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Chroniques du monde d'avant (8), la plage du Planteur à Ramatuelle, par Sylvie Bourgeois Harel

Chroniques du monde d'avant, la plage du Planteur à Ramatuelle

par Sylvie Bourgeois Harel

J’ai 20 ans et je viens enfin, pour la première fois de ma vie, de passer deux mois idylliques, seule, avec mes parents à Besançon. Mais ce bonheur ne durera pas. Vincent, un de mes frères qui a 3 ans de plus que moi, et avec qui je viens de passer une année très dure à Cap-d’Ail où je travaillais comme hôtesse à Monaco vient de débarquer.

Vincent est beau, gentil, intelligent, très intelligent même, il fait des très belles photos, cite Deleuze et Derrida, ses profs de Fac, mais il ne va pas bien psychologiquement. Personne ne me croit quand je dis qu’il a des problèmes psychiatriques, au contraire, je passe pour la méchante sœur qui veut le faire soigner. Cinq ans plus tard, il sera diagnostiqué schizophrène et sera interné à de multiples reprises.

Comme je ne suis pas en état de le supporter après tout ce que j’ai vécu à Cap-d’Ail, le matin, si je lui disais non, il me mordait le bras pour que je lui donne de l’argent, la nuit, il écoutait trois radios à fond, si des amis venaient dormir, il repeignait leur chambre d’onomatopées de guerrier, je décide de fuir la maison familiale où pourtant j’étais heureuse de profiter de mes parents.

Je téléphone à l’Office de Tourisme de Deauville, Megève et Saint-Tropez, trois villes que je ne connaissais pas, mais qui me faisaient rêver, pour savoir s’il n’y aurait pas une annonce pour du travail. À Saint-Tropez, on me répond qu’en effet, une pizzeria recherche un serveur confirmé. Je convaincs le propriétaire que je suis un serveur confirmé.

Le lendemain, je débarque avec quatre heures de retard, mon train ayant écrasé une vache, peut-être une vache qui, comme moi, s’était sentie obligée de quitter sa famille aimante pour avoir la paix, à la gare de Saint-Raphaël où le frère du patron m’engueule.

À deux heures du matin, le chef de rang de la pizzéria m’accompagne à ma chambre derrière chez Sénéquier, j’étais logée, nourrie, et là, stupeur, il y a deux fois quatre lits superposés, avec sept personnes qui dorment déjà, le huitième lit est pour moi. Non seulement ça pue des pieds, mais il m’est impossible de me coucher dans une telle promiscuité, sans parler du popo qui doit être commun et la douche certainement aussi.

Je retourne voir le patron qui comptait ses sous, suivie du chef de rang qui porte mes trois valises, à 20 ans, je voyageais toujours avec des tonnes de vêtements comme si ma vie en dépendait, aujourd’hui, j’ai tout simplifié, que je parte pour un mois ou trois jours, je prends toujours la même petite valise remplie de l’essentiel.

— Pouvez-vous m’indiquer un hôtel, il est hors de question que je dorme avec sept personnes qui puent des pieds, dis-je au patron qui me regarde, étonné.
— Nous sommes le 1er août, vous n’en trouverez pas.
— Je vais alors dormir chez vous.

Il me regarde encore plus étonné.

— Vous avez une pizzeria, vous devez bien avoir une maison, non ?
— Non, je vis dans un studio avec ma femme et notre bébé.

Le chef de rang avait dû me trouver mignonne, il me propose sa chambre de chef de rang, son statut de chef lui donnait le privilège de dormir seul. Il reprend mes trois valises et les dépose dans une chambre où, en effet, il n’y a qu’un seul lit mais avec une hauteur sous plafond d’un mètre quarante à tout casser, et toujours pas de popo ni de douches. Je le remercie.

