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Sylvie Bourgeois Harel

Sylvie Bourgeois Harel

Poupée

Une nouvelle de mon recueil Brèves enfances paru aux éditions Au Diable Vauvert

J’ai eu peur et pourtant je n’ai rien dit. Je ne dis jamais rien. Au début, j’ai crié, mais personne ne m’a entendu. Ou ne m’a répondu, je ne sais plus. Pourtant j’ai eu peur et aussi très froid. C’est sa main sur ma bouche qui m’a entraînée. Pas très loin, mais quand même, suffisamment pour que je ne puisse pas appeler ma maman. J’ai toujours rêvé d’être fille unique. Mais je suis la dernière de six garçons, ça n’aurait jamais marché. Dans l’intervalle où j’ai eu mal, j’ai pensé à la mort. J’ai 9 ans et l’année dernière, ma mémé est morte d’un cancer. Elle a beaucoup souffert. Pauvre vieille mémé. En même temps, elle n’a jamais eu de frère aîné. Vivement que je sois vieille.

J’ai eu peur et froid, mais je n’ai rien dit. Pour ne plus avoir mal, j’ai pensé à la petite souris qui allait passer juste au moment où je n’étais plus dans mon lit. Du coup, elle ne me laissera pas d’argent pour ma dent que j’avais glissée sous mon oreiller. J’étais bien embêtée car si elle se plaignait à ma maman de ne pas m’avoir trouvée, je me ferai gronder. Je m’en fiche, quand je serai grande, je serai curé. J’ai crié et il m’a tapée. Non, je serai une poupée. Toujours bien coiffée et maquillée. Et je cracherai dans la bouche des garçons qui voudront m’embrasser, le souvenir de cette nuit où j’ai cessé de rêver. Le prince charmant, je vous assure, il n’a rien de marrant.

La terre a vacillé. Mon ventre s’est fracassé. Un verre s’est cassé. Ma lèvre a saigné. J’ai passé ma langue sur le trou de ma dent en moins. Si mon chien avait été là, il l’aurait mordu. Mais il était attaché dehors. Le pauvre. Il devait avoir froid. Et peur aussi. Même s’il a les yeux pour voir la nuit. D’ailleurs, au Japon, il paraît qu’il y a tellement de pollution que les hommes doivent mettre des masques à gaz pour respirer. Demain, je me coudrai les jambes pour ne plus être tâchée. En Chine, ils font ça avec les petites filles, ils leur cousent les pieds. Comme ça, elles ne peuvent plus marcher. Elles restent à la maison. Elles tricotent. Ma maman aussi, elle m’a tricoté un pull rose, mais elle ne l’a pas encore terminé. Elle a toujours trop à faire avec mes frères à qui elle doit faire à manger. Ma maman, je l’aime alors je me tais. Ça lui ferait trop de peine si elle savait.

Quand je serai grande, je me noierai. Pour le moment, je suis trop petite et je n’ai pas le droit d’aller toute seule à la mer. C’est pour ça aussi qu’il m’a pris par la main pour me faire descendre à la cave. Pourtant, j’ai les mêmes yeux que mon chien pour voir la nuit et j’ai très bien vu ses yeux qui faisaient du bruit comme s’il était essoufflé alors que c’est moi qui aurais dû crier. Le monde, il est mal fait, il est à l’envers. Qu’est-ce que je serai bien sans mes frères. Il y a une fille dans mon école qui est fille unique. Je n’en suis pas jalouse, mais je l’envie. La journée, elle peut se promener avec sa maman, tandis que la mienne, elle est toujours fatiguée.

Je ne sais pas qui choisit notre vie. Mais quand je serai grande, je lui dirai que ce n’est pas vrai, ce n’est pas à cheval, la première fois où j’ai saigné. Même si c’est vrai que je ne monte plus de poney et qu’un jour, mon papa, il m’achètera une jument, ce n’est pas à cause de l’équitation que je n’apprends plus mes leçons. Je suis molle, molle comme la poupée que j’ai confectionnée et que j’ai habillée avec ma robe d’été. Elle a des cheveux jaunes comme les miens sont blonds. Et des grands yeux bleus qui savent que cette nuit n’était pas normale. Et sa bouche aussi se tait comme la mienne pour ne pas faire de peine à ma maman. Quand je serai grande, j’apprendrai à pleurer. Et aussi à écrire. Pour le décrire.

