, ils ont donc été enregistrés sous le chiffre de leur matricule de prisonnier qui avait été gravé au fer à rouge sur leur avant-bras.
 
En échange d'une franchise fiscale, d'une immunité totale (pour les bagnards), d'une exonération d'impôts et d'une autonomie en armes, ces Italiens devaient rebâtir le port, construire des remparts, et surtout défendre la cité.
 
C’est ainsi que sans aucune contrainte royale, bénéficiant d'une totale liberté, une véritable communauté solidaire et unie - la mairie achetait le blé pour le redistribuer équitablement, donnait de l'argent aux filles-mères pour subvenir à leurs besoins -, s'est alors établie. Petit à petit, les Tropéziens sont revenus vivre dans leur village, s'alliant avec ces Génois pour le meilleur et pour le pire. Afin qu'il n'y ait aucun dérapage de prise de pouvoir, dès 1558, chaque Lundi de Pâques, un Capitaine de Ville était nommé pour seulement un an. Sa mission était de former et de diriger la milice locale.
 
Mais le 20 juillet 1672, Louis XIV décida de stopper cette fabuleuse organisation. Une garnison royale fut dépêchée pour remplacer la milice locale. Le roi exigea également le paiement des impôts. Les Tropéziens, furieux de perdre leur indépendance, leur liberté et leurs privilèges financiers, alors qu’ils avaient su repousser tout seuls et vaillamment, de nombreux ennemis, décidèrent de continuer de nommer chaque année, à chaque lundi de Pâques, à titre honorifique, un Capitaine de Ville, afin que les générations suivantes n'oublient jamais leur bravoure et leur courage. Encore aujourd'hui, un Capitaine de Ville est nommé le Lundi de Pâques pour un an, et défile en tête de la Bravade.
 
Côté religieux, la Bravade honore Saint Torpes. Nous sommes le 29 avril de l'an 68. Lors de l'inauguration, à Pise, d'un temple dédié à la déesse Diane, l'Empereur Néron, qui était polythéiste, demande au chef de sa garde personnelle, le Chevalier Torpes, d'adjurer sa foi chrétienne. Celui-ci refuse. Furieux, Néron le fait flageller, mais le poteau auquel il était attaché, tombe tuant le bourreau. Néron le fait alors jeter aux fauves, mais ceux-ci se couchent aux pieds de Torpes. Néron ordonne sa décapitation. Le corps sans tête du chevalier est mis dans une barque avec un coq et un chien censés le dévorer.
 
La barque a dérivé sur le fleuve Arno, puis a rejoint la Méditerranée et a fini par s'échouer le 17 mai de la même année sur la plage d’Héracléa avec, à son bord, le corps intact du Chevalier Torpes qui est devenu le Saint-Patron de Saint-Tropez à qui il donna son nom. Le coq s'est s'envolé vers des champs de lin, donnant son nom au village de Cogolin et le chien donna son nom à celui de Grimaud qui veut dire vieux chien en provençal.
 
Les bravadeurs qui font partie de l’association Les Amis de la Bravade défilent de façon très protocolaire en uniformes militaires anciens, tandis que les femmes, en tenues provençales, dansent. Entre les coups de tromblons qui résonnent dans tout le village, la clique joue du fifre et des tambours. Quant à Torpes, son buste, après être sortt de façon très solennelle de l’église, prend la tête d’une longue procession religieuse dans les ruelles. Des messes sont également prévues avec bénédiction des armes et des bouquets de fleurs rouge et blanches. Le rouge et le blanc étant les couleurs de la cité, tous les Tropéziens s'habillent ainsi.
 
La Bravade est la fête des résistants, un hymne à la liberté.
 
C'est bruyant, joyeux, sérieux et émouvant.
 
Sylvie Bourgeois Harel
Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine

Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine

Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel

Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel

Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine

Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline l'aubergine

Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel

Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel

Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel

Bravade de Saint-Tropez - Sylvie Bourgeois Harel

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