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J'aime ton mari — Le choix des libraires
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Florence Darel "J'aime ton mari" une lecture à la Fée Maraboutée du roman de Sylvie Bourgeois
Florence Darel "J'aime ton mari" une lecture à la Fée Maraboutée du roman de Sylvie Bourgeois. Quelques extraits devant un public conquis. www.lefashionpost.com
Florence Darel -Sylvie Bourgeois Harel - Boutique La Fée maraboutée du Marais - Paris IV
Extrait. Emma, bluffée par l’aplomb du businessman, le félicite aussitôt.
– Merci, vous êtes mon Zorro ! Grâce à des hommes comme vous, on peut espérer que le genre humain n’est pas totalement foutu.
– Si. Croyez-moi, on est trop nombreux sur terre. Des réactions violentes, comme celle-ci, vont être de plus en plus courantes.
– Que faire alors ?
– Avoir un gun, de l’argent et du pouvoir. Pourquoi croyez-vous que le pilote ne m’a rien dit alors que j’ai été plutôt grossier ? Il a senti que j’étais plus puissant que lui. La vie n’est qu’un rapport de force, une lutte de territoire.
– Mince alors, j’ai tout faux, j’ai tout misé sur la bienveillance. Avec votre raisonnement, je devrais être morte depuis longtemps.
– Vous êtes en état de survie comme tous vos semblables trop gentils. Prenez soin de vous, je dois rejoindre mon siège et ma femme.
J'aime ton mari de Sylvie Bourgeois
chez Adora (Paris)
http://www.20minutes.fr/livres/1302742-20140227-20140219-j-aime-mari-sylvie-bourgeois-chez-ador-paris-france
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J'aime ton mari — Le choix des libraires
Emma, mathématicienne au CNRS, vilain petit canard de sa famille, préférant sauver l'Amazonie que son apparence, se rend au Cap d'Antibes, au luxueux mariage de sa demi-soeur âgée de 20 ans.
Mal à l'aise dans ce monde d'argent éloigné de ses valeurs, elle découvre que ni André, son séduisant nouveau beau-frère, ni Léonard, le mari taciturne de sa soeur aînée, ne correspondent à l'image qu'elle s'en faisait.
Coachée par Fred, coiffeur des stars qui la transforme en bombe sexuelle, et Charlotte, experte en conseils amoureux, notre Cendrillon peu habituée aux attentions masculines va faire tourner la tête de tous les invités.
Le thème du mariage revisité sous la plume vive et espiègle de Sylvie Bourgeois.
Romancière et scénariste, Sylvie Bourgeois a publié plusieurs livres dont les fameux Sophie à Cannes et Sophie au Flore chez Flammarion Une adaptation cinématographique de J'aime ton mari est en cours.
1) Qui êtes-vous ? !
Je m'appelle Sylvie Bourgeois Harel. J'écris depuis 10 ans, date de la parution de mon premier roman Lettres à un Monsieur aux Éditions Blanche. Dorénavant, je signe mes livres sous deux noms, Sylvie Bourgeois et Cécile Harel pour différencier mes deux styles d'écriture, Sylvie Bourgeois pour mes romans drôles et légers comme Sophie à Cannes ou Sophie au Flore parus chez Flammarion et Cécile Harel pour des romans plus bouleversants pour En attendant que les beaux jours reviennent parus aux Escales l'année dernière et actuellement chez Pocket (et en mai en Allemagne chez Piper) ou pour mon prochain livre, L'Architecte, qui sortira en 2015.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La quête amoureuse.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Pour Emma, avoir une copine excessivement fille capable de discuter pendant des heures de mecs et de sexe était nouveau.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Euh... Voulez-vous coucher avec moi ce soir ?... En fait il s'agit du morceau sur lequel danse Fred pendant sa longue discussion avec Léonard...
