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Sylvie Bourgeois Harel au Café de Flore

Sylvie Bourgeois Harel au Café de Flore

Je suis voluptueusement abandonnée sur mon lit à faire l’amour avec mes mots qui sont mes seuls amis à qui je peux confier mon intimité. Enfermée sur ces pages de papier pour t’exprimer mes rêves de sensualité, mon esprit imprégné de ta sensualité voudrait lécher les verbes tels que sucer, pénétrer, haleter, savourer, cambrer, écarter, soupirer, mouiller, succomber.

 

Mon sexe s’ouvre pour y faire entrer des mots tels que ravissement, émotion, enchantement, chaleur, emballement, gaieté, abandon détermination, révélation.

 

Mon émoi à ton égard cherche dans mes pensées les mots pour te fantasmer et ne pas risquer d’être frustrée par ta manière de me désirer. C’est une autre façon de te faire l’amour.

 

Je t’ai rêvé me pénétrer. Tu étais dans mon cerveau excité et passionné à le caresser. Cette extraordinaire et rare sollicitation me provoquait une inconnue et douce sensation de plénitude. Glissant dans cette masse nerveuse qui, sur ton passage, s’embellissait, se dynamisait, se réveillait, tu voulais tout sentir, tout toucher, tout connaître de ce monde inconnu qui s’offrait à toi avec une volupté confondante.

 

Ta curiosité a réussi à ouvrir certaines portes que je croyais avoir fermées à jamais d’où se sont délicieusement échappés les mots, sérénité, calme, assurance, quiétude, paix, félicité.

 

Excité par mes gémissements de plaisir qui résonnaient telle une symphonie, tu as joui dans ma tête, arrosant avec délectation ce noyau fertile qui t’attendait pour se développer, se dévoiler et se révéler.

 

Puis tu es redevenu homme, homme sur moi, épuisé par cette victoire non conventionnelle. Mes seins se sont alors extraordinairement gonflés pour mieux t’accueillir, t’honorer, te soulager.

 

Léger comme une plume, mon corps s’enivrait de toi pour que chaque grain de ma peau te soit le plus délicieux des massages.
Assis sur ton visage, mon sexe s’est pressé fortement à ta bouche afin de filtrer pour toi l’air que tu respires.

 

Je t’ai sucé avec tendresse, délicatesse, exigence, concentration, douceur, protection. Chaque recoin de ta verge était sollicité. Ma salive qui bavait tant et si bien, a formé une vague géante de plaisir et a noyé ton sexe dans un tourbillon d’ivresse. Tes genoux fléchissaient. Ton corps tremblait. Ta bouche me réclamait. Je te suçais avec une fougue nouvelle, témoin de mon tempérament révélé.

 

Ma passion à te désirer a pénétré ton sexe et les mots sur lesquels je me suis masturbée pour les préparer à être le sensuel reflet de mes pensées sont entrés dans ton esprit créant de fabuleux frissons jusqu’alors inconnus.

 

Ces mots tels que confiance, sentiment, sincérité, amour, intuition, allégresse lui ont insufflé de vivre heureux. Une boule de feu d’une énergie incommensurable a envahi ta tête et a brûlé à jamais tes insatisfactions, tes frustrations, tes craintes. La puissance de ce plaisir rêvant de te faire crier de bonheur a anéanti tous les usurpateurs qui t’enferment.

 

Ces jouissances nouvelles, fulgurantes, libératrices prennent leur source dans un espace merveilleux qui s’appelle liberté, douceur, désir, plaisir, respect, vérité.

 

Sylvie Bourgeois

Lettres à un monsieur

Editions Blanche (octobre 2003)

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Sylvie Bourgeois à 8 ans - à Besançon par Pierre Bourgeois architecte

Sylvie Bourgeois à 8 ans - à Besançon par Pierre Bourgeois architecte

par Pierre Bourgeois - Beaux-Arts de Paris 1948

par Pierre Bourgeois - Beaux-Arts de Paris 1948

Pierre Bourgeois - Architecte Besançon - 1926 1996 - Sylvie Bourgeois à 12 ans

Pierre Bourgeois - Architecte Besançon - 1926 1996 - Sylvie Bourgeois à 12 ans

Pierre Bourgeois - Architecte Besançon - 1926 1996 - Sylvie Bourgeois à 5 ans

Pierre Bourgeois - Architecte Besançon - 1926 1996 - Sylvie Bourgeois à 5 ans

Pierre Bourgeois - Architecte Besançon - 1926 1996 - Sylvie Bourgeois à 33 ans, dessinée de la main gauche, suite à un AVC, Pierre Bourgeois est paralysé de tout le côté droit et ne peut plus parler depuis deux ans. Pierre Bourgeois meurt une semaine après ce portrait.

Pierre Bourgeois - Architecte Besançon - 1926 1996 - Sylvie Bourgeois à 33 ans, dessinée de la main gauche, suite à un AVC, Pierre Bourgeois est paralysé de tout le côté droit et ne peut plus parler depuis deux ans. Pierre Bourgeois meurt une semaine après ce portrait.