Sylvie Bourgeois Harel

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EN ATTENDANT QUE LES BEAUX JOURS REVIENNENT (roman que j'ai signé Cécile Harel)

... Sauf qu’un matin, il a plu. On a eu notre journée de congé. J’ai enfilé ma robe débardeur en daim beige avec mes bottes plates assorties, et je suis partie en stop à Sainte-Estelle voir ma mère. Elle me manquait. Une Rolls m’a pris. Il avait l’air gentil. À moins que ce soit la berline la cause de cette impression. Il y avait des embouteillages, alors il a bifurqué sur un petit chemin. On s’est retrouvé dans la campagne. Je ne me suis pas méfiée quand il m’a répété que j’étais jolie et qu’il aimerait m’offrir un grand coiffeur et des beaux habits. Mais quand il a fermé la voiture et s’est arrêté dans un terrain désert bordé d’arbres au dessus d’une colline, c’était trop tard. Je ne pouvais plus m’enfuir. Mon corps s’est glacé. L’effroi est revenu. C’était foutu. Je n’arrivais pas à crier. J’ai essayé de le taper, de lui échapper. J’ai tout tenté. Il ne m’a laissé aucune issue. Ce n’est pas vrai qu’on peut s’enfuir quand un homme est sur vous et qu’il vous tient et vous menace avec son couteau planté sous votre gorge. Et quand il vous donne des coups, et vous tire les cheveux, et vous tord les poignets, et vous colle contre lui pour vous maitriser et déchirer votre culotte, vous ne pouvez ni le mordre, ni le tuer. Quand il s’est enfoncé, je n’ai pu que haïr les hommes. Encore. Je me suis tellement débattue que j’ai réussi à ouvrir la porte. J’ai cru pouvoir décamper. Mais il m’a rattrapée et m’a collée la tête contre un arbre. Ma seule victoire a été qu’il n’arrive pas à éjaculer en moi. Ça l’a énervé. Il a hurlé que j’étais trop conne. Si j’avais été plus gentille, il aurait fait de moi la reine de Saint-Tropez. Je me suis sentie tellement sale que je n’ai pas noté son numéro d’immatriculation. Je ne l’ai pas dénoncé aux policiers non plus. Je n’en ai pas parlé. Le silence comme protection. Le silence en destruction. Le silence en négation. La douleur, de toute façon, je savais depuis longtemps comment l’anesthésier. Tout comme la jouissance d’ailleurs. Ça ne m’était jamais venu à l’esprit que mon vagin pouvait servir à me donner du plaisir. C’était ma boîte à secrets, fermé. Avec une clef d’effroi. Point. Ma boîte de Pandore. Inutile de l’ouvrir.

J’étais seule responsable du choix de ma si jolie robe en daim beige avec les bottes plates assorties. C’était écrit. Comme une continuité. À force de fuir ceux qui m’aimaient pour ne plus être aimée, je faisais de mon corps une victime toute tracée. Je suis rentrée à pied, en bus, je me suis lavée dans la mer, puis je suis allée chez Sénéquier m’acheter des brioches et des pains au chocolat et des tartes et des croissants pour me faire croire que c’était à cause de toutes ces pâtisseries que j’étais autant écœurée.

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Sylvie Bourgeois -Saint-Tropez - Var-Matin - Juillet 2016

Sylvie Bourgeois -Saint-Tropez - Var-Matin - Juillet 2016

extrait page 100 :

... — Mais Raphaël, continue Gaspard, notre petit dernier, est né avec une malformation cardiaque. Il a fallu l’opérer. Il est resté plusieurs semaines entre la vie et la mort. C’était l’horreur. Valérie passait son temps à l’hôpital. Quand notre enfant a enfin pu rentrer à la maison, Valérie, au lieu d’être contente d’avoir son bébé sauvé, n’arrêtait pas de râler après les placards de la cuisine que je n’avais pas encore fixés au mur. Je n’avais jamais le temps. Posés à même le sol, ils étaient à la hauteur de notre aîné dont le grand jeu était de prendre les provisions et de tout faire tomber. Ça l’amusait beaucoup. Valérie, pas du tout. Elle se mettait à hurler que j’étais nul, que je la baisais mal, que j’avais gâché ses plus belles années. Je ne comprenais pas ses reproches. Puis un jour, j’ai compris. Le problème ne venait pas de mes placards, mais du chirurgien qui avait pris soin de Raphaël. Valérie, que j’avais admirée dans son rôle de mère exemplaire, paniquée à l’idée de perdre notre bébé malade, passait en fait ses journées, non pas auprès de notre enfant mourant, mais dans les bras de ce médecin. En larmes ‒ pourquoi faut-il toujours que les femmes pleurent quand elles nous font du mal ? ‒, elle m’a avoué vouloir vivre avec lui. Ils avaient, paraît-il, les mêmes visions de construction de leur avenir. Le mien fut démoli dans la seconde. Boum !