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La joie, l'humour, la réflexion, un état d'esprit plutôt positif.
Poupée
Une nouvelle de mon recueil Brèves enfances paru aux éditions Au Diable Vauvert
J’ai eu peur et pourtant je n’ai rien dit. Je ne dis jamais rien. Au début, j’ai crié, mais personne ne m’a entendu. Ou ne m’a répondu, je ne sais plus. Pourtant j’ai eu peur et aussi très froid. C’est sa main sur ma bouche qui m’a entraînée. Pas très loin, mais quand même, suffisamment pour que je ne puisse pas appeler ma maman. J’ai toujours rêvé d’être fille unique. Mais je suis la dernière de six garçons, ça n’aurait jamais marché. Dans l’intervalle où j’ai eu mal, j’ai pensé à la mort. J’ai 9 ans et l’année dernière, ma mémé est morte d’un cancer. Elle a beaucoup souffert. Pauvre vieille mémé. En même temps, elle n’a jamais eu de frère aîné. Vivement que je sois vieille.
J’ai eu peur et froid, mais je n’ai rien dit. Pour ne plus avoir mal, j’ai pensé à la petite souris qui allait passer juste au moment où je n’étais plus dans mon lit. Du coup, elle ne me laissera pas d’argent pour ma dent que j’avais glissée sous mon oreiller. J’étais bien embêtée car si elle se plaignait à ma maman de ne pas m’avoir trouvée, je me ferai gronder. Je m’en fiche, quand je serai grande, je serai curé. J’ai crié et il m’a tapée. Non, je serai une poupée. Toujours bien coiffée et maquillée. Et je cracherai dans la bouche des garçons qui voudront m’embrasser, le souvenir de cette nuit où j’ai cessé de rêver. Le prince charmant, je vous assure, il n’a rien de marrant.
La terre a vacillé. Mon ventre s’est fracassé. Un verre s’est cassé. Ma lèvre a saigné. J’ai passé ma langue sur le trou de ma dent en moins. Si mon chien avait été là, il l’aurait mordu. Mais il était attaché dehors. Le pauvre. Il devait avoir froid. Et peur aussi. Même s’il a les yeux pour voir la nuit. D’ailleurs, au Japon, il paraît qu’il y a tellement de pollution que les hommes doivent mettre des masques à gaz pour respirer. Demain, je me coudrai les jambes pour ne plus être tâchée. En Chine, ils font ça avec les petites filles, ils leur cousent les pieds. Comme ça, elles ne peuvent plus marcher. Elles restent à la maison. Elles tricotent. Ma maman aussi, elle m’a tricoté un pull rose, mais elle ne l’a pas encore terminé. Elle a toujours trop à faire avec mes frères à qui elle doit faire à manger. Ma maman, je l’aime alors je me tais. Ça lui ferait trop de peine si elle savait.
Quand je serai grande, je me noierai. Pour le moment, je suis trop petite et je n’ai pas le droit d’aller toute seule à la mer. C’est pour ça aussi qu’il m’a pris par la main pour me faire descendre à la cave. Pourtant, j’ai les mêmes yeux que mon chien pour voir la nuit et j’ai très bien vu ses yeux qui faisaient du bruit comme s’il était essoufflé alors que c’est moi qui aurais dû crier. Le monde, il est mal fait, il est à l’envers. Qu’est-ce que je serai bien sans mes frères. Il y a une fille dans mon école qui est fille unique. Je n’en suis pas jalouse, mais je l’envie. La journée, elle peut se promener avec sa maman, tandis que la mienne, elle est toujours fatiguée.