Pierre Bourgeois - 1929 1996 - Architecte Besançon - Les poules

Pierre Bourgeois - 1929 1996 - Architecte Besançon - Les poules

Pierre Bourgeois - Architecte Besançon - 1926 1996 - Les daurades

Pierre Bourgeois - Architecte Besançon - 1926 1996 - Les daurades

Sylvie Bourgeois - Pierre Bourgeois 1926 - 1996

Sylvie Bourgeois - Pierre Bourgeois 1926 - 1996

EN ATTENDANT QUE LES BEAUX JOURS REVIENNENT

Roman de Sylvie Bourgeois

sous le nom de Cécile Harel

paru aux Éditions Les Escales - Pocket - PIPER (Allemagne) - ADORA

... L'année de ma terminale, je suis tombée malade. Je n’avais peut-être que ça à faire pour tenter de changer de voie. J’ai été hospitalisée, opérée, et envoyée en maison de repos. Quand je suis revenue à Barnezon, mes parents m’ont emmenée manger une truite dans un restaurant au bord d’une rivière.

- Papa, pourquoi tu ne peins plus ? ai-je demandé à mon père.

Je venais de découvrir au grenier d’anciennes toiles qu’il avait peintes pendant ses études aux beaux-Arts. Elles étaient là, abandonnées, depuis des années. Émue par son talent et l’émotion de son coup de crayon, je les ai vernies, encadrées et exposées partout dans ma chambre.

- Cela me provoque des maux de tête, je suis trop vieux pour souffrir.

- Tu bois tout le temps, ça devrait t’aider à supporter.

- Dis donc Marie, tu veux être polie avec ton père ?

- Je voudrais que tu arrêtes de travailler.

- Tu crois que c’est facile ?

- Enferme-toi au grenier et ne pense à rien d’autre qu’à peindre.

- Mais je dois gagner ma vie. Cela coûte cher, quatre enfants.

- Eh bien, arrête de tout payer à tes idiots de fils.

- Parlons plutôt de ton bac. Ta mère t’a trouvé une école d’été pour que tu puisses le présenter en septembre.

- Je m’en fous de mon bac, je veux travailler.

- Et tu vas faire quoi sans diplôme ?

- Je serai ta secrétaire.

- Je ne veux pas de toi comme secrétaire.

- Alors remets-toi à peindre et je vendrai tes tableaux.

- Tu crois que nous avons gâché notre vie en ayant fait tous ces enfants ? a soudain demandé ma mère.

- Tu es folle, pourquoi dis-tu cela ? a rétorqué mon père.

- Si je n’étais pas tombée enceinte de Virgil, tu n’aurais jamais arrêté de peindre. Aujourd’hui, tu serais reconnu, j’en suis sûre, je n’ai jamais douté de ton talent. Tu te souviens quand nous nous sommes rencontrés ? Tu peignais. Je travaillais. Nous étions pauvres, mais qu’est-ce que nous étions heureux. Tu te souviens ?

- Elle a raison maman, ce serait rigolo d’avoir un père artiste.

- Peux-tu demander à ta fille qu’elle se taise.

- Laisse-la s’exprimer, pour une fois que vous vous parlez.

- Elle ne me parle pas, elle m’agresse.

- Je ne t’agresse pas papa, je veux que tu peignes. De toute façon, c’est nul de faire des gosses quand on a du talent. Il faut laisser ça aux gens qui n’ont rien d’autre pour remplir leur vie. Tu as 53 ans, mais si c’est pour te voir gâcher tes prochaines années en te saoulant tous les soirs, eh bien, ça sera sans moi. Je pars travailler.

- Si tu préfères gagner ta vie alors que je me démène pour pouvoir te payer des études afin que tu mettes du savoir dans ta petite cervelle vide de bécasse qui ne pense qu’à s’acheter des santiags à étoiles dorées et des minijupes, je t’émancipe.

Le lendemain, mon père ne se souvenait plus de notre dispute, mais, j’étais déjà partie avec la voiture de ma mère à Sainte-Estelle où j’ai trouvé un job de serveuse sur une plage. Ferdinand venait d’arrêter la faculté sous prétexte que c’était un repaire de pourris qui ne lui offrirait aucun débouché, et m’avait accompagnée, avec le dessein de photographier les poulpes, ses anciens complices. Ce fut surtout moi, cet été-là, qui lui servis de modèle.

Je comprends seulement aujourd’hui à quel point j’ai été injuste avec mon père et combien j’ai été idiote de refuser ce qu’il m’offrait. Non seulement il a été le premier supporter de ses enfants et ne s’est jamais opposé à aucun de nos désirs, mais il a fait son possible pour nous donner les moyens de nos ambitions. Sauf qu’à cette époque, j’avais besoin du conflit pour exister. D’aller au choc. Comme avec mon petit copain. Il était venu me retrouver à Sainte-Estelle. Cela m’avait énervée.

- Je vais te présenter des filles.

- Non, je suis venu pour te voir.

- À ton âge, on doit sortir avec plein de nanas.

- Mais c’est toi que j’aime.

- Oui, mais moi je n’ai pas le temps, je dois faire autre chose de ma vie.

- Tu te souviens qu’en septembre, on part en Egypte ?

- Sans moi.

- Tu as rencontré quelqu’un ?

- Oh tu sais, les garçons, ça ne m’intéresse pas, je préfère trouver ma voie.

