Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - Patrice de Colmont - Le Club 55 - Lumière du Sud - Les Salins - Raymond Viala - L'Escalet - Cap Taillat - Cen Paca
Marcelline l'aubergine - Raymond Viala - Cen Paca - L'Escalet - Cap Taillat
Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - Patrice de Colmont - Le Club 55 - Lumière du Sud - Les Salins - Raymond Viala - L'Escalet - Cap Taillat - Cen Paca
Marcelline l'aubergine - Raymond Viala - Cen Paca - L'Escalet - Cap Taillat
Club 55 Cup 2016. Sylvie Bourgeois Harel interviewe Patrice de Colmont et Eugénia Grandchamp des Raux
Passionnée de mer et de bateaux à voiles, Marcelline, après avoir regardé les photos de Sylvie lorsqu’elle participait à La Nioulargue, a demandé à Patrice de Colmont de lui raconter comment il a eu l’idée de créer cette régate devenue une référence mondiale dans le milieu du nautisme où de grands navigateurs tels qu’Éric Tabarly (vainqueur entre autres de la Transat 1976 sur Pen-Duick VI), Bruno Troublé (finaliste de la Coupe America, America’s Cup, sur France III du Baron Bich et créateur de la Coupe Louis-Vuitton) ou Alain Gabbay ont participé.
Tout débute en septembre 1981. Patrice de Colmont pour s’amuser demande à son client devenu ami Dick Jason, propriétaire de Pryde, un Swan 44, s’il est capable de gagner Ikra, un 12 mètre JI appartenant à Jean Redelé et skippé par Jean Lorrain, sur un circuit allant de Saint-Tropez à la bouée de la Nioulargue pour terminer sur la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, où un déjeuner attend les deux équipages dans son restaurant Le Club 55.
L’ambiance est tellement bonne que l’année d’après, le défi est relevé avec de nouveaux participants. Afin d’acquérir une véritable notoriété, en 1983, Patrice de Colmont, accompagné d’Alain Gouedart et de leur bande, se rendent à Porto Di Cervo, en Sardaigne, pour convaincre les onze propriétaires des prestigieux Maxi de participer à sa régate. À l’époque, les Maxi est une classe YCAYA de sloops d’environ 70 pieds, 23 à 25 mètres, jauge JOR, super légers, dont le mat est immense, appartenant à un Club très fermé de milliardaires qui avaient leur propre comité de course, leurs propres règles et ne régataient qu’ensemble dans les plus beaux endroits du monde. Il y avait Edmond de Rotshchild avec Gitana, Herbert Von Karajan avec Hélisara, Jim Kilroy avec Kialoa, William Whitehouse avec Mistress Quickly, Albert Mirlesse avec Mylène, Christian de Galéa avec Coriolan ou encore Midnight Sun.
Outre les Maxi, la Nioulargue réunissait des voiliers de tous âges, de toutes jauges, des récents, des vieux gréements, des gréements de tradition tels que Shenandoah ou La Créole, des gréements auriques, des voiliers classiques de Jauge Internationale, et les plus belles goélettes du monde telles qu’Altaïr ou Moonbean. C’était un spectacle sublime !
Malheureusement, en 1995, un accident mortel survenu entre Mariette et Taos Brett sonne la fin de cette course qui sera reprise en 1999 par La Société Nautique de Saint-Tropez sous le nom Les Voiles de Saint-Tropez.
Sylvie Bourgeois Harel - Agathe Miserez - Hervé Bourgeois - Max Bourgeois - Virginio Bruni Tedeschi - La Nioulargue - Saint-Tropez
Sylvie Bourgeois Harel - Marcelline - Patrice de Colmont - Le Club 55 - 2018 - T-shirt Richard Popitti
Sylvie Bourgeois Harel - Patrice de Colmont - Marcelline l'aubergine - Le Club 55 - T-shirt Richard Popitti
PAN
Pan ! Je suis morte. Pan! Pan ! Dans mon beau visage. Pan ! Pan ! Bon, ça va maintenant ? Pan ! Pan! C’est vraiment con, les hommes !
Quand je me suis levée ce matin, j’étais déterminée. Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit tant j’étais excitée. Ah, il ne voulait pas divorcer ? Eh bien, il allait voir ce qu’il allait voir! Non mais, ce n’est pas parce qu’il fréquente le Tout-Paris qu’il va me dicter sa loi. Tout était organisé. Julie et Marc iraient chez ma mère. Ma lettre était rédigée. J’étais assez fière du passage où je traitais mon mari de bâton merdeux. Le salaud, quand j’y pense. J’ai embrassé Marc et Julie en leur promettant d’être de retour le soir-même pour regarder ensemble le journal télévisé de 20 heures.