Je ne sais pas qui choisit notre vie. Mais quand je serai grande, je lui dirai que ce n’est pas vrai, ce n’est pas à cheval, la première fois où j’ai saigné. Même si c’est vrai que je ne monte plus de poney et qu’un jour, mon papa, il m’achètera une jument, ce n’est pas à cause de l’équitation que je n’apprends plus mes leçons. Je suis molle, molle comme la poupée que j’ai confectionnée et que j’ai habillée avec ma robe d’été. Elle a des cheveux jaunes comme les miens sont blonds. Et des grands yeux bleus qui savent que cette nuit n’était pas normale. Et sa bouche aussi se tait comme la mienne pour ne pas faire de peine à ma maman. Quand je serai grande, j’apprendrai à pleurer. Et aussi à écrire. Pour le décrire.
Sylvie Bourgeois Harel
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Sylvie Bourgeois, Brèves enfances, Henri, nouvelle - Écrivain
Le comédien Alain Guillo lit Henri, une nouvelle de la romancière Sylvie Bourgeois, parue dans son recueil BRÈVES ENFANCES publié au Diable Vauvert, maison d...
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Sylvie Bourgeois, Brèves enfances, Mon papa est curé, nouvelle - Écrivain
Le comédien François Berland lit Mon papa est curé, une nouvelle de l'écrivain Sylvie Bourgeois, parue dans son recueil Brèves enfances, publié par la maison...
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Sylvie Bourgeois, Brèves enfances, La dame bleue, nouvelle - Écrivain
Marcelline lit La dame bleue, une nouvelle de la romancière Sylvie Bourgeois, parue dans son recueil BRÈVES ENFANCES publié au Diable Vauvert, maison d'éditi...
Je m'assieds sur le rebord du lit. Je prends ma mère dans mes bras. Son regard est absent. Je l’embrasse et lui parle. Je la remercie de m’avoir mise au monde, de nous avoir offert l’existence. Je lui raconte notre vie. Entre souvenirs et baisers, j’essaye d’arrêter le temps. Je veux qu’elle me réponde. Qu’elle me dise qu’elle m’entend. Mais non. Il ne reste que sa plainte infinie qui gémit.
Il est midi. Je sens les battements du cœur de ma mère se ralentir, s’affaiblir. Ses inspirations ressemblent maintenant à un long et douloureux râle. Mon cœur se règle sur le sien. Ses expirations s’espacent de plus en plus comme si elle retenait son souffle. Je me mets à compter, un, deux, trois… huit secondes. Elle expire toutes les huit secondes. Seulement. Ce n’est pas suffisant. Je pense au temps. Au temps qui s’agrandit. Qui part. Un, deux, trois… dix secondes. C’est affolant. Maman, non. Pas maintenant. Maman, non. Un, deux, trois… quinze secondes. C’est le silence. Non, maman. Le rien. L’attente. Le non espoir. Le temps suspendu. Je veux retarder le moment de la fin. Je lui demande de respirer encore une fois. Pour moi. Pour nous. Pour la vie.
Ma mère est l’amour de ma vie. Je l’ai toujours protégée, adorée. J’ai besoin d’elle. Je le lui dis : maman, j’ai besoin de toi. Respire maman. Respire. Respire. Je suis si concentrée à tenter de la maintenir encore un peu en vie que je ne peux pas pleurer. Respire maman. Respire. Respire. Elle finit par inspirer un très long râle. Puis de nouveau, rien. Elle est calme. Silencieuse. Fermée. Je compte, un, deux, trois… dix secondes… vingt secondes. Ma tête est vide. Je ne pense qu’à compter les secondes qui la retiennent de l’éternité. Respire maman. Respire. Respire encore une fois pour moi, maman. S’il te plait. Il le faut, il le faut. J’en ai besoin, maman. Elle inspire alors une nouvelle fois, très profondément, comme si elle m’avait entendu et qu’elle était d’accord pour rester, avec moi, dans notre intimité si limitée par le temps qu’il nous restait. Merci maman. Merci mon amour. Merci.