- Tu veux faire quoi ?

- Les Beaux-Arts.

- Et ça t’empêche d’être avec moi ?

- Oui.

- Pourquoi ?

- J’ai besoin d’être triste.

Il est reparti le lendemain. Malheureux. Jurant de ne plus jamais tomber amoureux.

*

Ma colère primait sur mes intérêts. Je gâchais tout. Encore aujourd’hui, avec mes phrases assassines, comme les appelait ma mère, je suis capable de faire exploser une relation de dix ans en dix secondes. Mon mari dit que je suis un marteau-piqueur. J’aurais pu me calmer, rester à Barnezon, réussir mon bac, profiter du confort de la maison, m’épanouir grâce à l’amour de mes parents, aller à Paris, prendre des cours de théâtre, présenter le concours du Conservatoire. Mes parents auraient été ravis de me louer un studio. Je me serais fait des amis de mon âge. Au lieu de cela, je me suis épuisée à gagner ma vie, à trouver des endroits où dormir, à éloigner les hommes qui voyaient en moi une proie facile. J’étais dans le court terme. Je me projetais à un mois. Jamais plus.

Pierre Bourgeois - 1926 1996 - Architecte Besançon - Sylvie Bourgeois et Nathalie Miserez à 30 ans

Pierre Bourgeois - 1926 1996 - Architecte Besançon - Sylvie Bourgeois et Nathalie Miserez à 30 ans

Pierre Bourgeois 1926/1996 - Architecte Besançon - Bouilloire rue des Lavaux. Pontarlier

Pierre Bourgeois 1926/1996 - Architecte Besançon - Bouilloire rue des Lavaux. Pontarlier

Pierre Bourgeois 1926-1996. 1/2 (demande en mariage... )

Pierre Bourgeois 1926-1996. 1/2 (demande en mariage... )

Pierre Bourgeois 1926 - 1996 . 2/2 (demande en mariage... )

Pierre Bourgeois 1926 - 1996 . 2/2 (demande en mariage... )

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Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont -Marcelline l'aubergine au Club 55

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont -Marcelline l'aubergine au Club 55

Pierre Rabhi - Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont

Pierre Rabhi - Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont

Patrice de Colmont, Sylvie Bourgeois, au Club 55, à Ramatuelle sur la plage de Pampelonne

Patrice de Colmont, Sylvie Bourgeois, au Club 55, à Ramatuelle sur la plage de Pampelonne

Sylvie Bourgeois Harel, Marcelline l'aubergine chez Mission accomplie à Saint-Tropez, chez Sophie Lemaître

Sylvie Bourgeois Harel, Marcelline l'aubergine chez Mission accomplie à Saint-Tropez, chez Sophie Lemaître

Marcelline l'aubergine

Avec Sylvie on sème pour la vie

Note d’intention

Enfant, au lieu des Claude François et Johnny Hallyday qui avaient envahi les cerveaux de mes copines, mon idole était René Dumont, le premier écologiste à s’être présenté en 1974 à l’élection présidentielle. Ses coups de gueule me fascinaient, je voulais l’épouser quand je serai plus grande.

 

Puis le temps a passé. Et même si ma mère, qui ne mangeait pas de viande et connaissait le nom de toutes les fleurs, plantes, champignons et oiseaux, m’a éduquée dans le respect de la faune et de la flore - il était inenvisageable d’écraser une fourmi ou d’acheter une bombe anti-moustiques, elle préférait la citronnelle et les géraniums –, je n’ai pas compris tout de suite l’importance du bio. Au contraire, je me souviens qu’il y a une vingtaine d’années, il m’arrivait de pérorer, idiotement, que je mangeais la peau des pommes sans les laver pour que mon organisme fabrique des anticorps afin de lutter contre les pesticides.

 

Puis un jour, le goût justement d’une pomme sur un marché paysan de Provence m’a rattrapée. Elle avait la chair rose et la douce acidité de celles que je cueillais avec ma mère dans les vergers. À partir de là, je me suis plongée dans les livres et documentaires qui dénonçaient l’agriculture industrielle, et j’ai cherché à comprendre comment il était possible de se nourrir sainement. Et en 2003, après quinze années passées dans la communication, c’est l’écriture qui m’a rattrapée, je n’avais jamais désiré écrire, mais j’ai écrit. Des romans. Des scénarios.

 

Et c’est donc tout naturellement qu’aujourd’hui, la web-série avec Sylvie, on sème pour la vie s’est imposée à moi. Non pas pour pousser des coups de gueule comme mon cher René Dumont, mais pour raconter à ma façon, avec humour et légèreté, au travers d’un feuilleton qui mêle amour et agroécologie, cette injustice que les semences qui sont la vie, notre vie - un grain de blé peut nourrir des milliers de personnes -, ne soient plus reproductibles.

Sylvie Bourgeois

 

Sylvie Bourgeois Harel au Club 55, partenaire de la web-série Marcelline l'aubergine

Sylvie Bourgeois Harel au Club 55, partenaire de la web-série Marcelline l'aubergine

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Ma nouvelle Zoé fait partie de mon recueil qui paraîtra début avril 2024.

