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Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline fêtent avec leurs amis les ânes, à la Ferme des Bouis, la première année de leur chaîne YouTube

Sylvie Bourgeois Harel et Marcelline fêtent avec leurs amis les ânes, à la Ferme des Bouis, la première année de leur chaîne YouTube

Patrice de Colmont - Marcelline - Sylvie Bourgeois Harel - Club 55 - Août 2018

Patrice de Colmont - Marcelline - Sylvie Bourgeois Harel - Club 55 - Août 2018

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - La Ferme Les Bouis - Ferme du Club 55

Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - La Ferme Les Bouis - Ferme du Club 55

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On oublie toujours quelque chose, un recueil de nouvelles de Sylvie Bourgeois Harel

On oublie toujours quelque chose, un recueil de nouvelles de Sylvie Bourgeois Harel

MONICA

Je ne sais jamais quoi offrir à mon mari que j’aime d’amour, j’ai toujours l’impression que ça lui fait ni chaud, ni froid. Tandis que moi, les cadeaux, j’adore les recevoir, c’est même tout un art, je deviens si joyeuse que c’est un véritable plaisir de m’en faire. Si. Je dis toujours merci même s'ils ne me plaisent pas, je ne fais jamais la tête, non, au contraire, je deviens gaie comme une enfant. Mon côté enfant, même avec le temps, n’a d'ailleurs jamais totalement disparu, j’aime encore le rose, les cœurs et dépenser l’argent de mon mari comme si c’était celui que me donnait ma maman. C’est peut-être une histoire de confiance. Mes économies, je les garde au cas où il me quitterait, je me consolerai avec. Si je ne sais jamais quoi lui acheter, c’est peut-être pour lui offrir, par anticipation, sa liberté. Ça peut paraître compliqué, mais je me comprends.

En revanche, pour ses 50 ans, je dois marquer le coup. Je suis bien ennuyée d’autant que Magali, sa nouvelle employée, est drôlement bien roulée. En plus, elle n’arrête pas de lui dire combien il est intelligent, talentueux, formidable. Et les hommes, le mien comme les autres, c’est fragile. À force de trop le flatter, elle va finir par me le gâter. Ce serait dommage car c’est un bon mari, gentil et toujours heureux de me voir, je ne dois pas le décevoir. Surtout pas ce soir...

(...)

Vous pouvez lire la suite de ma nouvelle érotique MONICA dans mon nouveau recueil ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE qui vient de paraître.

Pour le recevoir, vous pouvez soit le commander auprès de votre libraire, mais ça prendra un certain temps, ou m'envoyer un mail à : slvbourgeois@wanadoo.fr.

En effet, après avoir été éditée chez Flammarion, Fayard, aux éditions Les Escales, chez Au diable vauvert, en Allemagne chez Piper, en poche chez Pocket, aux Editions Blanche, je viens de créer ma maison d'édition où j'ai également publié fin mai SOPHIE A MEGEVE, le 4ème volet de ma collection de Sophie, commencée chez Flammarion avec Sophie à Cannes, Sophie au Flore, Sophie à Saint-Tropez.

Sur les liens ci-dessous, vous pouvez écouter soit une courte lecture d'un extrait de mon roman En attendant que les beaux jours reviennent (que j'avais signé Cécile Harel) par la comédienne Manoëlle Gaillard, les comédiens Alain Guillo et François Berland qui lisent quatre de mes nouvelles parues dans mon recueil Brèves enfances, aux éditions Au diable vauvert, ou encore ma petite Marcelline l'aubergine qui m'interviewe sur mon écriture.

MONICA
Sylvie Bourgeois Harel

Sylvie Bourgeois Harel

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Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont -Marcelline l'aubergine au Club 55

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont -Marcelline l'aubergine au Club 55

Pierre Rabhi - Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont

Pierre Rabhi - Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont

Patrice de Colmont, Sylvie Bourgeois, au Club 55, à Ramatuelle sur la plage de Pampelonne

Patrice de Colmont, Sylvie Bourgeois, au Club 55, à Ramatuelle sur la plage de Pampelonne

Sylvie Bourgeois Harel, Marcelline l'aubergine chez Mission accomplie à Saint-Tropez, chez Sophie Lemaître

Sylvie Bourgeois Harel, Marcelline l'aubergine chez Mission accomplie à Saint-Tropez, chez Sophie Lemaître

Marcelline l'aubergine

Avec Sylvie on sème pour la vie

Note d’intention

Enfant, au lieu des Claude François et Johnny Hallyday qui avaient envahi les cerveaux de mes copines, mon idole était René Dumont, le premier écologiste à s’être présenté en 1974 à l’élection présidentielle. Ses coups de gueule me fascinaient, je voulais l’épouser quand je serai plus grande.