Gaspard mime avec ses doigts la détente d’un coup de pistolet sur sa tempe. Devant la violence du geste, Sophie sursaute et fait un bond en arrière.

— Lors du divorce, poursuit Gaspard, ma femme a tout obtenu, la garde des enfants, de la maison et une pension conséquente calculée sur mes anciens revenus. Je me suis retrouvé criblé de dettes, à vivre dans un studio pourri. Le pire, c’est que je ne supportais pas l’idée que mes fils soient élevés par ce médecin qui n’avait eu aucune éthique en se faisant passer pour un réparateur de bébé afin de séduire Valérie. J’ai pété les plombs. Je me suis mis à picoler. Les placards de mon studio me rappelaient mon aîné. Je les ai détruits à la hache. Je les ai détruits en hurlant. En pleurant. À force de pleurer, toutes mes bouteilles se sont vidées. Quand je n’en pouvais plus, je prenais ma voiture et je roulais pour m’éloigner de ma douleur. Les corniches n’avaient aucun secret pour moi. Le ravin n’était jamais loin. Il m’aurait suffi de ne plus tourner le volant, mais il me fallait rester vivant pour mes enfants. Le petit dernier n’arrivait à s’endormir que posé sur ma poitrine, le rythme lent de mon cœur le rassurait, le pauvre chéri avec sa cicatrice qui le marquerait à vie. Qu’est-ce que j’ai pu rouler ! Je roulais pour aller ailleurs. Pour aller là où je n’étais pas. Je roulais partout et aussi dans ma tête. Surtout dans ma tête. C’était là où je roulais le plus vite. Des images cauchemardesques défilaient devant mes yeux, des cafards par milliers, des araignées gigantesques, des siamoises à la poitrine exubérante. Un jour, j’ai même vu un dauphin déguisé en chirurgien qui faisait de la trottinette. Plus je roulais, plus je le voyais. Pour ne plus le voir, j’ai arrêté de rouler et donc de créer. À partir de là, plus aucune idée ne sortait de mes mains et mes crayons tombaient de ma tête. Valérie a fini par me faire interner dans une clinique psychiatrique. Quand j’ai réalisé que la fenêtre de ma chambre donnait sur l’hôpital où elle avait sucé ce salaud de docteur chargé de réparer mon bébé malade du cœur, ça m’a rendu encore plus dingue. On m’a gardé enfermé pendant deux mois. Pour me soigner de la solitude dans laquelle ma femme m’avait abandonné, j’ai couché avec quelques filles paumées.

Impressionnée de la facilité avec laquelle Gaspard livre son intimité, Sophie toussote. Elle ne s’attendait pas à avoir ce genre de conversations douloureuses à Saint-Tropez. Au royaume de la futilité et des célébrités, elle se demande comment elle s’est débrouillée pour tomber sur la seule personne qui va aussi mal qu’elle, si ce n’est plus mal.

— Ces sirènes maniacodépressives m’ont redonné confiance, reprend Gaspard. Troublée par leur délicieuse asthénie, ma virilité de dauphin-architecte a retrouvé de sa superbe. La nuit, je sautais de chambre en chambre. L’une de ces déesses de la frustration avait raconté aux médecins que mon sexe était une épée magique qui avait réussi à vaincre sa mélancolie, une autre qu’il était la meilleure piqûre d’antidépresseurs qui ne l’ait jamais pénétrée. En fait, leurs psychotropes agissaient sur leurs hormones et stimulaient leur libido. Ça baise beaucoup en HP.

— Ah bon ? s’étonne Sophie avec une petite voix éraillée.

J’ai bien fait de refuser le séjour en maison de repos que m’avait proposé l’hôpital, se dit-elle pendant que Gaspard lui explique qu’après son séjour épicurien dans cette formidable clinique sexuelle, il était retombé amoureux de l’alcool, alors qu’il n’y avait plus droit.