Sylvie Bourgeois Harel - Festival de Deauville - Restaurant Ciro's - Samoyède

Sylvie Bourgeois Harel - Festival de Deauville - Restaurant Ciro's - Samoyède

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Sylvie Bourgeois - école rue Fanart - Montrapon - Besançon -

Sylvie Bourgeois - école rue Fanart - Montrapon - Besançon -

VANESSA

Nouvelle extraite de Brèves enfances. Sylvie Bourgeois. Éditions Au Diable Vauvert

Mon papa, il boit. Il croit que je ne le sais pas, mais je le vois faire et après plusieurs verres, il a le même regard de travers que le chien des voisins, un basset artésien qui s’appelle Jules. Je l’aime bien Jules, mais de là, à l’avoir comme papa, quand même, il y a un sacré pas. Quand il rentre à la maison de sa journée où il n’a pas travaillé, mon papa, au lieu de réparer la chasse d’eau des toilettes qui est cassée, alors que ma maman n’arrête pas de le lui demander, il va directement dans le salon et il se sert un verre de whisky. En cachette de ma mère car si elle le voit faire, elle lui crie que décidément, il pourrait l’aider, vu que maintenant qu’il est au chômage, il a le temps. Au mot chômage, en général, mon papa, il lève les yeux au ciel. Et au lieu de lui répondre genre qu’il a besoin de boire pour trouver l’inspiration maintenant qu’il a décidé de devenir écrivain et que les écrivains, tout le monde le sait, ça aime l’alcool, il se sert un deuxième verre en faisant attention de bien remettre la bouteille au fond du buffet pour pas que ma mère, elle voie le niveau descendre plus vite que la normale. Puis il s’affale sur le canapé et il allume la télé. A six heures du soir, il n’y a rien que des jeux, mais ça doit lui plaire, il faut croire, car il reste là à regarder des débilités jusqu’à l’heure du dîner. Et ce n’est pas rare qu’il mette ses pieds sur la table basse, ce qui fait hurler ma mère qu’il n’a plus le respect de rien dans cette baraque et que bientôt ce sera sur elle qu’il vomira son laisser-aller de paumé.

Mon papa, avant qu’il ne soit licencié, c’était le plus beau papa professeur de français du lycée Louis le Grand à Garches. Il était si beau avec son Alfa Roméo que plein de filles rêvaient qu’il soit leur fiancé. C’est d’ailleurs à cause de sa beauté que nos ennuis ont commencé. Une grande de seize ans, Vanessa Courtot, l’a accusé de l’aimer et de le lui avoir expliqué avec ses mains qui l’auraient caressé sous sa jupe. Alors que ce n’est même pas vrai, Vanessa, elle a menti. Mon papa, il ne l’aime pas. Je le sais car c’est Janine qu’il aime. Même que je les ai vus s’embrasser et qu’ils étaient tout nus. C’était un jour où j’étais allée chercher de la farine chez la voisine et comme personne ne m’avait répondu quand j’avais frappé alors que j’entendais de la musique, j’étais entrée. Et là, en face de moi, j’ai vu les fesses de mon papa donner des coups de reins très rapidement dans les fesses de Janine qui était pliée en deux et qui se tenait au rebord du canapé pour ne pas tomber. Ça faisait plein de bruit, flop, flop ! Mon papa, han, han ! Janine, oh oui, oh oui ! Le basset artésien, slurp, slurp ! Pauvre Jules, il suivait du regard en bavant les gros nénés de Janine qui se balançaient. Comme ils avaient le dos tourné, personne ne m’a vu et j’ai eu peur car je n’ai que dix ans et Janine n’est pas ma maman, mais je n’ai pas crié, j’ai juste pleuré.

Quand je suis rentrée chez moi sans la farine, j’ai menti que Janine n’était pas là et j’ai téléphoné à Adrien, mon copain, pour tout lui raconter. Il m’a dit que j’avais de la chance et qu’il aurait bien aimé voir la scène car ça devait être mieux en vrai qu’à la télé où il regarde en cachette les films pornos de son père divorcé quand celui-ci sort draguer. Ça m’a énervé parce qu’Adrien, c’est mon fiancé, et j’aurais préféré qu’il me plaigne plutôt qu’il soit si obsédé. À la récré, c’est pareil, il faut toujours qu’il mime aux autres élèves les positions que les grands font pendant l’amour au lieu de rester à me tenir la main. Du coup, je ne sais pas si je veux toujours l’épouser car j’ai peur qu’il devienne un homme-chien comme mon papa qui préfère renifler les fesses des dames au lieu de jouer avec moi.

Vanessa, elle est amoureuse de mon papa depuis le jour où il lui a écrit une chanson pour la fête du lycée. C’est sûr que sur scène, lui à la guitare et elle, avec ses cheveux blonds, il faisait un beau couple, et c’est pour ça qu’elle a raconté n’importe quoi, histoire de le punir qu’il n’ait jamais voulu l’embrasser. Je sais qu’elle est en capable car moi aussi, j’ai fait la même chose avec une fille qui ne voulait pas me prêter sa corde à sauter. Je l’ai dénoncé qu’elle n’arrêtait pas de copier sur moi pendant un exercice de français alors que ce n’était même pas vrai. C’était pour me venger et quand la maîtresse l’a puni en la mettant au piquet, j’ai été contente et je me suis dit bien fait ! Et Vanessa, elle a fait la même chose avec mon papa. Bien fait ! Elle s’est dit après le procès. Vanessa, elle rêve de devenir une star et c’est pour ça qu’elle aime se faire remarquer à mettre des minijupes et à se maquiller autant. Faut dire qu’elle est jolie comme fille et qu’elle se voyait déjà en tournée avec mon papa qui aurait quitté ma maman pour lui faire tous ses caprices de vedette. Je crois surtout qu’elle regarde trop la télé.