J’attends qu’il soit loin et pars me promener dans Saint-Tropez à la recherche de pains au chocolat tout chauds. C’est une manie, la nuit, je mangeais des biscuits ou des pains au chocolat à la sortie des boîtes de nuit où j’adorais aller danser. Et Saint-Tropez est une boîte de nuit géante, il est trois heures du matin et c’est la fête partout, je suis conquise d’autant qu’en face du Yaca, un monsieur vend des pains au chocolat tout chauds.

Tout en avalant mon troisième, je lui raconte mes aventures, mon frère fou, sa poule encore plus folle que lui qui, chaque jour, montait sur la branche du néflier pour pondre son œuf qui, inévitablement, s’écrasait sur la terrasse, mes parents que j’aime et que je suis triste d’avoir été obligée de quitter, la pauvre vache éprise, elle aussi, de liberté, les pieds qui puent des serveurs, le popo en commun, quand un garçon à peine plus âgé que moi qui m’écoutait, fasciné, me propose de m’emmener chez lui, ses parents ont un grand appartement à Port-Grimaud.

J’achète quatre pains au chocolat pour remercier le chef de rang, le gentil garçon prend mes trois valises et hop me voilà enfin couchée, seule, dans un vrai lit avec des toilettes propres et une grande salle bains.

Le lendemain matin, le gentil garçon retarde son retour à Grenoble et m’emmène faire le tour des plages afin que je trouve du travail pour le mois d’août. Je n’avais pas assez dormi, j’étais épuisée, il était vraiment gentil, il me portait sur son dos.

À la Bouillabaisse, ils recherchent un cuisinier confirmé pour le snack. Je les convaincs que je suis un cuisinier confirmé. Par chance, je tombe sur la fille d’amis de mes parents qui travaille également là. Elle me propose de m’héberger chez sa fiancée, une riche allemande plus âgée. Le soir, après le dîner, je comprends que je dois dormir dans leur lit. Je prétexte une folle envie de sortir et file aux Caves du Roy où je danse en dormant debout car je suis exténuée de fatigue.

Pendant trois jours, je mets un fichu sur mes cheveux et je fais des frites et des hamburgers. La nuit, je danse en dormant debout et je mange des pains au chocolat pour tenir le coup. La 4ème nuit, le monsieur me donne le téléphone de son copain qui recherche une serveuse confirmée pour son restaurant Le Planteur situé sur la plage de Pampelonne. Je le convaincs que je suis une serveuse confirmée et je commence à travailler dans ce très joli endroit où je suis logée dans un bungalow pour moi toute seule au bord de la mer où je me baigne matin et soir avec Frantz, le gentil plagiste de mon âge.

C’était une plage d’habitués bien élevés. À 11 heures, je passais entre les matelas prendre les commandes et à 13h, tout le monde était à table. Les deux patrons s'occupaient de la cuisine. L'un était petit et fluet, l'autre était baraqué, tatoué, le crâne rasé, Frantz m’avait dit que c’était un ancien légionnaire ou mercenaire, le genre à ne pas aimer être embêté.

Un jour, comme d’habitude, j’entre dans la cuisine avec mon carnet de commandes plein, mais ils ont tellement bu la veille qu’ils sont incapables de préparer le repas. Sur la terrasse, les clients commencent à s’impatienter. En tant que serveuse confirmée, je prends les dessus et retourne dans la cuisine en tapant dans mes mains :

— Allez, hop, les mecs, je leur dis en riant, il faut vraiment vous mettre au boulot, sinon je vais avoir une mutinerie, nos vacanciers meurent de faim.

Je devais, sans m’en rendre compte, être un brin autoritaire du haut de mes 45 kilos si bien que le mercenaire-légionnaire-tatoué-baraqué-rasé m’a soulevée du sol.

— Non mais, la princesse, je rêve, tu crois vraiment que tu vas me donner des ordres, écoute bien, je n’ai jamais obéi à personne dans ma vie, et ce n’est pas une jolie poupée comme toi avec son petit minois qui vas commencer à me transformer en toutou à sa maman.