Soudain sa tête glisse et vient se blottir contre ma poitrine. Sa bouche se fige. À moitié ouverte. Ses yeux se fixent. Grands ouverts. Je regarde l’heure. Treize heures. Ma mère est morte à treize heures. Son agonie aura duré trois heures. Je la tiens serrée dans mes bras. Je ne peux pas la quitter. André se lève, vient l’embrasser, puis sort de la chambre, en larmes. Je caresse les joues de ma mère. Je lisse ses cheveux frisés. Ils sont trempés. Epuisés d’avoir lutté. Je veux imprimer son visage à jamais. Je la regarde. Je la regarde. Je la regarde. Je ne veux pas l’oublier. Au revoir maman, je t’aime maman. Au revoir maman. Je t’aime maman. Je pose ma main sur ses yeux et, avec mes doigts, je fais glisser ses paupières pour les fermer à jamais. C’est un geste que je n’ai jamais fait, que l’on ne m’a jamais appris, et que pourtant j’ai su faire. Ce geste me ramène à la réalité. Ma mère est morte et je n’ai plus personne à aimer.
... Sauf qu’un matin, il a plu. On a eu notre journée de congé. J’ai enfilé ma robe débardeur en daim beige avec mes bottes plates assorties, et je suis partie en stop à Sainte-Estelle voir ma mère. Elle me manquait. Une Rolls m’a pris. Il avait l’air gentil. À moins que ce soit la berline la cause de cette impression. Il y avait des embouteillages, alors il a bifurqué sur un petit chemin. On s’est retrouvé dans la campagne. Je ne me suis pas méfiée quand il m’a répété que j’étais jolie et qu’il aimerait m’offrir un grand coiffeur et des beaux habits. Mais quand il a fermé la voiture et s’est arrêté dans un terrain désert bordé d’arbres au dessus d’une colline, c’était trop tard. Je ne pouvais plus m’enfuir. Mon corps s’est glacé. L’effroi est revenu. C’était foutu. Je n’arrivais pas à crier. J’ai essayé de le taper, de lui échapper. J’ai tout tenté. Il ne m’a laissé aucune issue. Ce n’est pas vrai qu’on peut s’enfuir quand un homme est sur vous et qu’il vous tient et vous menace avec son couteau planté sous votre gorge. Et quand il vous donne des coups, et vous tire les cheveux, et vous tord les poignets, et vous colle contre lui pour vous maitriser et déchirer votre culotte, vous ne pouvez ni le mordre, ni le tuer. Quand il s’est enfoncé, je n’ai pu que haïr les hommes. Encore. Je me suis tellement débattue que j’ai réussi à ouvrir la porte. J’ai cru pouvoir décamper. Mais il m’a rattrapée et m’a collée la tête contre un arbre. Ma seule victoire a été qu’il n’arrive pas à éjaculer en moi. Ça l’a énervé. Il a hurlé que j’étais trop conne. Si j’avais été plus gentille, il aurait fait de moi la reine de Saint-Tropez. Je me suis sentie tellement sale que je n’ai pas noté son numéro d’immatriculation. Je ne l’ai pas dénoncé aux policiers non plus. Je n’en ai pas parlé. Le silence comme protection. Le silence en destruction. Le silence en négation. La douleur, de toute façon, je savais depuis longtemps comment l’anesthésier. Tout comme la jouissance d’ailleurs. Ça ne m’était jamais venu à l’esprit que mon vagin pouvait servir à me donner du plaisir. C’était ma boîte à secrets, fermé. Avec une clef d’effroi. Point. Ma boîte de Pandore. Inutile de l’ouvrir.