Après l’histoire de la farine, je suis restée longtemps à ne plus savoir qui mon papa aimait le plus de Janine, ma maman ou moi et ça m’inquiétait quand je le voyais faire des sourires en cachette à Janine qui était la meilleure copine de ma maman. J’étais gênée de comprendre qu’il pensait toujours à ses fesses, mais je me taisais. Je me disais juste que c’est fou comme les garçons, ils aiment les fesses. Je le vois bien avec Adrien, il veut toujours mettre sa main dans les miennes. Ça m’énerve ! Et je ne sais pas à qui en parler, en tous les cas, pas à ma maman car je ne voudrais pas qu’elle se doute de quelque chose en faisant le rapprochement.

Quand il y a eu le procès à cause de Vanessa, mon papa, il n’a pas osé dire qu’il aimait Janine car elle est mariée à un handicapé que ça aurait tué s’il l’avait su. Il a préféré se taire, alors je n’ai pas parlé non plus et il a été condamné. Le jour où il a perdu son boulot, il a vendu son Alfa Roméo. Depuis, il traîne à pied son âme en peine dans tout le quartier où plus personne ne veut lui parler. Ça me fait de la peine car c’est mon papa quand même, c’est dur d’avoir pitié de lui quand je le vois tituber avec sa barbe pas rasée et ses pulls troués, ça me donne même envie de pleurer. C’était un si beau papa, mon papa ! Et drôle ! Et intelligent ! Il m’apprenait à bien parler le français et aussi à écrire des poèmes avec le nombre de pieds qu’il faut pour que ça rime et tout. Et maintenant quand je le vois sortir du bistrot à répéter dix fois la même chose en marchant de travers comme un crabe amoché, j’ai honte. Je prends même une autre rue pour ne pas le croiser. Ce n’est pas bien, je sais, d’avoir honte de son papa, mais je ne le reconnais plus. Plus jamais, il me prend sur ses genoux et dès qu’il a bu, il me crie dessus que je ne  dois pas devenir une traînée comme ma mère ou plein d’horreurs dans lesquelles il a hâte de devenir un grand écrivain pour dire merde à tous ceux qui n’auront pas cru à son talent. Et depuis que Janine ne le laisse plus rentrer chez elle et qu’avec son mari en chaise roulante que j’aimais bien promener dans l’allée, elle ne vient plus jamais à la maison rire avec ma maman comme avant, il crie encore plus souvent.

Mon papa, je crois, qu’il boit pour se tuer à petit feu et aussi peut-être à la longue ma maman qui a pris cent ans en moins de deux ans. Quant à moi, je pleure tout le temps tellement je regrette de ne pas avoir dit la vérité au procès. Je suis sûre que si j’avais parlé de Janine, mon papa, il n’aurait pas été renvoyé de son lycée. Mais je ne l’ai pas fait car cela aurait fait pleurer ma maman qui aurait eu aussi mal que moi en les voyant. C’est pour ça que j’ai fait le choix de me taire, monsieur le notaire qui est venu signer les papiers de la vente de notre maison à un jeune couple marié avec deux enfants et plein d’espoir d’être heureux chez nous. Résultat, à cause de moi, on est tous les trois à ne plus jamais pouvoir se parler normalement sans se crier dessus tellement j’ai l’impression que l’on ne se supporte plus.

Alors hier, pour oublier que je n’avais que 8 ans et que j’allais vivre dans un petit appartement, en rentrant de l’école, j’ai fait comme mon papa, je me suis servi un verre de whisky. C’était très mauvais. Le whisky, ç’a un goût fort et une odeur qui est tout de suite entrée dans mes trous de nez à me donner envie de vomir. Je me suis dit que mon papa, il devait vraiment être très malheureux pour se punir autant en buvant tous ses whiskys. Si ça se trouve, c’est comme le Christ avec sa croix, mon papa, il souffre pour se faire pardonner mon péché de ne pas avoir dit la vérité . Alors pour l’aider, je me suis forcée à avaler le verre tout entier en me disant que c’était comme un médicament qui allait le sauver. J’ai tout de suite eu la gorge en feu et j’ai fait des rototos. Soudain, ma tête a tourné et j’ai vu tout gris. Pour retrouver ma vue d’avant, j’ai pris la bouteille de whisky et j’ai bu au goulot, glou, glou. C’était dégoûtant, glou, glou, mais il me fallait y arriver pour sauver mon papa, glou, glou. Il n’y avait aucune raison qu’il soit tout seul à porter sa croix, non mais, j’étais là et j’allais lui montrer qu’il pouvait compter sur moi ! Glou, glou.