— Je te la fais courte. Quand je suis sorti, je n’en menais pas large. Je n’avais plus d’argent. Quand tu es faible, les charognards viennent te bouffer la laine sur le dos. Des clients ont commencé à ne pas payer mes honoraires comme s’il y avait écrit sur mon front Couillon qui travaille gratuitement pour le plaisir de créer de la beauté. Ce qui n’est pas totalement faux, avoir des idées suffit à me rendre heureux. Les pénalités de retard des impôts, de l’Urssaf, se sont accumulées. J’ai été entraîné dans un engrenage administratif impossible à stopper. Je devais du fric partout. Les huissiers ont fini par débarquer chez moi. Je leur ai dit que j’étais une tortue Hermann, une espèce protégée du massif des Maures, et qu’ils n’arriveraient jamais à m’expulser de ma carapace qui me servait de bouclier pour me protéger de mon salopard de banquier qui avait coupé ma carte bleue. Ça ne les a pas fait rire. Ils ont volé mon scooter. Mais pas ma voiture. Je l’avais bien cachée. N’empêche, ils ont réussi à me mettre à la rue.

— Et tu as fait quoi ? demande Sophie interloquée par cette avalanche de confessions désolantes.

— Calou, continue Gaspard, a proposé de m’héberger dans sa maison près de Rennes, mais je ne voulais pas d’un chez-moi chez lui. Je préférais dormir dans des petits hôtels quand j’avais trois sous. Sinon, c’était dans ma voiture. Mon essence préférée était la vodka. Comme les Vikings. Je commençais mes journées par un grand verre, puis j’allais m’entraîner au tir à l’arc pour pouvoir un jour décocher une flèche empoisonnée dans le cœur du docteur qui avait brisé le mien. Il vaut mieux d’ailleurs que ce vaurien ne croise jamais la route du Viking que je suis devenu. Je ne vais pas rester éternellement le gentil architecte qui se fait tout piquer.

Gaspard se relève sur son siège et se met à chanter à tue-tête :

         Les coups ah quand ils vous arrivent

         Oh oui, oui, ça fait mal

— J’ai aussi un nunchaku, ajoute-t-il, l’air menaçant.

Sous le choc de la vague de désespoir de Gaspard, Sophie reste muette. Elle aimerait avoir la trousse à outils adéquate pour lui ouvrir le cerveau et percevoir qui il est réellement. Et pourquoi pas, le réparer aussi un peu au passage !

— Et pour clore le tableau, un jour est arrivé où je ne pouvais plus payer mes assurances professionnelles. Il faut savoir qu’en tant qu’architecte, je suis responsable de tous les corps de métier que je fais bosser. Si un plombier rate son évier ou un carreleur son sol, c’est moi qui raque. Sans assurance, je ne pouvais plus travailler. Mon banquier qui trouvait que j’étais déjà trop à découvert a refusé de m’accorder un crédit supplémentaire. Je me noyais et au lieu de me tendre la main pour que je me remette à niveau afin de m’acquitter de mes dettes, ce salopard a appuyé sur ma tête pour me faire couler. N’étant pas à jour de mes cotisations, j’ai été rayé de l’Ordre des architectes. Je n’avais plus le droit d’exercer mon métier. Ce qui est un comble, ajoute-t-il en tapotant affectueusement la cuisse de Sophie, car l’Ordre des decins n’a jamais daigné répondre à ma plainte concernant un chirurgien voleur de femmes et d’enfants, les miens en l’occurrence. Allez, fous les gaz, Sophie ! Je vais te guider jusqu’à chez moi.

Interloquée, elle règle les rétroviseurs et son siège qu’elle avance au maximum.