— On va bien rigoler, je leur ai dit.
Je n’avais plus qu’à y aller. Je n’avais pas peur. J’étais en Dior. J’ai mis le fusil de mon mari dans mon Kelly. En trois pièces détachées dans mon Hermès. Je n’ai pas pris les balles. Je ne voulais pas tuer. Juste me faire entendre. Et divorcer. Zizi n’arrêtait pas d’aboyer.
— Mais qu’est-ce que tu veux, mon petit Zizi ? Mais oui, tu viens en voyage avec maman. Tu es trop mignon. Si seulement tous les hommes pouvaient te ressembler. Allez, hop, Zizi, monte dans la Mini de maman. Allez, hop ! Direction l’aéroport d’Orly.
Mon pauvre petit Zizi ! Il n’a rien dû comprendre. À l’embarquement, je l’ai mis dans mon Kelly sur les pièces du fusil. Les contrôleurs n’ont rien vu. En même temps, avec mon manteau Chanel, je n’avais pas une tête de criminelle. Zizi a été très sage, sauf au décollage. Je lui ai massé les oreilles. Les chiens n’aiment pas prendre l’avion, m’a dit un jour son vétérinaire qui a une émission à la télévision. Mon mari avait tenu à ce que le vétérinaire de Zizi soit connu. Pour mon mari, soit t’es connu, soit t’es riche, soit t’es rien. Pauvre con!
Après le décollage, je me suis enfermée dans les toilettes. J’étais très motivée. J’étais sûre que j’allais gagner. J’ai glissé mon enveloppe sous la porte, puis j’ai appelé l’hôtesse de l’air. Je voulais qu’elle donne ma lettre au commandant de bord. C’était simple, il devait la lire au journal de 20 heures ou je faisais sauter son avion. C’était pour de faux bien sûr, mais je leur ai fait croire que c’était pour de vrai. Zizi était avec moi. On a attendu longtemps. J’en ai profité pour lui faire faire son petit pipi. C’est ce qu’il y a de bien avec les Westies, ils nécessitent très peu d’entretien.
Soudain l’avion s’est posé. Quelqu’un a crié aux passagers de se dépêcher de débarquer. Je les ai entendus courir. Cela faisait beaucoup de bruit. Mon mari m’avait expliqué que pour faire connaître un produit, il fallait créer un événement suffisamment important pour que l’on en parle au journal de 20 heures. Mon produit, c’était l’humanité. Je voulais que le présentateur lise ma lettre qui demandait qu’on stoppe le nucléaire et la guerre du Kippour, et que l’on s’occupe enfin de l’écologie et de la nature. En post-scriptum, j’avais ajouté que je voulais divorcer et que mon mari, même s’il était l’ami du Président Pompidou, devait l’accepter. Je disais aussi qu’il me trompait depuis le début de notre mariage et que je méritais mieux.
L’avion est devenu très calme. J’étais fatiguée. Lasse. Cette journée m’avait épuisée. Je me souviens que j’étais triste. Très triste. Mes enfants me manquaient. Mon mari aussi. Il aurait su quoi me dire, quoi faire. On a frappé à ma porte. C’était le commandant de bord qui me disait que je pouvais sortir. Qu’il n’était pas armé. Qu’il était seul avec la chef hôtesse et un steward. Que ma lettre était très belle et que le gouvernement était en train de chercher une solution pour la télévision.
Je tremblais. J’avais froid. Je voulais mon mari. J’ai ouvert la porte. Le commandant m’a regardée, étonné. Il pensait peut-être que j’étais un monstre sanguinolent et bavant ? N’importe quoi, j’étais parmi les plus belles femmes de Paris. Il a pris mon Kelly. Quand il a vu mon fusil en pièces détachées, il m’a de nouveau regardée en hochant la tête. Il pensait quoi? Que j’allais le faire sauter, son avion ? Il m’a assise au premier rang de l’appareil. Zizi était sur mes genoux. Je pleurais. La tête me tournait. Je voulais mon mari.