 

Puis le temps a passé. Et même si ma mère, qui ne mangeait pas de viande et connaissait le nom de toutes les fleurs, plantes, champignons et oiseaux, m’a éduquée dans le respect de la faune et de la flore - il était inenvisageable d’écraser une fourmi ou d’acheter une bombe anti-moustiques, elle préférait la citronnelle et les géraniums –, je n’ai pas compris tout de suite l’importance du bio. Au contraire, je me souviens qu’il y a une vingtaine d’années, il m’arrivait de pérorer, idiotement, que je mangeais la peau des pommes sans les laver pour que mon organisme fabrique des anticorps afin de lutter contre les pesticides.

 

Puis un jour, le goût justement d’une pomme sur un marché paysan de Provence m’a rattrapée. Elle avait la chair rose et la douce acidité de celles que je cueillais avec ma mère dans les vergers. À partir de là, je me suis plongée dans les livres et documentaires qui dénonçaient l’agriculture industrielle, et j’ai cherché à comprendre comment il était possible de se nourrir sainement. Et en 2003, après quinze années passées dans la communication, c’est l’écriture qui m’a rattrapée, je n’avais jamais désiré écrire, mais j’ai écrit. Des romans. Des scénarios.

 

Et c’est donc tout naturellement qu’aujourd’hui, la web-série avec Sylvie, on sème pour la vie s’est imposée à moi. Non pas pour pousser des coups de gueule comme mon cher René Dumont, mais pour raconter à ma façon, avec humour et légèreté, au travers d’un feuilleton qui mêle amour et agroécologie, cette injustice que les semences qui sont la vie, notre vie - un grain de blé peut nourrir des milliers de personnes -, ne soient plus reproductibles.

Sylvie Bourgeois

 

Sylvie Bourgeois Harel au Club 55, partenaire de la web-série Marcelline l'aubergine

Sylvie Bourgeois Harel au Club 55, partenaire de la web-série Marcelline l'aubergine

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Sylvie Bourgeois Harel - Marraine d'abeilles - Le Club 55

Sylvie Bourgeois Harel - Marraine d'abeilles - Le Club 55

Sylvie Bourgeois Harel au château de La Mole chez Patrice de Colmont, propriétaire du Club 55, parrain de l'association Selva -- Var

Sylvie Bourgeois Harel au château de La Mole chez Patrice de Colmont, propriétaire du Club 55, parrain de l'association Selva -- Var

L'homme, le premier prédateur d'abeilles

Imaginez.

Vous allez au marché.

Vous choisissez les plus belles courgettes,  poivrons, oignons, aubergines et tomates.

Vous rentrez chez vous.

Vous préparez avec amour une ratatouille, c'est votre plat préféré  pour l'été. Vous tenez d'ailleurs la recette de votre mère qui la tenait elle-même de sa propre mère qui la tenait de sa grand-mère. C'est dire si elle est bonne.

Et au moment de passer à table, alors que vous salivez déjà, on vous enfume. Vous êtes à moitié asphyxié à tousser et à cracher vos poumons quand soudain on vous retire votre assiette et on met à la place un vieux bout de pain rassis. Vous êtes tellement sous le choc que vous ne pouvez pas vous rebeller.

Que diriez-vous ?

Et bien, c’est ce qu’il se passe avec les abeilles lorsque des hommes leur retirent leur miel qui est leur nourriture pour laquelle elle travaille toute la journée, et remplacent celle-ci par un sirop sucré.

Un sirop à base de sucre industriel. Le sucre industriel est un poison pour l’être humain, alors imaginez pour elles ! Ce sirop les affaiblit et les rend encore plus vulnérables aux agressions chimiques, aux maladies, aux pesticides, et au fait qu’elles soient industrialisées. En effet, elles sont devenues les ouvrières les moins chères du marché ! Sans compter qu'elles ont été modifiées génétiquement pour les rendre plus faibles afin qu'elles n'attaquent plus l'homme lorsque ceux-ci les pillent.

Depuis que le miel est devenu un produit de consommation courante, il n’est pas rare de trouver deux cents, voire trois ou quatre cents ruches sur un même site. Imaginez les dégâts pour les autres insectes qui jouent également leur rôle de pollinisateur et qui vont se retrouver en concurrence avec des essaims de 25000 à 50000 abeilles par ruche.

Lorsque je suis devenue marraine de SOS abeilles créée par l'Association Selva, tandis que Patrice de Colmont, le propriétaire du Club 55 devenait parrain, j’ai appris que 50% des abeilles Apis Mellefera avaient disparu. J’ai appris également que l’abeille qui est le principal pollinisateur en France vit, si elle est née au printemps, environ 6 semaines durant lesquelles elle produit en milieu naturel 1 gramme de miel et que pour en obtenir un kilo, 1000 abeilles peuvent parcourir jusqu’à 800 000 km (soit 20 fois le tour de la planète) en 250 000 heures.