— Ah, oui, j’ai aussi oublié de te dire que je suis interdit bancaire. Heureusement, un client me paye au noir sinon je serais mort. La France assiste les escrocs, pas les honnêtes gens. Si j’avais monté une société, j’aurais pu déposer tranquillou le bilan, me mettre au chômage, planter mes fournisseurs et me faire bronzer les fesses avec mes indemnités. Mais en profession libérale, je n’ai aucune protection sociale et je suis responsable jusqu’au dernier sou. Et si je meurs demain, mes gosses hériteront de mes créances. Tu te rends compte, je n’ai même pas de quoi payer l’opération de mon chien qui a un cancer. Et si je ne l’opère pas, il meurt. Et mon saligaud de banquier ne veut pas m’avancer les 1 500 euros dont j’ai besoin. Je t’assure, c’est une sale race, les banquiers, toujours à vous épier. Avec le mien, c’est bien simple, il m’est impossible de travailler. Il passe son temps à me harceler, à se renseigner sur mes futures rentrées. Comme si je le savais ! Je suis architecte, merde, pas comptable. Qu’on me donne des maisons à construire, pas des chiffres à additionner ! Quand j’ai choisi ce métier, j’avais l’ambition d’ériger des musées, de bâtir des tours, de dresser des gratte-ciel, pas de passer mes journées à négocier avec un abruti pour obtenir un crédit. Je suis un raté, Sophie. Voilà, ma petite tourterelle, si toi ou ta copine qui cherche désespérément un mec, vous voulez vous taper un looser, c’est le moment, sourit-il étrangement.

— Comment sais-tu que Géraldine cherche un mec ?

— Ça se sent à dix mille kilomètres qu’elle est seule. C’est désolant d’ailleurs toutes ces femmes célibataires. Si ça ne tenait qu’à moi, je les consolerais toutes, mais elles ne veulent pas d’un paumé. Les filles d’aujourd’hui veulent des vainqueurs. C’est là où elles se trompent. Parce que les vainqueurs, ils n’ont ni l’envie, ni le temps de s’occuper d’elles, puisque ce qui les motive, c’est de gagner !

— C’est ce que je me tue à expliquer à mes copines qui veulent des mecs dont elles puissent admirer la réussite professionnelle, ajoute Sophie, étonnée de la perspicacité de Gaspard. Moi ce qui m’épaterait chez un homme, ce serait sa capacité à m’aimer quoi que je fasse, même quand je suis bête ou que je pue de la bouche ou que je fais des prouts qui chlinguent. Voilà, je veux pouvoir rire avec lui de mes défauts et qu’il soit fier que je sois la seule à lui donner autant de plaisir au lit. C’est ce qui me ferait l’aimer encore plus.

Sophie tourne la tête pour reculer et découvre à l’arrière, cachée sous le brancard, une minuscule machine à laver le linge.

— C’est un problème les habits, dit Gaspard. Comme mon souci est d’être autonome, j’ai toujours une culotte propre dans ma mallette d’architecte. Les nanas apprécient que je sois soigné. Je te promets, le mec qui a un slip de rechange avec lui, il marque des points. J’ai réussi à bricoler un truc pour brancher l’arrivée d’eau de ma machine aux canalisations des maisons des femmes qui m’ont accepté dans leur lit.

— Tu as eu beaucoup de fiancées ?

— Il ne faut pas poser ce genre de questions, ma colombe, elles vont te faire du mal. Sache juste que c’est grâce à toutes ces filles que je suis encore en vie. Quand tu crois que tu n’as plus rien, eh bien, il te reste de bien faire l’amour. C’est le seul luxe des pauvres. Les couples friqués explosent quand ils ne baisent plus ensemble, c’est bien connu. Ma femme a arrêté de baiser quand je n’ai plus eu d’argent. Ce n’était peut-être qu’une grosse pute. Va savoir ?

— Va savoir, répète Sophie, pensive.

— Une grosse pute que j’aime toujours.

...

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Bravo à Laurent Bertolotto, chef du Club 55, un restaurant situé sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle, dans le Var, au cœur du Golfe de Saint-Tropez et du Massif des Maures. Depuis 28 ans, Laurent Bertolotto régale les clients du Club 55 avec ses délicieuses recettes provençales qu’il tient de sa grand-mère. Fidèle aux traditions de la région, le 25 décembre, jour de Noël, Laurent met au menu du jour, la soupe au petit épeautre ainsi que les treize desserts dont la fameuse pompe à l’huile. Pendant la saison, il cuisine avec les légumes provenant de la ferme des Bouis à Ramatuelle et du château de La Mole, propriétés agroécologiques de Patrice de Colmont qui détient avec sa soeur Véronqiue le Club 55, et qui cultive sa production en agriculture biologique sans produits chimiques, ni pesticides, aidé par un cheval de trait.