Il m’a balancée dans la chambre froide entre les morceaux de viande et les plaquettes de beurre, et l'a refermée en râlant qu’il avait encore soif. Je n’ai eu la vie sauve que grâce au gentil Frantz qui, ne me voyant plus, s’est inquiété. Le petit patron fluet, moins prêt que son copain tatoué à commettre un crime qu'ils auraient dû cacher en me cuisinant le lendemain pour leurs clients afin de faire disparaître mon corps, lui a avoué où j’étais.

 

Sylvie Bourgeois Harel
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Des tics et des tocs

Des tics et des tocs

 

Je m’appelle Frédérique et je suis pleine de tics et de tocs. Je n’ai jamais vraiment compris la différence. La seule chose que je sais, c’est que mes tics et mes tocs, mes tic-tocs, comme je les appelle, m’accompagnent partout. Depuis que j’ai 8 ans. Depuis que j’ai vieilli en une nuit. Ils sont mes amis. Mes gardes du corps. Mes bouées de sauvetage. Ils me rassurent et me font oublier.  Tout oublier. Grâce à eux, je redeviens une petite fille qui voudrait que sa maman ne l’ait jamais laissée seule chez son tonton. Ce n’était pas de sa faute. Elle ne pouvait pas savoir. Elle était partie se faire opérer d’un sein dans une clinique de Strasbourg, et mon papa n’était pas là. J’avais un papa, mais il n’était jamais là, Je l’appelais mon papa pas là. D’où l’idée de mon tonton pour me garder.

 

Mon tonton qui, au moment d’aller me coucher, a glissé sa main dans mon pantalon et n’a plus arrêté. Il m’a dit qu’on allait prier très fort pour que ma maman ne meure pas. Que pour bien prier, on devait être très près, très proches, très serrés. Puis il a retiré mon pantalon tout en faisant chut avec sa main posée sur ma bouche afin que je ne crie pas. Je n’ai pas osé bouger puisque si je bougeais et priais mal, ma maman allait mourir. Et puis c’était mon tonton quand même. Le frère aîné de ma maman. Celui qui me servait de papa quand le mien n’était pas là. Alors, comme j’aimais ma maman, même si ça ne me plaisait pas du tout, mais pas du tout, tous ces doigts de tonton dans ma culotte qu’il a fait glisser le long de mes jambes jusqu’à ce que je me retrouve toute nue, je me suis tue. Je ne voulais pas qu’elle meure.

 

Soudain, mon ventre s’est fracassé. J’ai hurlé. Hurlé tellement j’ai eu mal. C’était pire que tout. Pire que lorsque je m’étais brûlée les fesses en m’essayant sur un radiateur électrique. Pire que lorsque deux filles à la récré ont enroulé la corde à sauter autour de mon cou parce que j’étais meilleure qu’elles et ont tiré chacune de leur côté. Pire que lorsque je suis tombée sur le nez à vélo. Je n’ai pas de mot pour décrire cette boule de feu qui s’est emparée de mon sexe. Mes yeux se sont embués. Toute ma vie de petite fille heureuse s’est s’écroulée. J’ai eu la sensation que tout était fini pour moi. Tout était fini. Plus jamais, je ne pourrais aller jouer avec Nathalie après l’école, plus jamais je ne rigolerais des blagues de Christophe, plus jamais je ne voudrais que mon papa pas là me prenne dans ses bras. Plus jamais. Plus jamais. Tout était fini.

 

Mon tonton tout entier était entré en moi. Sa chemise frottait mon visage. De plus en vite. De plus en plus douloureusement. Alors pour ne plus avoir mal et pour que ma maman ne meure pas, j’ai décidé de mourir. Du haut de mes 8 ans, de tout ce que je pouvais savoir de la mort, je suis morte. J’ai donné ma vie pour que vive ma maman. Puis je me suis envolée dans les cieux. Je me suis envolée loin de mon corps, loin de mon pantalon qui gisait au sol, loin de mon tonton qui respirait si bruyamment sur moi. Je suis morte cette nuit-là.