Nous sommes bien d’accord que l’homme ne devrait rien prendre aux abeilles, mais puisque la vie est faite de compromis, j’ai appris également qu’on ne les mettait pas en danger si on leur prenait 10 à 15% maximum de leur production. Mais surtout pas plus.

Si vous voulez les aider, appeler SOS abeilles qui propose des hôtels à abeilles que vous pouvez poser sur votre propriété ou sur un terrain communal. Dans ces cas, on leur laisse leur miel. L’idée est qu’elles vivent en paix, qu’elles pollènisent et se reproduisent à leur rythme. En effet, l’abri est volontairement petit pour qu’au bout d’un ou deux ans, la reine se sente à l’endroit et ait envie d’aller essaimer à l’extérieur pour créer de nouveaux essaims. Chaque hôtel à abeilles est livré et installé chez vous au bon endroit pour que les abeilles se sentent en sécurité, avec un essaim d’environ 20000 abeilles noires qui sont sauvages, et donc beaucoup plus résistantes que ces pauvres abeilles qui ont été sélectionnées et modifiées afin qu’elles deviennent plus dociles.

Alors, et si vous faisiez comme moi ? Si vous investissiez dans l’hôtellerie de plein air, un investissement pour la vie ?

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Patrice de Colmont, Paul Kuthe, Anna Brones, John Waller et Sylvie Bourgeois Harel au Club 55

Patrice de Colmont, Paul Kuthe, Anna Brones, John Waller et Sylvie Bourgeois Harel au Club 55

Sylvie Bourgeois - Patrice de Colmont - Projection salle Albert Raphaël à Ramatuelle du documentaire Les voyageurs sans trace

Sylvie Bourgeois - Patrice de Colmont - Projection salle Albert Raphaël à Ramatuelle du documentaire Les voyageurs sans trace

En 1938, Bernard de Colmont, explorateur et anthropologue, entraîne sa jeune épouse Geneviève à descendre avec lui et son ami Antoine de Seynes, les fleuves Green River et Colorado River aux États-Unis, en kayak. Après le succès de leur expédition, dès leur retour en France, ils deviennent des héros racontant au travers de multiples interviews leur incroyable aventure, Geneviève fait même la couverture de Marie-Claire. Équipés d'une caméra, ils ramènent des images de leur exploit, en effet, ils sont les premiers à être revenus vivants. En 1942, sort leur film, La rivière enchantée, réalisé par Roger Verdier. Mais la Seconde Guerre mondiale arrive coupant court à leurs réjouissances et aux multiples conférences auxquelles ils étaient invités pour raconter leurs péripéties.

En 2015, 77 ans plus tard, 3 jeunes américains refont cette expédition dont Ian McCluskey réaliser un documentaire, Voyagers without trace, mêlant films d'archives et images d'aujourd'hui où les jolis kayaks en bois, les mêmes que ceux des Inuits sont remplacés par des kayaks modernes de couleurs vives.

En 1955, Bernard de Colmont crée avec sa femme le restaurant Le Club 55 sur la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, près de Saint-Tropez, après avoir découvert ce lieu idyllique en 1947 alors qu'il tournait un documentaire sur le transport d'oranges. Il revient s'y installer peu de temps avec son épouse et ses deux fils et finit par acquérir un bout de terrain au bord de l'eau.

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Sylvie Bourgeois Harel

Sylvie Bourgeois Harel

Poupée

Une nouvelle de mon recueil Brèves enfances paru aux éditions Au Diable Vauvert

J’ai eu peur et pourtant je n’ai rien dit. Je ne dis jamais rien. Au début, j’ai crié, mais personne ne m’a entendu. Ou ne m’a répondu, je ne sais plus. Pourtant j’ai eu peur et aussi très froid. C’est sa main sur ma bouche qui m’a entraînée. Pas très loin, mais quand même, suffisamment pour que je ne puisse pas appeler ma maman. J’ai toujours rêvé d’être fille unique. Mais je suis la dernière de six garçons, ça n’aurait jamais marché. Dans l’intervalle où j’ai eu mal, j’ai pensé à la mort. J’ai 9 ans et l’année dernière, ma mémé est morte d’un cancer. Elle a beaucoup souffert. Pauvre vieille mémé. En même temps, elle n’a jamais eu de frère aîné. Vivement que je sois vieille.