Quand je me suis réveillée, j’étais dans un lit à l’hôpital avec ma maman à mes côtés. Je ne me souvenais de rien. Puis soudain ça m’est revenu et je me suis dit que la situation était trop compliquée pour lui en parler, alors je me suis tue. Ma maman ne m’a pas laissé le temps d’être mal à l’aise, elle m’a tout de suite embrassée avec plein de larmes dans ses yeux tellement elle avait l’air ému. Elle ne m’a pas grondée non plus. Elle m’a expliqué que mon papa m’avait trouvé inconsciente avec une bouteille de whisky vide à mes côtés et qu’il m’avait emmenée aux urgences. Et que j’étais à l’hôpital depuis dix jours déjà. Et que mon papa lui aussi était couché dans une chambre à côté en train de se faire soigner et qu’il avait déjà changé. Il lui avait même demandé pardon et que bientôt, nous allions partir vivre tous les trois au bord de la mer pour recommencer une nouvelle vie. Youpi, je me suis dit. Youpi, vive le whisky !

SAM - Samoyède - Besançon

SAM - Samoyède - Besançon

Mon chien

Mon chien, il est beau, mais il est con car il n’arrête pas de manger le dentier de ma mamy. Faut dire que quand elle se couche, elle le pose sur sa table de nuit. Alors forcément, ça le tente. Quand elle se réveille ma mamy, la première chose qu’elle fait, elle cherche ses dents. Mon chien, pendant la nuit, il aura tellement joué avec qu’il nous arrive de les chercher pendant très longtemps et de finir par les trouver n’importe où, dans le jardin, sous un lit, dans la cuisine. Des fois même, mon chien, il les aura tellement mordues que ma mamy, elle ne peut plus les mettre. Dans ces cas-là, ma maman l’accompagne chez le dentiste pour lui commander un dentier tout neuf et pendant tout le temps que ça prend, ma mamy, elle reste sans ses dents et on dirait qu’elle a 100 ans. Mais ça ne la gêne pas pour rigoler. Mon papa, non plus, ça ne le gêne pas. Il a les dents toutes jaunes et sales comme la couleur de la cuisine que je voudrais que l’on repeigne, mais mes parents ont toujours mieux à faire. Du coup, à part Aurélie, je n’ai pas d’autres amis car je ne veux pas les inviter et leur montrer comment la cuisine n’est pas jolie alors que le reste de ma maison, c’est bien.
 
Mon papa, ses dents de mendiant, ce n’est pas une histoire d’argent car il conduit une Porsche. C’est à n’y rien comprendre aux grands. Pareil pour ses ongles qu’il ne veut jamais se couper ou quand il fait des prouts et qu’il dit santé pour se marrer. Il est limite question propreté alors que je n’ai jamais entendu quelqu’un qui savait aussi bien chanter que lui. C’est bien simple, il chante tout le temps et notre maison, elle est toujours pleine de gens qui viennent s’amuser avec lui. Je crois qu’il n’y a d’ailleurs que ma maman et moi qui aimerions qu’il prenne sa douche plus souvent, les autres gens, ils ne l’embêtent jamais avec ça. Ma maman, elle dit qu’il n’aime pas se laver parce que quand il était petit, il vivait rue des Lavaux à Monchanin et que quand on a vécu rue des Lavaux à Montchanin, et bien, ça vous restait imprimé à vie. Enfant, mon papa, il était très pauvre et sa maman, elle ne le lavait qu’une fois par semaine dans une bassine d’eau chaude où après toute sa famille y passait. Alors que pendant le même temps, ma maman, elle vivait dans une grande maison et elle prenait son bain tous les jours dans une baignoire d’étain dans une belle salle de bains où il y avait une cheminée et une vue sur la mer. Et bien, il y a des différences aussi grandes que ça qui arrivent quand même à fonder une famille. Je vous jure, j’ai 8 ans et j’ai un papa et une maman et aussi ma mamy.
 
Il est con mon chien parce qu’on a beau le gronder que ce n’est pas bien de jouer avec le dentier de mamy, il recommence toujours. Ça doit le faire marrer. Et quand on le punit en le faisant dormir dehors, c’est avec les poules du voisin qu’il va jouer. Sauf qu’il ne sait pas jouer avec sans les tuer. Et le voisin, ça le met dans des colères où après il aimerait bien faire la peau à mon chien et même l’envoyer au tribunal pour que les gendarmes, ils le piquent. Et mon chien, on a beau lui expliquer que quand on est un chien citadin comme lui qui vit en ville, on n’a pas besoin de faire fonctionner son instinct de survie comme si on était au Pôle Nord avec rien à manger, et bien non, il ne comprend rien et le lendemain, il recommence à tuer.
 
Pourtant ma maman, elle le nourrit bien avec de la viande qui coûte cher et des légumes et du riz. Les poules, il les offre à sa fiancée, la chienne du docteur Duvernoy, notre médecin de famille. C’est une grosse labrador qui fait la maligne car mon chien, il est amoureux d’elle et elle refuse ses avances alors qu’elle se laisse renifler le derrière par tous les autres chiens du quartier qui en plus sont beaucoup moins beaux que le mien. C’est à n’y rien comprendre aux chiennes. Mon chien, en tous les cas, ça le déprime et après, il rentre tout désespéré à la maison. Il fait la même tête que mon papa quand il a pris l’apéritif avec le mari d’une de ses amoureuses au lieu d’autre chose qu’il avait prévu et qui s’était mal passé. Parce que mon papa, même avec ses dents, il a beaucoup de succès avec les femmes. Il les aime toutes. Et moi, je les déteste. Toutes. Toutes sauf ma maman et Aurélie et aussi ma mamy.
 