 

Recette de la soupe au petit épeautre :

Pour 4 personnes :

150 gr d’épeautre

2 carottes

1 poireau

1 navet

1 courgette

1 oignon

2 gousses d’ail

1 bouquet garni de laurier et de thym

Pancetta ou lard fumé ou rien du tout si vous êtes végétarien

1 bouillon de volaille mais uniquement si vous l’avez préparé vous-même, il est conseillé de réduire sa consommation de denrées industrielles

 

Rincer l’épeautre et laisser le tremper pendant 1 heure

Laver, éplucher et couper en tout petits dés vos légumes

Émincer les oignons et écraser l’ail au couteau

 

Jeter votre pancetta ou lard dans une poêle sèche et chaude, le faire rissoler jusqu’à ce que la graisse soit partie

Dans une autre poêle, mettre de l’huile d’olive en bonne quantité, jeter l’ail écrasé, le faire le fondre afin de donner du goût à votre huile, puis ajouter les oignons et baisser le feu, mettre ensuite les carottes, remuer, les poireaux, remuer, répéter pour tous vos légumes

Laisser cuire 20 minutes à feu doux

Ajouter votre pancetta ou lard fumé, puis de l’eau bouillie (compter ½ litre par personne)

Dès que l’eau bout à nouveau, saler, poivrer, ajouter le petit épeautre, le laurier et le thym

Laisser cuire 1 heure 30

Au moment de servir, ajouter dans chaque assiette un peu d’huile d’olive, du poivre et du pecorino romano râpé (c’est un fromage italien proche du parmesan)

 

Le petit épeautre est la céréale la plus ancienne plantée par l’homme, environ 10000 ans, et qui n’a pas connu de transformation génétique. Elle pousse à 400 m d’altitude dans le Sud-Est de la France, notamment dans les Alpes de haute-Provence. Riche en protéines et en fibres, pauvre en gluten, il facilite la digestion, le transit intestinal et la sensation de satiété. Il contient 8 acides aminés essentiels à l’organisme : tryptophane, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, valine, leucine, et isoleucine. Dans 100 gr de petit épeautre, on trouve 120 mg de magnésium (excellent antistress), 440 mg de phosphore (soit la moitié de nos besoins quotidiens, essentiel à notre activité cérébrale), et 100mg de calcium (pour notre métabolisme osseux). Il contient aussi plusieurs vitamines dont celles du groupe B et la vitamine E. Riche en caroténoïdes et en lutine, il lutte contre le vieillissement. Ses propriétés antioxydantes, fer et zinc, permettent de lutter contre les radicaux libres.

Laurent Bertolotto, chef du Club 55 et Sylvie Bourgeois Harel

Laurent Bertolotto, chef du Club 55 et Sylvie Bourgeois Harel

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Sylvie Bourgeois Harel - Var-Matin - par Christophe Caïetti -Interview

Sylvie Bourgeois Harel - Var-Matin - par Christophe Caïetti -Interview

Sylvie Bourgeois Harel - Saint-Tropez - Var-Matin - Hôtel de Paris - par Laurent Amalric

Sylvie Bourgeois Harel - Saint-Tropez - Var-Matin - Hôtel de Paris - par Laurent Amalric

Cécile Harel / Sylvie Bourgeois Harel - Hôtel de Paris - Saint-Tropez

Cécile Harel / Sylvie Bourgeois Harel - Hôtel de Paris - Saint-Tropez

Saint-Tropez. Lecture de Sylvie Bourgeois chez Daniel Crémieux. La lettre économique et politique de PACA
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SAVIEZ-VOUS QUE LES COCHONS MANGENT PLUS DE POISSONS QUE LES REQUINS ?

par Sylvie Bourgeois Harel

D’habitude quand je rentre de Ramatuelle où j’aime aller nager hors saison, je raconte à mes amis la douceur de l’eau, les sangliers qui détruisent les jardins, le sable de l’Escalet aussi blanc que celui des Maldives, les charançons rouges qui mangent de l’intérieur les palmiers jusqu’à les faire mourir, ce qui me provoque un véritable déchirement chaque fois que j’en aperçois un marqué d’un point marron qui signifie qu’il va être bientôt abattu. Mais depuis mon dernier séjour, je ne parle plus que de permaculture, de biodiversité, de vision holistique, d’agroécologie, de cultures sur buttes, de compostes, de résilience écologique.