 

Aujourd’hui, j’ai 58 ans, et mon sexe est toujours mort. Je ne ressens ni douleur, ni plaisir. Je suis morte à 8 ans, mais mon tonton a continué de vivre comme si de rien n’était, à venir déjeuner tous les dimanches à la maison, a emprunté de l’argent à ma maman parce qu’il n’en avait jamais assez. Moi, avec mon corps mort, je me taisais. Il m’avait fait promettre de me taire sinon ma maman finirait sous terre mangée par les vers.

 

Je me souviens aussi qu’il m’a portée jusque dans la baignoire et a fait couler de l’eau sur mes jambes. Il les a nettoyées avec une éponge pleine de sang qu’il a jetée. Puis il m’a séchée et m’a embrassée sur les cheveux en me prenant la tête. Je suis retournée me coucher. Je n’avais plus de larmes pour pleurer. Le lendemain, je ne suis pas allée à l’école, ni le jour suivant. Tonton a été très gentil avec moi, il m’a achetée du chocolat au lait avec des noisettes et une robe. Le chocolat, je l’ai vomi, et la robe, le premier jour où je l’ai portée, j’ai fait exprès de la tâcher avec de la confiture de fraises afin que ma maman comprenne que tout ce rouge à la hauteur du bas de mon ventre, ce n’était pas normal pour une petite fille. Mais elle n’a pas compris, elle m’a seulement grondée que tonton n’avait pas beaucoup d’argent et que cette robe lui avait coûtée beaucoup de sous.

 

Trois jours plus tard, lorsque ma maman est rentrée de l’hôpital, j’ai enfin pu retourner chez moi. Dès que j’ai passé le pas de la porte avec mon secret que je devais porter toute ma vie, une voix est descendue du ciel, la voix d’un ange, une voix venue me sauver. Elle m’a dit de toucher le mur. Cinq fois. Que si je touchais le mur cinq fois de suite et le plus souvent possible avec le grand doigt du milieu de ma main droite, plus jamais, mais plus jamais, ma maman ne retomberait malade, et plus jamais mon tonton ne retirerait mon pantalon.

 

Le lendemain matin, alors que je n’arrivais pas à avaler mon bol de chocolat chaud que ma maman m’avait préparée en raison du chocolat au lait avec des noisettes que mon tonton m’avait offert et que j’avais vomi, la voix est redescendue du ciel. Elle m’a dit de continuer de toucher le mur avec mon doigt et de toucher aussi mon nez avec ma lèvre supérieure et de le faire toujours cinq fois de suite. Je lui ai obéi. Elle a ajouté que cela me protégerait de mon tonton et de tous les garçons qui voudront retirer mon pantalon.

 

Dès que j’ai senti le velouté de ma lèvre supérieure toucher le bout de mon nez, j’ai éprouvé une douceur dans mon coeur. Un bonheur s’est emparé de mon cerveau. Un soulagement délicat comme un soupir m’a plongée dans un état de félicité comme lorsque je me réfugiais dans les bras de ma maman. J’ai même eu faim. C’était extraordinaire. C’était délicieux. C’était unique. Pendant une seconde, j’ai oublié les doigts de tonton. J’ai oublié mon pantalon mort sur le plancher. J’ai oublié ma douleur qui a fracassé mon zizi. Je n’ai jamais eu de zizi, les zizis c’est pour les garçons, mais ma maman qui a été élevée avec des garçons dont tonton a toujours appelé ça zizi. Alors je fais pareil, je dis zizi. Plus je touchais mon nez avec ma lèvre supérieure, plus je me sentais moins mourir.