Quand on a du monde à la maison, mon papa et mon chien, ils ont horreur que les gens s’en aillent. Comme si ça les ennuyait que l’on se retrouve en famille. Alors, ils raccompagnent nos invités le plus loin possible jusque dans la rue, mon papa avec sa serviette à la main et mon chien, un torchon dans la bouche ou l’inverse, je ne sais plus très bien. On dirait deux crétins.

Ma maman, elle a tout essayé pour que mon chien ne soit plus un criminel et mon papa un bon mari fidèle. Elle l’a même enfermé toute une journée dans le cagibi avec une poule attachée autour du cou, mon chien, pas mon papa... Et bien quand on lui a ouvert la porte à ce couillon, il nous a fait la fête avec sa poule morte comme si de rien n’était et sans comprendre que c’était une punition. Mais un jour ma maman, elle en a tellement eu marre que les poules que mon chien tue et qu’elle rembourse au voisin au prix du marché, ce qui n’est pas rien, elles soient gaspillées chez la Duvernoy, qu’un matin ni une ni deux, elle est allée chez le docteur et elle a récupéré son bien. Puis sans hésiter, elle l’a apporté à Monsieur Paquet, notre boucher et comme il est amoureux de ma maman en cachette et bien il lui a plumé sa poule. Puis ma maman, elle nous l’a fait manger avec du riz et des légumes et elle nous a dit que dorénavant, ce serait toujours ainsi.
 
Et aussi mon chien, chaque fois que l’on va à la campagne, il se roule dans les bouses de vaches pour faire l’invisible question odeur et que les vaches, elles ne le voient pas venir quand il les attaque. J’espère qu’il n’arrivera jamais à en tuer une car je ne sais pas si Monsieur Paquet, il serait très content que ma maman, elle lui dépose une vache morte à découper en beefsteak pas trop épais parce que mon papa et ma mamy, ils ont du mal à mâcher. Ça lui empêcherait ses bénéfices surtout qu’on a un compte très cher chez lui où l’on fait marquer tout ce que l’on achète.
 
Mon chien, il est con, mais je l’aime bien parce qu’il est beau et qu’il me fait marrer. C’est bien simple, c’est le plus beau de toute la région et chaque fois qu’on l’emmène dans un concours de beauté avec ma maman, et bien, on rentre à la maison avec des saucissons et du champagne. Ma maman, elle a honte de le faire défiler, alors c’est toujours moi qui le fait passer devant le jury. Au début, il fait bien le fier, puis très vite, il va aller embêter un autre chien surtout si c’est un caniche bien coiffé, il les déteste ceux-là. Et bien, même s’il est très désobéissant comme chien, on gagne toujours le premier prix de beauté.
Et rien que ça, ça veut dire que je dis toujours la vérité et que mon chien, il est vraiment beau.

Nouvelle de mon recueil Brèves enfances, paru aux éditions Au diable-Vauvert
 

BREVES ENFANCES - ÉDITIONS AU DIABLE VAUVERT - Vanessa (nouvelle)

Alain Guillo lit Henri, une nouvelle de Sylvie Bourgeois parue dans son recueil Brèves enfances, aux éditions au Diable Vauvert

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Sylvie Bourgeois Harel - Marraine d'abeilles - Le Club 55

Sylvie Bourgeois Harel - Marraine d'abeilles - Le Club 55

Sylvie Bourgeois Harel au château de La Mole chez Patrice de Colmont, propriétaire du Club 55, parrain de l'association Selva -- Var

Sylvie Bourgeois Harel au château de La Mole chez Patrice de Colmont, propriétaire du Club 55, parrain de l'association Selva -- Var

L'homme, le premier prédateur d'abeilles

Imaginez.

Vous allez au marché.

Vous choisissez les plus belles courgettes,  poivrons, oignons, aubergines et tomates.

Vous rentrez chez vous.

Vous préparez avec amour une ratatouille, c'est votre plat préféré  pour l'été. Vous tenez d'ailleurs la recette de votre mère qui la tenait elle-même de sa propre mère qui la tenait de sa grand-mère. C'est dire si elle est bonne.

Et au moment de passer à table, alors que vous salivez déjà, on vous enfume. Vous êtes à moitié asphyxié à tousser et à cracher vos poumons quand soudain on vous retire votre assiette et on met à la place un vieux bout de pain rassis. Vous êtes tellement sous le choc que vous ne pouvez pas vous rebeller.

Que diriez-vous ?

Et bien, c’est ce qu’il se passe avec les abeilles lorsque des hommes leur retirent leur miel qui est leur nourriture pour laquelle elle travaille toute la journée, et remplacent celle-ci par un sirop sucré.