En effet, j'ai été reçue au château de la Môle qui démarre un projet d'intérêt général pour devenir une sorte de "Villa Médicis" de l'agroécologie. Ses nouveaux propriétaires, Patrice de Colmont et sa sœur Véronique (propriétaires également du Club 55), avaient mis à disposition leurs jardins, les 12 et 13 septembre, pour recevoir l’opération Dessine-moi une tomate créée par l'association Colibris Golfe de Saint-Tropez qui fêtait ses 1 an. L'ambiance était joyeuse. 160 bénévoles ont accueilli plus de 2500 visiteurs. Ceux-ci ont pu écouter des conférences et des tables rondes sur les techniques agricoles respectueuses de l’écosystéme, échanger avec les représentants de différentes associations, faire participer leurs enfants aux nombreuses animations, acheter des légumes ou du miel aux stands des paysans, certains sont même repartis avec un poussin issu d’une race de poule ancienne très jolie avec ses grosses pattes exagérément fournies en plumes.

Pendant ces deux jours, - même si je suis depuis longtemps vigilante sur la provenance et la qualité de mon alimentation et que dans mes romans, mes héroïnes militent toujours (à leur façon et avec leur dialectique) contre les dérives et les dangers des pesticides et autres techniques de rentabilité qui épuisent nos sols, j’ai beaucoup appris. J’ai appris que l’homme a besoin du ver de terre pour vivre mais que le ver de terre n’a pas besoin de l’homme, que les semences OGM sont un crime contre l'humanité, que le requin est l’animal le moins meurtrier comparé, par exemple, au moustique, qu’un végétalien qui roule en voiture pollue moins qu’un carnivore qui circule à vélo, que 40% des poissons pêchés servent à nourrir d’autres animaux, que les cochons mangent plus de poissons que les requins, que 80 millions de requins sont tués chaque année, qu’une baleine défèque 3 tonnes de déchets par jour qui servent à nourrir le plancton, que 300000 baleines ont été décimées au XXème ce qui a entraîné une réduction de 50% du plancton.

J’ai également été séduite par la bienveillance et la volonté de préserver les ressources naturelles de notre planète, qui émanaient de chacun des intervenants venus expliquer son parcours et son action.

J’ai ainsi écouté André Huber qui a radicalement changé de vie pour se consacrer à l’Association Partager la terre. Malgré la fatigue accumulée durant ces dernières années sans congé, son sourire donne envie de suivre sa voie. Et aussi Daniel Vuillon, le fondateur de la première Amap, Mickaël Latz, le maire de Correns, le premier village bio de France et bien sûr le Capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd qui, avec ses gros bateaux, sauvent les baleines, les requins, les tortues, les phoques et les dauphins.

Tout allait bien, je venais d'embrasser un énorme tilleul bi-centenaire, quand un bonhomme, sans doute attiré par le député et le nombre de maires de la région présents, m’a demandé en ricanant si je cautionnais ce genre d’alimentation.

— C’est-à-dire ? je lui ai répondu.

— Allons, vous m’avez compris.

— Ben… non.

— Avouez qu’ils sont quand même très naïfs.

Réalisant que la conversation risquait de devenir laborieuse, je lui ai raconté comment lors d’un immense feu de forêt, un tatou s’était moqué d’un gentil colibri qui portait de l’eau dans son tout petit bec et la versait sur les flammes. Pfut ! Ne te fatigue pas l’ami, avait dit le tatou. Ça ne sert à rien. Tu crois peut-être qu’avec tes quelques gouttes, tu vas arrêter l’incendie ? Je ne sais pas, avait répondu le colibri, mais je fais ma part !

C’est d’ailleurs à partir de cette légende amérindienne que Pierre Rabhi, agriculteur biologiste et écrivain (je vous recommande vivement la lecture de ses ouvrages, et plus particulièrement Vers une sobriété heureuse), a créé Colibris en 2007.

Et comme je ne voulais pas gâcher mon plaisir d’être là, j’ai adressé au monsieur un joyeux sourire et je suis partie caresser un bébé oie qui ressemblait étrangement à un canard.

Septembre 2015

Paul Watson, Yana Watson, Sylvie Bourgeois Harel, Patrice de Colmont au Club 55

Paul Watson, Yana Watson, Sylvie Bourgeois Harel, Patrice de Colmont au Club 55

Conférence de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, devant 600 personnes sur le parvis du chateau de la Mole.

Conférence de Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, devant 600 personnes sur le parvis du chateau de la Mole.