 

Je suis alors partie à l’école en n’arrêtant pas de toucher le bout de mon nez avec ma lèvre supérieure et tous les murs ou grilles de maison ou poteaux de signalisation avec mon majeur. C’était bon. C’était bien. C’était mieux qu’une amie. En chemin, la voix venue du ciel, une voix qui n’était ni féminine, ni masculine, juste une voix divine à la sonorité encourageante qui me donnait confiance, m’a proposé un nouveau marché : en plus de toucher les murs avec mon majeur et le bout de mon nez avec ma mère supérieure, je devais aussi toucher le bout de mon pied droit avec ma main droite. Elle a ajouté que je pouvais le faire de deux manières différentes : soit je soulevais ma jambe droite vers l’arrière et je me penchais légèrement afin que ma main droite puisse toucher le bout de mon pied, soit je me baissais au sol pour le toucher. Elle me laissait le choix, mais il fallait que je le fasse toujours cinq fois de suite. Ça m’a plu d’avoir le choix. J’ai également choisi de ne plus jamais aller chez tonton, je me suis dit en arrivant à l’école. J’ai fait ça jusqu’à mes 17 ans. Les murs, le nez, mon pied, le sol, je n’arrêtais pas. Je trouvais toujours un prétexte, une excuse, si j’étais accompagnée. Oh j’ai perdu un bout de papier, je dois le ramasser. Oh ce mur a une drôle de consistance. Oh j’aime bien faire des grimaces, celle-là, c’est ma préférée.

 

À 17 ans, j’ai alors demandé à la voix divine et protectrice si je pouvais arrêter de toucher mon nez avec ma lèvre supérieure et de toucher mon pied avec ma main. Elle m’a répondu oui, mais qu’à la place, je devais tout en gardant la tête droite, tourner mes  yeux le plus possible vers la droite. Et le plus souvent possible et toujours cinq fois de suite. Ça et toucher les murs sont restés ma protection. Plus tard, j’ai appris que cinq était mon chiffre de vie que j’ai obtenu en additionnant le jour, le mois et mon année de naissance. La voix du ciel était donc vraiment divine pour l'avoir  su avant moi. La même voix qui guide mes sculptures aujourd’hui.

 

Aujourd’hui, j’ai 58 ans, je sculpte, je suis heureuse, j’ai mes périodes d’angoisse et de doutes, mon sexe est toujours mort au plaisir, et j’ai encore mes tics et mes tocs, mes tics-tocs, comme je dis en riant à mon compagnon quand il me voit toucher cinq fois le mur de notre maison lorsque je pars à mon atelier le matin. Je n’ai pas fait d’enfant afin qu’il n’ait jamais à croiser la route d’un tonton si je devais aller à l’hôpital. Je déteste le chocolat au lait avec des noisettes, et je n’ose pas refaire le geste de toucher le bout de mon nez avec ma lèvre supérieure tellement j’ai peur de reprendre gout à cet état de sérénité et de douceur qu’il me procurait. C’était même plus qu’un état de sérénité et de douceur, c’était un plaisir. Un véritable plaisir. Un plaisir rien qu’à moi. Un plaisir que je n’avais pas à donner, ni à partager.  Un plaisir intime entre ma douleur et moi. Comme une jouissance. Ma jouissance. Si je recommençais ne serait-ce qu’une fois, je sais que je n’arrêterais plus jamais tellement c’était bon.

 

J’ai 58 ans et je vis avec mes tics et mes tocs, mes tic-tocs, qui sont toujours mes amis, ma protection, ma superstition. Parfois, j’essaye de les arrêter. Mais c’est impossible. Je n’y arrive pas. Mais ils ne m’empêchent pas de vivre. Bien au contraire, ils m’aident, ils me soutiennent, ils me comprennent. Ils sont les seuls à savoir pour tonton. Ma maman est morte l’année dernière. Je ne lui ai jamais rien dit. J’attends que tonton meurt pour en parler, pour raconter, pour l’accuser. Tant qu’il est vivant, j’ai trop peur. Ce jour-là, peut-être que je me mettrai enfin à renaître.

 

Sylvie Bourgeois Harel

 

 

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  • : Sylvie Bourgeois Harel, écrivain, novelliste, scénariste, romancière Extrait de mes romans, nouvelles, articles sur la nature, la mer, mes amis, mes coups de cœur
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