J’ai eu peur et froid, mais je n’ai rien dit. Pour ne plus avoir mal, j’ai pensé à la petite souris qui allait passer juste au moment où je n’étais plus dans mon lit. Du coup, elle ne me laissera pas d’argent pour ma dent que j’avais glissée sous mon oreiller. J’étais bien embêtée car si elle se plaignait à ma maman de ne pas m’avoir trouvée, je me ferai gronder. Je m’en fiche, quand je serai grande, je serai curé. J’ai crié et il m’a tapée. Non, je serai une poupée. Toujours bien coiffée et maquillée. Et je cracherai dans la bouche des garçons qui voudront m’embrasser, le souvenir de cette nuit où j’ai cessé de rêver. Le prince charmant, je vous assure, il n’a rien de marrant.

La terre a vacillé. Mon ventre s’est fracassé. Un verre s’est cassé. Ma lèvre a saigné. J’ai passé ma langue sur le trou de ma dent en moins. Si mon chien avait été là, il l’aurait mordu. Mais il était attaché dehors. Le pauvre. Il devait avoir froid. Et peur aussi. Même s’il a les yeux pour voir la nuit. D’ailleurs, au Japon, il paraît qu’il y a tellement de pollution que les hommes doivent mettre des masques à gaz pour respirer. Demain, je me coudrai les jambes pour ne plus être tâchée. En Chine, ils font ça avec les petites filles, ils leur cousent les pieds. Comme ça, elles ne peuvent plus marcher. Elles restent à la maison. Elles tricotent. Ma maman aussi, elle m’a tricoté un pull rose, mais elle ne l’a pas encore terminé. Elle a toujours trop à faire avec mes frères à qui elle doit faire à manger. Ma maman, je l’aime alors je me tais. Ça lui ferait trop de peine si elle savait.

Quand je serai grande, je me noierai. Pour le moment, je suis trop petite et je n’ai pas le droit d’aller toute seule à la mer. C’est pour ça aussi qu’il m’a pris par la main pour me faire descendre à la cave. Pourtant, j’ai les mêmes yeux que mon chien pour voir la nuit et j’ai très bien vu ses yeux qui faisaient du bruit comme s’il était essoufflé alors que c’est moi qui aurais dû crier. Le monde, il est mal fait, il est à l’envers. Qu’est-ce que je serai bien sans mes frères. Il y a une fille dans mon école qui est fille unique. Je n’en suis pas jalouse, mais je l’envie. La journée, elle peut se promener avec sa maman, tandis que la mienne, elle est toujours fatiguée.

Je ne sais pas qui choisit notre vie. Mais quand je serai grande, je lui dirai que ce n’est pas vrai, ce n’est pas à cheval, la première fois où j’ai saigné. Même si c’est vrai que je ne monte plus de poney et qu’un jour, mon papa, il m’achètera une jument, ce n’est pas à cause de l’équitation que je n’apprends plus mes leçons. Je suis molle, molle comme la poupée que j’ai confectionnée et que j’ai habillée avec ma robe d’été. Elle a des cheveux jaunes comme les miens sont blonds. Et des grands yeux bleus qui savent que cette nuit n’était pas normale. Et sa bouche aussi se tait comme la mienne pour ne pas faire de peine à ma maman. Quand je serai grande, j’apprendrai à pleurer. Et aussi à écrire. Pour le décrire.

Sylvie Bourgeois Harel

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EN ATTENDANT QUE LES BEAUX JOURS REVIENNENT (roman que j'ai signé Cécile Harel)

... Sauf qu’un matin, il a plu. On a eu notre journée de congé. J’ai enfilé ma robe débardeur en daim beige avec mes bottes plates assorties, et je suis partie en stop à Sainte-Estelle voir ma mère. Elle me manquait. Une Rolls m’a pris. Il avait l’air gentil. À moins que ce soit la berline la cause de cette impression. Il y avait des embouteillages, alors il a bifurqué sur un petit chemin. On s’est retrouvé dans la campagne. Je ne me suis pas méfiée quand il m’a répété que j’étais jolie et qu’il aimerait m’offrir un grand coiffeur et des beaux habits. Mais quand il a fermé la voiture et s’est arrêté dans un terrain désert bordé d’arbres au dessus d’une colline, c’était trop tard. Je ne pouvais plus m’enfuir. Mon corps s’est glacé. L’effroi est revenu. C’était foutu. Je n’arrivais pas à crier. J’ai essayé de le taper, de lui échapper. J’ai tout tenté. Il ne m’a laissé aucune issue. Ce n’est pas vrai qu’on peut s’enfuir quand un homme est sur vous et qu’il vous tient et vous menace avec son couteau planté sous votre gorge. Et quand il vous donne des coups, et vous tire les cheveux, et vous tord les poignets, et vous colle contre lui pour vous maitriser et déchirer votre culotte, vous ne pouvez ni le mordre, ni le tuer. Quand il s’est enfoncé, je n’ai pu que haïr les hommes. Encore. Je me suis tellement débattue que j’ai réussi à ouvrir la porte. J’ai cru pouvoir décamper. Mais il m’a rattrapée et m’a collée la tête contre un arbre. Ma seule victoire a été qu’il n’arrive pas à éjaculer en moi. Ça l’a énervé. Il a hurlé que j’étais trop conne. Si j’avais été plus gentille, il aurait fait de moi la reine de Saint-Tropez. Je me suis sentie tellement sale que je n’ai pas noté son numéro d’immatriculation. Je ne l’ai pas dénoncé aux policiers non plus. Je n’en ai pas parlé. Le silence comme protection. Le silence en destruction. Le silence en négation. La douleur, de toute façon, je savais depuis longtemps comment l’anesthésier. Tout comme la jouissance d’ailleurs. Ça ne m’était jamais venu à l’esprit que mon vagin pouvait servir à me donner du plaisir. C’était ma boîte à secrets, fermé. Avec une clef d’effroi. Point. Ma boîte de Pandore. Inutile de l’ouvrir.