J’étais seule responsable du choix de ma si jolie robe en daim beige avec les bottes plates assorties. C’était écrit. Comme une continuité. À force de fuir ceux qui m’aimaient pour ne plus être aimée, je faisais de mon corps une victime toute tracée. Je suis rentrée à pied, en bus, je me suis lavée dans la mer, puis je suis allée chez Sénéquier m’acheter des brioches et des pains au chocolat et des tartes et des croissants pour me faire croire que c’était à cause de toutes ces pâtisseries que j’étais autant écœurée.
En fin d’après-midi, j’ai demandé à ma maman la permission d’aller au village avec ma copine Sandrine pour acheter des bonbons. Elle m’a dit oui et de ne pas traîner. Je me suis habillée avec mon short en coton rayé rose et vert qui fait un peu comme une culotte mais qui est quand même un short et mes sandales que ma maman m’a achetées chez Bailly. Elles sont très belles. Quand je les ai essayées, j’avais retenu ma respiration et fait le vœu que ma maman dise oui. Elle m’a juste demandé si j’étais sûre que je n’allais pas me tordre les pieds avec. J’ai dix ans et ce sont mes premières compensées.
Quand nous sommes arrivés au Miramar, c’est l’immeuble qui délimite la fin de notre quartier d’été où il n’y a que des maisons de vacances au bord de la mer, un monsieur nous a abordé. Bonjour, je suis un ami de vos papas, il nous a dit. Ah bon ? On lui a répondu sans s’intéresser à lui. Mais il a insisté qu’il connaissait bien nos papas, et nos mamans aussi et il s’est mis entre nous deux. Et comment ils vont vos papas ? Il nous a demandé. Et vos mamans ? Et nous, comme on est polies avec les amis de nos parents, on lui a répondu qu’ils allaient très bien d’autant plus qu’il était grand et un peu terrifiant.
Soudain, j’ai senti la main du monsieur dans mon short qui faisait un peu culotte, mais qui était quand même un short. J’ai regardé Sandrine, mais elle était partie à lui raconter sa vie avec ses quatre sœurs. J’ai essayé de l’interrompre, mais elle regardait droit devant elle à continuer de parler en faisant la maligne car c’est le genre de copine à vite faire la maligne. Ca ne m’étonnerait pas d’ailleurs qu’elle ait déjà embrassé un garçon en cachette de ne me l’avoir dit car une année de vacances d’été, on s’adore, et l’année d’après, on se déteste, c’est parce qu’elle est jalouse que je sois fille unique avec mes parents qui sont très beaux. Forcément, elle m’envie, et en même temps, je la comprends, je préfère ma vie à la sienne.
Soudain les doigts du copain de mon papa ont caressé mon minou et ont même essayé de rentrer dedans. Quelle drôle d’idée, je me suis dit et je n’ai pas osé lui demander ce qu’il faisait car j’avais peur de me faire gronder par mon papa qui aime que je sois bien élevée. Le monsieur, il avait des ongles mal coupés et qui devaient certainement être sales car j’ai senti une boule remonter dans ma gorge. J’ai même eu mal au cœur et je ne pouvais plus respirer tant j’étais oppressée, quand soudain j’ai pensé je ne sais pas comment à lui demander le prénom de mon papa qu’il connaissait si bien. Il m’a répondu Léon, puis Roger, puis Bernard tout en allant encore plus loin dans mon short et très vite et ça commençait à m’énerver vraiment cette intrusion. Quand j’ai compris qu’il ne connaissait pas mon papa et donc qu’il n’y avait aucune raison qu’il caresse mon minou, j’ai pris la main de Sandrine et je l’ai entraînée à courir très vite avec moi jusqu’à ma maison. Tant pis pour mes bonbons.