Pierre Rabhi. Patrice de Colmont. Club 55. Journée des défis. Voiles de Saint-Tropez 2015

Pierre Rabhi. Patrice de Colmont. Club 55. Journée des défis. Voiles de Saint-Tropez 2015

Patrice de Colmont. Sylvie Bourgeois

Patrice de Colmont. Sylvie Bourgeois

Pierre Rabhi. Sylvie Bourgeois

Pierre Rabhi. Sylvie Bourgeois

Sylvie Bourgeois Patrice de Colmont

Sylvie Bourgeois Patrice de Colmont

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Patrice de Colmont- Sylvie Bourgeois Harel - Paul Watson - Le Club 55 - le Tropézien

Patrice de Colmont- Sylvie Bourgeois Harel - Paul Watson - Le Club 55 - le Tropézien

Gaëlle Girre et Sylvie Bourgeois dans Var-Matin. 26 août 2016

Gaëlle Girre et Sylvie Bourgeois dans Var-Matin. 26 août 2016

La Gazette de Monaco. Février 2017

La Gazette de Monaco. Février 2017

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Paul Watson - Le Club 55 - Voici. Août 2016

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Paul Watson - Le Club 55 - Voici. Août 2016

Sylvie Bourgeois Harel - Var-Matin. Juillet 2016

Sylvie Bourgeois Harel - Var-Matin. Juillet 2016

Sylvie Bourgeois Harel - Est Républicain. juillet 2016

Sylvie Bourgeois Harel - Est Républicain. juillet 2016

Sylvie Bourgeois Harel - Monaco-Matin. 16 décembre 2015

Sylvie Bourgeois Harel - Monaco-Matin. 16 décembre 2015

Sylvie Bourgeois Harel - Var-Matin. 13 décembre 2015

Sylvie Bourgeois Harel - Var-Matin. 13 décembre 2015

Sylvie Bourgeois Harel - VAR-MATIN 19 novembre 2015

Sylvie Bourgeois Harel - VAR-MATIN 19 novembre 2015

Sylvie Bourgeois Harel - INFRAROUGE. Mai

Sylvie Bourgeois Harel - INFRAROUGE. Mai

Sylvie Bourgeois Harel - VAR-MATIN. 6 juillet 2015

Sylvie Bourgeois Harel - VAR-MATIN. 6 juillet 2015

Sylvie Bourgeois Harel - VARIATION. Eté 2015

Sylvie Bourgeois Harel - VARIATION. Eté 2015

Sylvie Bourgeois Harel - VIVRE A SAINT-TROPEZ 2015

Sylvie Bourgeois Harel - VIVRE A SAINT-TROPEZ 2015

VOICI. JUILLET 2014

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BIBA. JUIN 2014

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GALA (croisette). MAI 2013

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COUP DE COEUR DE DAVID FOENKINOS. PAGE DES LIBRAIRIES. NOVEMBRE 2012

  foenkinos

 

VALEURS ACTUELLES. 27 NOVEMBRE 2012

 

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COUP DE COEUR FEMME MAJUSCULE SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

 

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PAGE DES LIBRAIRES. SEPTEMBRE 2012

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L'EST REPUBLICAIN. 22 SEPTEMBRE 2012

 

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TELE MAG. 8 SEPTEMBRE 2012

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FIGARO MADAME 15 JUIN 2012

FIGARO MADAME15 juin

 

 

 

  Ci-dessous le lien d'un entretien plutôt joyeux sur gala.fr :

 

  http://www.gala.fr/videos/videos_people/video_sylvie_bourgeois_cannes_le_caeur_leger_262728

 

20 minutes. 27 juin 2012

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Voici. 19 mai 2012

 

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Figaro 20 Mai 2012

 

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L'Est Républicain. Mai 2012

 

3

 

Gala. 14 mai 2012

 

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ELLE. 18 mai 2012

 

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Cannes soleil. Mai 2012

 

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Ici Paris. Mai 2012

 

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Voici. Avril 2012

 

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Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin. 4 décembre 2012

 

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Cosmopolitan. 1er décembre 2011

 

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Voici. Novembre 2011

 

5

 

Le Figaro. 16 octobre 2012

 

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La Provence. Octobre 2011

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Le Parisien. 29 décembre 2009

 

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L'Est républicain. 16 novembre 2009

 

8

 

Gala. 21 octobre 2009

 

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Dauphiné Libéré 10 octobre 2009

 

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. Figaro. 10 cotobre 2003

 

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