J’étais seule responsable du choix de ma si jolie robe en daim beige avec les bottes plates assorties. C’était écrit. Comme une continuité. À force de fuir ceux qui m’aimaient pour ne plus être aimée, je faisais de mon corps une victime toute tracée. Je suis rentrée à pied, en bus, je me suis lavée dans la mer, puis je suis allée chez Sénéquier m’acheter des brioches et des pains au chocolat et des tartes et des croissants pour me faire croire que c’était à cause de toutes ces pâtisseries que j’étais autant écœurée.

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Sylvie Bourgeois -Saint-Tropez - Var-Matin - Juillet 2016

Sylvie Bourgeois -Saint-Tropez - Var-Matin - Juillet 2016

extrait page 100 :

... — Mais Raphaël, continue Gaspard, notre petit dernier, est né avec une malformation cardiaque. Il a fallu l’opérer. Il est resté plusieurs semaines entre la vie et la mort. C’était l’horreur. Valérie passait son temps à l’hôpital. Quand notre enfant a enfin pu rentrer à la maison, Valérie, au lieu d’être contente d’avoir son bébé sauvé, n’arrêtait pas de râler après les placards de la cuisine que je n’avais pas encore fixés au mur. Je n’avais jamais le temps. Posés à même le sol, ils étaient à la hauteur de notre aîné dont le grand jeu était de prendre les provisions et de tout faire tomber. Ça l’amusait beaucoup. Valérie, pas du tout. Elle se mettait à hurler que j’étais nul, que je la baisais mal, que j’avais gâché ses plus belles années. Je ne comprenais pas ses reproches. Puis un jour, j’ai compris. Le problème ne venait pas de mes placards, mais du chirurgien qui avait pris soin de Raphaël. Valérie, que j’avais admirée dans son rôle de mère exemplaire, paniquée à l’idée de perdre notre bébé malade, passait en fait ses journées, non pas auprès de notre enfant mourant, mais dans les bras de ce médecin. En larmes ‒ pourquoi faut-il toujours que les femmes pleurent quand elles nous font du mal ? ‒, elle m’a avoué vouloir vivre avec lui. Ils avaient, paraît-il, les mêmes visions de construction de leur avenir. Le mien fut démoli dans la seconde. Boum !

Gaspard mime avec ses doigts la détente d’un coup de pistolet sur sa tempe. Devant la violence du geste, Sophie sursaute et fait un bond en arrière.