J’ai couru jusqu’à ma maman et je lui ai tout raconté. Elle a hurlé. Puis elle est allée chercher mon papa et m’a demandé de lui montrer où tout cela s’était passé. On a laissé Sandrine car elle n’avait pas eu les doigts du monsieur dans sa culotte. Faut dire qu’elle est beaucoup moins jolie que moi car elle a du poil sur les fesses et aussi de la moustache parce qu’elle est très brune. Je trouve d’ailleurs que pour une petite fille, c’est plus joli d’être blonde avec les yeux bleus comme moi, la preuve, le monsieur, il ne s’y est pas trompé.
Avec mes parents, on est rentré partout dans les immeubles pour chercher le monsieur que ma maman appelle le satyre. Puis quand on est allé dans un bar-tabac pour parler avec le patron, soudain, je l’ai vu passer dans la rue. J’ai essayé de le montrer à mes parents, mais je n’y arrivais pas tellement j’étais sans voix. Finalement, j’ai réussi à tirer la manche de ma maman et elle a compris que c’était lui. Elle lui a aussitôt couru après, suivi de mon papa, puis du patron et aussi de tous les clients qui voulaient savoir ce qu’il se passait. Finalement, ils ont réussi à l’attraper et ma maman lui a posé plein de questions, elle était remontée comme ce n’était pas possible. Après un moment, il s’est avéré que c’était un pauvre garçon qui passait ses vacances tout seul. Un garçon pas très malin d’après ce que j’ai compris. Enfin quand même suffisamment malin pour comprendre qu’un short c’est bien pratique pour y mettre sa main. Ils ont discuté pendant longtemps même qu’à un moment, je me suis dit que j’avais le temps d’aller m’acheter mes bonbons. Mais les gendarmes sont arrivés et on est rentré à la maison.
Le soir, j’ai eu le droit de dormir dans le lit de ma maman qui m’a expliqué ce qu’était un satyre et que je ne devais plus jamais forcément croire ce que me disaient les grands et que même si elle m’avait éduqué le respect des adultes, et bien, parfois il y en avait comme ce pauvre garçon qu’il ne fallait pas écouter. Et que dorénavant pour tout simplifier, je ne devais plus jamais parler à qui que ce soit que je ne connaissais pas s’il était âgé que moi. Je lui ai répondu que je pouvais aussi me mettre à détester tous les garçons, comme ça je ne ferais plus jamais de confusion et ce serait encore plus pratique pour mon éducation. Que c’était même la meilleure solution.
Ce fut ma plus belle nuit. J’adore dormir avec ma maman. Ca ne m’arrive pas assez souvent. Le satyre, il peut bien revenir, comme ça mon papa, il dormira encore sur le divan.
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Sylvie Bourgeois, Brèves enfances, La dame bleue, nouvelle - Écrivain
Marcelline lit La dame bleue, une nouvelle de la romancière Sylvie Bourgeois, parue dans son recueil BRÈVES ENFANCES publié au Diable Vauvert, maison d'éditi...
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Sylvie Bourgeois, Brèves enfances, Mon papa est curé, nouvelle - Écrivain
Le comédien François Berland lit Mon papa est curé, une nouvelle de l'écrivain Sylvie Bourgeois, parue dans son recueil Brèves enfances, publié par la maison...
Sam, mon chien quand j'étais enfant