Un sirop à base de sucre industriel. Le sucre industriel est un poison pour l’être humain, alors imaginez pour elles ! Ce sirop les affaiblit et les rend encore plus vulnérables aux agressions chimiques, aux maladies, aux pesticides, et au fait qu’elles soient industrialisées. En effet, elles sont devenues les ouvrières les moins chères du marché ! Sans compter qu'elles ont été modifiées génétiquement pour les rendre plus faibles afin qu'elles n'attaquent plus l'homme lorsque ceux-ci les pillent.

Depuis que le miel est devenu un produit de consommation courante, il n’est pas rare de trouver deux cents, voire trois ou quatre cents ruches sur un même site. Imaginez les dégâts pour les autres insectes qui jouent également leur rôle de pollinisateur et qui vont se retrouver en concurrence avec des essaims de 25000 à 50000 abeilles par ruche.

Lorsque je suis devenue marraine de SOS abeilles créée par l'Association Selva, tandis que Patrice de Colmont, le propriétaire du Club 55 devenait parrain, j’ai appris que 50% des abeilles Apis Mellefera avaient disparu. J’ai appris également que l’abeille qui est le principal pollinisateur en France vit, si elle est née au printemps, environ 6 semaines durant lesquelles elle produit en milieu naturel 1 gramme de miel et que pour en obtenir un kilo, 1000 abeilles peuvent parcourir jusqu’à 800 000 km (soit 20 fois le tour de la planète) en 250 000 heures.

Nous sommes bien d’accord que l’homme ne devrait rien prendre aux abeilles, mais puisque la vie est faite de compromis, j’ai appris également qu’on ne les mettait pas en danger si on leur prenait 10 à 15% maximum de leur production. Mais surtout pas plus.

Si vous voulez les aider, appeler SOS abeilles qui propose des hôtels à abeilles que vous pouvez poser sur votre propriété ou sur un terrain communal. Dans ces cas, on leur laisse leur miel. L’idée est qu’elles vivent en paix, qu’elles pollènisent et se reproduisent à leur rythme. En effet, l’abri est volontairement petit pour qu’au bout d’un ou deux ans, la reine se sente à l’endroit et ait envie d’aller essaimer à l’extérieur pour créer de nouveaux essaims. Chaque hôtel à abeilles est livré et installé chez vous au bon endroit pour que les abeilles se sentent en sécurité, avec un essaim d’environ 20000 abeilles noires qui sont sauvages, et donc beaucoup plus résistantes que ces pauvres abeilles qui ont été sélectionnées et modifiées afin qu’elles deviennent plus dociles.

Alors, et si vous faisiez comme moi ? Si vous investissiez dans l’hôtellerie de plein air, un investissement pour la vie ?

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Patrice de Colmont, Paul Kuthe, Anna Brones, John Waller et Sylvie Bourgeois Harel au Club 55

Patrice de Colmont, Paul Kuthe, Anna Brones, John Waller et Sylvie Bourgeois Harel au Club 55

Sylvie Bourgeois - Patrice de Colmont - Projection salle Albert Raphaël à Ramatuelle du documentaire Les voyageurs sans trace

Sylvie Bourgeois - Patrice de Colmont - Projection salle Albert Raphaël à Ramatuelle du documentaire Les voyageurs sans trace

En 1938, Bernard de Colmont, explorateur et anthropologue, entraîne sa jeune épouse Geneviève à descendre avec lui et son ami Antoine de Seynes, les fleuves Green River et Colorado River aux États-Unis, en kayak. Après le succès de leur expédition, dès leur retour en France, ils deviennent des héros racontant au travers de multiples interviews leur incroyable aventure, Geneviève fait même la couverture de Marie-Claire. Équipés d'une caméra, ils ramènent des images de leur exploit, en effet, ils sont les premiers à être revenus vivants. En 1942, sort leur film, La rivière enchantée, réalisé par Roger Verdier. Mais la Seconde Guerre mondiale arrive coupant court à leurs réjouissances et aux multiples conférences auxquelles ils étaient invités pour raconter leurs péripéties.

En 2015, 77 ans plus tard, 3 jeunes américains refont cette expédition dont Ian McCluskey réaliser un documentaire, Voyagers without trace, mêlant films d'archives et images d'aujourd'hui où les jolis kayaks en bois, les mêmes que ceux des Inuits sont remplacés par des kayaks modernes de couleurs vives.

En 1955, Bernard de Colmont crée avec sa femme le restaurant Le Club 55 sur la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, près de Saint-Tropez, après avoir découvert ce lieu idyllique en 1947 alors qu'il tournait un documentaire sur le transport d'oranges. Il revient s'y installer peu de temps avec son épouse et ses deux fils et finit par acquérir un bout de terrain au bord de l'eau.

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Nicolas Drion - Amélie Drion - Sylvie Bourgeois Harel - La Ferme des Bouis - Ramatuelle

Nicolas Drion - Amélie Drion - Sylvie Bourgeois Harel - La Ferme des Bouis - Ramatuelle

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Ferme des Bouis - Ramatuelle

Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline l'aubergine - Ferme des Bouis - Ramatuelle

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Marcelline l'aubergine - Ferme des Bouis - Ramatuelle

Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Marcelline l'aubergine - Ferme des Bouis - Ramatuelle

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  • : Sylvie Bourgeois Harel, écrivain, novelliste, scénariste, romancière Extrait de mes romans, nouvelles, articles sur la nature, la mer, mes amis, mes coups de cœur
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