— Lors du divorce, poursuit Gaspard, ma femme a tout obtenu, la garde des enfants, de la maison et une pension conséquente calculée sur mes anciens revenus. Je me suis retrouvé criblé de dettes, à vivre dans un studio pourri. Le pire, c’est que je ne supportais pas l’idée que mes fils soient élevés par ce médecin qui n’avait eu aucune éthique en se faisant passer pour un réparateur de bébé afin de séduire Valérie. J’ai pété les plombs. Je me suis mis à picoler. Les placards de mon studio me rappelaient mon aîné. Je les ai détruits à la hache. Je les ai détruits en hurlant. En pleurant. À force de pleurer, toutes mes bouteilles se sont vidées. Quand je n’en pouvais plus, je prenais ma voiture et je roulais pour m’éloigner de ma douleur. Les corniches n’avaient aucun secret pour moi. Le ravin n’était jamais loin. Il m’aurait suffi de ne plus tourner le volant, mais il me fallait rester vivant pour mes enfants. Le petit dernier n’arrivait à s’endormir que posé sur ma poitrine, le rythme lent de mon cœur le rassurait, le pauvre chéri avec sa cicatrice qui le marquerait à vie. Qu’est-ce que j’ai pu rouler ! Je roulais pour aller ailleurs. Pour aller là où je n’étais pas. Je roulais partout et aussi dans ma tête. Surtout dans ma tête. C’était là où je roulais le plus vite. Des images cauchemardesques défilaient devant mes yeux, des cafards par milliers, des araignées gigantesques, des siamoises à la poitrine exubérante. Un jour, j’ai même vu un dauphin déguisé en chirurgien qui faisait de la trottinette. Plus je roulais, plus je le voyais. Pour ne plus le voir, j’ai arrêté de rouler et donc de créer. À partir de là, plus aucune idée ne sortait de mes mains et mes crayons tombaient de ma tête. Valérie a fini par me faire interner dans une clinique psychiatrique. Quand j’ai réalisé que la fenêtre de ma chambre donnait sur l’hôpital où elle avait sucé ce salaud de docteur chargé de réparer mon bébé malade du cœur, ça m’a rendu encore plus dingue. On m’a gardé enfermé pendant deux mois. Pour me soigner de la solitude dans laquelle ma femme m’avait abandonné, j’ai couché avec quelques filles paumées.

Impressionnée de la facilité avec laquelle Gaspard livre son intimité, Sophie toussote. Elle ne s’attendait pas à avoir ce genre de conversations douloureuses à Saint-Tropez. Au royaume de la futilité et des célébrités, elle se demande comment elle s’est débrouillée pour tomber sur la seule personne qui va aussi mal qu’elle, si ce n’est plus mal.

— Ces sirènes maniacodépressives m’ont redonné confiance, reprend Gaspard. Troublée par leur délicieuse asthénie, ma virilité de dauphin-architecte a retrouvé de sa superbe. La nuit, je sautais de chambre en chambre. L’une de ces déesses de la frustration avait raconté aux médecins que mon sexe était une épée magique qui avait réussi à vaincre sa mélancolie, une autre qu’il était la meilleure piqûre d’antidépresseurs qui ne l’ait jamais pénétrée. En fait, leurs psychotropes agissaient sur leurs hormones et stimulaient leur libido. Ça baise beaucoup en HP.

— Ah bon ? s’étonne Sophie avec une petite voix éraillée.

J’ai bien fait de refuser le séjour en maison de repos que m’avait proposé l’hôpital, se dit-elle pendant que Gaspard lui explique qu’après son séjour épicurien dans cette formidable clinique sexuelle, il était retombé amoureux de l’alcool, alors qu’il n’y avait plus droit.

— Je te la fais courte. Quand je suis sorti, je n’en menais pas large. Je n’avais plus d’argent. Quand tu es faible, les charognards viennent te bouffer la laine sur le dos. Des clients ont commencé à ne pas payer mes honoraires comme s’il y avait écrit sur mon front Couillon qui travaille gratuitement pour le plaisir de créer de la beauté. Ce qui n’est pas totalement faux, avoir des idées suffit à me rendre heureux. Les pénalités de retard des impôts, de l’Urssaf, se sont accumulées. J’ai été entraîné dans un engrenage administratif impossible à stopper. Je devais du fric partout. Les huissiers ont fini par débarquer chez moi. Je leur ai dit que j’étais une tortue Hermann, une espèce protégée du massif des Maures, et qu’ils n’arriveraient jamais à m’expulser de ma carapace qui me servait de bouclier pour me protéger de mon salopard de banquier qui avait coupé ma carte bleue. Ça ne les a pas fait rire. Ils ont volé mon scooter. Mais pas ma voiture. Je l’avais bien cachée. N’empêche, ils ont réussi à me mettre à la rue.

— Et tu as fait quoi ? demande Sophie interloquée par cette avalanche de confessions désolantes.

— Calou, continue Gaspard, a proposé de m’héberger dans sa maison près de Rennes, mais je ne voulais pas d’un chez-moi chez lui. Je préférais dormir dans des petits hôtels quand j’avais trois sous. Sinon, c’était dans ma voiture. Mon essence préférée était la vodka. Comme les Vikings. Je commençais mes journées par un grand verre, puis j’allais m’entraîner au tir à l’arc pour pouvoir un jour décocher une flèche empoisonnée dans le cœur du docteur qui avait brisé le mien. Il vaut mieux d’ailleurs que ce vaurien ne croise jamais la route du Viking que je suis devenu. Je ne vais pas rester éternellement le gentil architecte qui se fait tout piquer.