Ma mère, Hélène Bourgeois, décédée le 7 juillet 1997

Hélène Bourgeois, à 16 ans

Hélène Bourgeois (née Onimus), à 22 ans, à Nermier (Jura)

Mon père, Pierre Bourgeois, décédée le 4 octobre 1996

Pierre Bourgeois, enfant dans le Haut-Doubs

Mes grands-parents paternels, Achille et Cécile Bourgeois

Mes grands parents maternels

Bébé

À 2 ans avec ma mère

À l'inauguration de l'atelier de mon père

Avec ma Nathalie qui est toujours ma meilleure amie

À 23 ans


Sur Shenandoah pendant une Nioulargue

Sylvie Bourgeois - Shenandoah - Nioulargue
Lettres à un monsieur
Roman - Editions Blanche - 2003 - Sylvie Bourgeois

EXTRAIT :
Je suis voluptueusement abandonnée sur mon lit à faire l’amour avec mes mots qui sont les seuls amis à qui je peux confier mon intimité. Enfermée sur ces pages de papier pour t’exprimer mes rêves de sexualité, mon esprit imprégné de ta sensualité voudrait lécher les verbes tels que sucer, pénétrer, haleter, savourer, cambrer, écarter, soupirer, mouiller, succomber.
Mon sexe s’ouvre pour y faire entrer des mots tels que ravissement, émotion, enchantement, chaleur, emballement, gaieté, abandon détermination, révélation.
Mon émoi à ton égard cherche dans mes pensées les mots pour te fantasmer et ne pas risquer d’être frustrée par ta manière de me désirer. C’est une autre façon de te faire l’amour.
Je t’ai rêvé me pénétrer. Tu étais dans mon cerveau excité et passionné à le caresser. Cette extraordinaire et rare sollicitation me provoquait une inconnue et douce sensation de plénitude. Glissant dans cette masse nerveuse qui, sur ton passage, s’embellissait, se dynamisait, se réveillait, tu voulais tout sentir, tout toucher, tout connaître de ce monde inconnu qui s’offrait à toi avec une volupté confondante.
Ta curiosité a réussi à ouvrir certaines portes que je croyais avoir fermées à jamais d’où se sont délicieusement échappés les mots sérénité, calme, assurance, quiétude, paix, félicité.
Excité par mes gémissements de plaisir qui résonnaient telle une symphonie, tu as joui dans ma tête, arrosant avec délectation ce noyau fertile qui t’attendait pour se développer, se dévoiler et se révéler.
Puis tu es redevenu homme, homme sur moi, épuisé par cette victoire non conventionnelle. Mes seins se sont alors extraordinairement gonflés pour mieux t’accueillir, t’honorer, te soulager.
Léger comme une plume, mon corps s’enivrait de toi pour que chaque grain de ma peau te soit le plus délicieux des massages.
Assis sur ton visage, mon sexe s’est pressé fortement à ta bouche afin de filtrer pour toi l’air que tu respires.
Je t’ai sucé avec tendresse, délicatesse, exigence, concentration, douceur, protection. Chaque recoin de ta verge était sollicité. Ma salive qui bavait tant et si bien, a formé une vague géante de plaisir et a noyé ton sexe dans un tourbillon d’ivresse. Tes genoux fléchissaient. Ton corps tremblait. Ta bouche me réclamait. Je te suçais avec une fougue nouvelle, témoin de mon tempérament révélé.
Ma passion à te désirer a pénétré ton sexe et les mots sur lesquels je me suis masturbée pour les préparer à être le sensuel reflet de mes pensées sont entrés dans ton esprit créant de fabuleux frissons jusqu’alors inconnus.
Ces mots tels que confiance, sentiment, sincérité, amour, intuition, allégresse lui ont insufflé de vivre heureux. Une boule de feu d’une énergie incommensurable a envahi ta tête et a brûlé à jamais tes insatisfactions, tes frustrations, tes craintes. La puissance de ce plaisir rêvant de te faire crier de bonheur a anéanti tous les usurpateurs qui t’enferment.
Ces jouissances nouvelles, fulgurantes, libératrices prennent leur source dans un espace merveilleux qui s’appelle liberté, douceur, désir, plaisir, respect, vérité.
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Tous les prénoms ont été changés, le nouveau roman de Sylvie Bourgeois Harel
Tous les prénoms ont été changés, le nouveau roman de Sylvie Bourgeois Harel est une histoire d'amour dans laquelle la jalousie s'immisce. L'écrivain Sylvie Bourgeois aime écrire sur l'amour ...
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Sylvie Bourgeois, En attendant que les beaux jours reviennent - Écrivain
Manoëlle Gaillard lit un extrait d'En attendant que les beaux jours reviennent, un roman de Sylvie Bourgeois, qu'elle a signé Cécile Harel, paru aux Editions Les Escales, groupe Éditis, sous la...
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Sylvie Bourgeois, Brèves enfances, La dame bleue, nouvelle - Écrivain
Marcelline lit La dame bleue, une nouvelle de la romancière Sylvie Bourgeois, parue dans son recueil BRÈVES ENFANCES publié au Diable Vauvert, maison d'édition créée par Marion Mazauric. Écr...
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SAINT TROPEZ / Daniel et Gin CREMIEUX ont rencontré Sylvie BOURGEOIS à Saint-Tropez lorsqu'elle a travaillé un mois d'août sur la plage. Le Planteur à Ramatuelle. Une amitié est née. Ils lui proposent de l'embaucher. Sylvie découvre alors Paris et travaille dans leur boutique de la rue Marbeuf avant de s'envoler vers d'autres horizons.
Sylvie Bourgeois Harel - Boutique Daniel Crémieux - Saint-Tropez