Gaspard se relève sur son siège et se met à chanter à tue-tête :

         Les coups ah quand ils vous arrivent

         Oh oui, oui, ça fait mal

— J’ai aussi un nunchaku, ajoute-t-il, l’air menaçant.

Sous le choc de la vague de désespoir de Gaspard, Sophie reste muette. Elle aimerait avoir la trousse à outils adéquate pour lui ouvrir le cerveau et percevoir qui il est réellement. Et pourquoi pas, le réparer aussi un peu au passage !

— Et pour clore le tableau, un jour est arrivé où je ne pouvais plus payer mes assurances professionnelles. Il faut savoir qu’en tant qu’architecte, je suis responsable de tous les corps de métier que je fais bosser. Si un plombier rate son évier ou un carreleur son sol, c’est moi qui raque. Sans assurance, je ne pouvais plus travailler. Mon banquier qui trouvait que j’étais déjà trop à découvert a refusé de m’accorder un crédit supplémentaire. Je me noyais et au lieu de me tendre la main pour que je me remette à niveau afin de m’acquitter de mes dettes, ce salopard a appuyé sur ma tête pour me faire couler. N’étant pas à jour de mes cotisations, j’ai été rayé de l’Ordre des architectes. Je n’avais plus le droit d’exercer mon métier. Ce qui est un comble, ajoute-t-il en tapotant affectueusement la cuisse de Sophie, car l’Ordre des decins n’a jamais daigné répondre à ma plainte concernant un chirurgien voleur de femmes et d’enfants, les miens en l’occurrence. Allez, fous les gaz, Sophie ! Je vais te guider jusqu’à chez moi.

Interloquée, elle règle les rétroviseurs et son siège qu’elle avance au maximum.

— Ah, oui, j’ai aussi oublié de te dire que je suis interdit bancaire. Heureusement, un client me paye au noir sinon je serais mort. La France assiste les escrocs, pas les honnêtes gens. Si j’avais monté une société, j’aurais pu déposer tranquillou le bilan, me mettre au chômage, planter mes fournisseurs et me faire bronzer les fesses avec mes indemnités. Mais en profession libérale, je n’ai aucune protection sociale et je suis responsable jusqu’au dernier sou. Et si je meurs demain, mes gosses hériteront de mes créances. Tu te rends compte, je n’ai même pas de quoi payer l’opération de mon chien qui a un cancer. Et si je ne l’opère pas, il meurt. Et mon saligaud de banquier ne veut pas m’avancer les 1 500 euros dont j’ai besoin. Je t’assure, c’est une sale race, les banquiers, toujours à vous épier. Avec le mien, c’est bien simple, il m’est impossible de travailler. Il passe son temps à me harceler, à se renseigner sur mes futures rentrées. Comme si je le savais ! Je suis architecte, merde, pas comptable. Qu’on me donne des maisons à construire, pas des chiffres à additionner ! Quand j’ai choisi ce métier, j’avais l’ambition d’ériger des musées, de bâtir des tours, de dresser des gratte-ciel, pas de passer mes journées à négocier avec un abruti pour obtenir un crédit. Je suis un raté, Sophie. Voilà, ma petite tourterelle, si toi ou ta copine qui cherche désespérément un mec, vous voulez vous taper un looser, c’est le moment, sourit-il étrangement.

— Comment sais-tu que Géraldine cherche un mec ?

— Ça se sent à dix mille kilomètres qu’elle est seule. C’est désolant d’ailleurs toutes ces femmes célibataires. Si ça ne tenait qu’à moi, je les consolerais toutes, mais elles ne veulent pas d’un paumé. Les filles d’aujourd’hui veulent des vainqueurs. C’est là où elles se trompent. Parce que les vainqueurs, ils n’ont ni l’envie, ni le temps de s’occuper d’elles, puisque ce qui les motive, c’est de gagner !

— C’est ce que je me tue à expliquer à mes copines qui veulent des mecs dont elles puissent admirer la réussite professionnelle, ajoute Sophie, étonnée de la perspicacité de Gaspard. Moi ce qui m’épaterait chez un homme, ce serait sa capacité à m’aimer quoi que je fasse, même quand je suis bête ou que je pue de la bouche ou que je fais des prouts qui chlinguent. Voilà, je veux pouvoir rire avec lui de mes défauts et qu’il soit fier que je sois la seule à lui donner autant de plaisir au lit. C’est ce qui me ferait l’aimer encore plus.

Sophie tourne la tête pour reculer et découvre à l’arrière, cachée sous le brancard, une minuscule machine à laver le linge.

— C’est un problème les habits, dit Gaspard. Comme mon souci est d’être autonome, j’ai toujours une culotte propre dans ma mallette d’architecte. Les nanas apprécient que je sois soigné. Je te promets, le mec qui a un slip de rechange avec lui, il marque des points. J’ai réussi à bricoler un truc pour brancher l’arrivée d’eau de ma machine aux canalisations des maisons des femmes qui m’ont accepté dans leur lit.

— Tu as eu beaucoup de fiancées ?

— Il ne faut pas poser ce genre de questions, ma colombe, elles vont te faire du mal. Sache juste que c’est grâce à toutes ces filles que je suis encore en vie. Quand tu crois que tu n’as plus rien, eh bien, il te reste de bien faire l’amour. C’est le seul luxe des pauvres. Les couples friqués explosent quand ils ne baisent plus ensemble, c’est bien connu. Ma femme a arrêté de baiser quand je n’ai plus eu d’argent. Ce n’était peut-être qu’une grosse pute. Va savoir ?

— Va savoir, répète Sophie, pensive.

— Une grosse pute que j’aime toujours.

...

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Bravo à Laurent Bertolotto, chef du Club 55, un restaurant situé sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle, dans le Var, au cœur du Golfe de Saint-Tropez et du Massif des Maures. Depuis 28 ans, Laurent Bertolotto régale les clients du Club 55 avec ses délicieuses recettes provençales qu’il tient de sa grand-mère. Fidèle aux traditions de la région, le 25 décembre, jour de Noël, Laurent met au menu du jour, la soupe au petit épeautre ainsi que les treize desserts dont la fameuse pompe à l’huile. Pendant la saison, il cuisine avec les légumes provenant de la ferme des Bouis à Ramatuelle et du château de La Mole, propriétés agroécologiques de Patrice de Colmont qui détient avec sa soeur Véronqiue le Club 55, et qui cultive sa production en agriculture biologique sans produits chimiques, ni pesticides, aidé par un cheval de trait.

 

Recette de la soupe au petit épeautre :

Pour 4 personnes :

150 gr d’épeautre

2 carottes

1 poireau

1 navet

1 courgette

1 oignon

2 gousses d’ail

1 bouquet garni de laurier et de thym

Pancetta ou lard fumé ou rien du tout si vous êtes végétarien

1 bouillon de volaille mais uniquement si vous l’avez préparé vous-même, il est conseillé de réduire sa consommation de denrées industrielles

 

Rincer l’épeautre et laisser le tremper pendant 1 heure

Laver, éplucher et couper en tout petits dés vos légumes

Émincer les oignons et écraser l’ail au couteau

 

Jeter votre pancetta ou lard dans une poêle sèche et chaude, le faire rissoler jusqu’à ce que la graisse soit partie

Dans une autre poêle, mettre de l’huile d’olive en bonne quantité, jeter l’ail écrasé, le faire le fondre afin de donner du goût à votre huile, puis ajouter les oignons et baisser le feu, mettre ensuite les carottes, remuer, les poireaux, remuer, répéter pour tous vos légumes

Laisser cuire 20 minutes à feu doux

Ajouter votre pancetta ou lard fumé, puis de l’eau bouillie (compter ½ litre par personne)

Dès que l’eau bout à nouveau, saler, poivrer, ajouter le petit épeautre, le laurier et le thym

Laisser cuire 1 heure 30

Au moment de servir, ajouter dans chaque assiette un peu d’huile d’olive, du poivre et du pecorino romano râpé (c’est un fromage italien proche du parmesan)

 

Le petit épeautre est la céréale la plus ancienne plantée par l’homme, environ 10000 ans, et qui n’a pas connu de transformation génétique. Elle pousse à 400 m d’altitude dans le Sud-Est de la France, notamment dans les Alpes de haute-Provence. Riche en protéines et en fibres, pauvre en gluten, il facilite la digestion, le transit intestinal et la sensation de satiété. Il contient 8 acides aminés essentiels à l’organisme : tryptophane, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, valine, leucine, et isoleucine. Dans 100 gr de petit épeautre, on trouve 120 mg de magnésium (excellent antistress), 440 mg de phosphore (soit la moitié de nos besoins quotidiens, essentiel à notre activité cérébrale), et 100mg de calcium (pour notre métabolisme osseux). Il contient aussi plusieurs vitamines dont celles du groupe B et la vitamine E. Riche en caroténoïdes et en lutine, il lutte contre le vieillissement. Ses propriétés antioxydantes, fer et zinc, permettent de lutter contre les radicaux libres.

Laurent Bertolotto, chef du Club 55 et Sylvie Bourgeois Harel

Laurent Bertolotto, chef du Club 55 et Sylvie Bourgeois Harel

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  • : Sylvie Bourgeois Harel, écrivain, novelliste, scénariste, romancière Extrait de mes romans, nouvelles, articles sur la nature, la mer, mes amis, mes coups de cœur
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