— Monsieur le commandant de bord, je lui ai dit, pouvez-vous s’il vous plait téléphoner à mon mari pour lui expliquer ce que j’ai fait? Voici son numéro. Mon mari est un homme très important. Téléphonez-lui qu’il vienne me jeter en prison. Vous savez, je ne voulais pas le faire tomber, votre avion. Je veux juste que la vie soit meilleure. Si personne ne s’occupe de prendre soin de notre planète, nos enfants vivront dans quoi, monsieur le Commandant de bord ?
— Vous avez faim, madame ? m’a demandé la chef hôtesse.
Je l’ai regardée, sans répondre.
— Ou soif peut-être ? Votre mari va arriver. Il va venir vous chercher. Vous devez l’attendre ici. Sans bouger. En l’attendant, mangez ou buvez quelque chose.
— Pourquoi pas ? j’ai répondu. Je voulais lui montrer que j’étais conciliante.
La chef hôtesse a caressé la tête de Zizi qui s’est mis à grogner. J’aurais dû me méfier. C’était la première fois que mon chien, plutôt mondain, grognait.
Quatre hommes équipés façon armée sont montés m’apporter à manger. J’allais les remercier quand soudain j’ai remarqué, caché sous leur plateau-repas, le canon d’un fusil.
Pan ! Je suis morte. Pan! Pan ! Dans mon beau visage. Pan! Pan! Bon, ça va maintenant. Pan! Pan! C’est vraiment con, les hommes !
Sylvie Bourgeois Harel
J’ai écrit cette nouvelle, Pan, en souvenir de Danielle Cravenne, l’épouse de Georges Cravenne, le créateur, entre autres, des César, Molière et 7 d’Or, qui a été mon beau-père pendant une quinzaine d’années lorsque je vivais avec Charles, son fils aîné. Je n’ai bien sûr pas connu Danielle, j’étais encore une enfant lors des faits, mais sa tragique histoire m’a touchée. Le 18 octobre 1973, Danielle avait tenté de détourner un avion pour négocier l’arrêt de la sortie du film Rabhi Jacob, de Gérard Oury, elle trouvait indécent toute cette promotion en pleine guerre du Kippour, d’autant qu’elle militait pour la paix entre les antagonistes. Son époux a intenté deux procès pour réhabiliter sa femme, procès qu'il a perdus. Son avocat, Georges Kiejman, l'a dissuadé d'en intenter un troisième.
Ma nouvelle Pan est parue dans mon recueil On oublie toujours quelque chose, pour le commander, merci de m'envoyer un mail à : slvbourgeois@wanadoo.fr
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Sylvie Bourgeois, Brèves enfances, la nouvelle : Prison - Écrivain
François Berland lit Prison, une nouvelle de la romancière Sylvie Bourgeois, parue dans son recueil BRÈVES ENFANCES aux éditions AU DIABLE VAUVERT (créée par...
Avant de dîner au Cintra, la plus vieille brasserie de Megève, Henri les entraîne à un vernissage. Un monde fou se presse pour regarder des petits dessins vaguement inspirés de ceux de Crumb, en beaucoup moins bien. Un gamin de 25 ans à tout casser est la star du cocktail. Les amis de ses parents se précipitent pour le féliciter, l’embrasser, lui tapoter les épaules, lui frotter la tête, qui aurait cru ça de toi ? Qu’est-ce qu’on s’est fait comme souci à ton sujet !
Un peu plus loin, un playboy bronzé explique à un cheptel de zibelines et de renards argentés qu’il adore vivre dans les Hampton’s, car il n’y a pas de pauvres.
– C’est bien simple, si vous ne possédez pas de maison, c’est impossible d’y aller !
Sophie, pensive, observe son gynécologue s’avancer vers elle, un grand sourire aux lèvres.
– Bonjour chère amie ! Comment allez-vous depuis ce dîner chez… chez… aidez-moi, je ne me souviens plus de la dernière fois où nous nous sommes vus, lance-t-il en l’embrassant chaleureusement.
– J’avais les jambes écartées dans votre cabinet, je suis une de vos patientes.
Écarlate, il se confond en excuses. Heureusement, un homme grisonnant s’avance vers Sophie et la libère de ce malentendu.
– Voilà le résultat quand l’argent envahit le domaine réservé aux artistes, dit Sophie. Ce gosse a dû avoir envie d’exister, ce qui est légitime, mais au lieu de bosser à l’école, il a choisi la facilité de se prétendre peintre alors que de toute évidence, il est dénué de talent. Et ses parents, trop contents qu’il ait survécu à la drogue, à l’alcool, lui offrent les moyens de se croire quelqu’un alors qu’il n’est pas doué. Je les imagine perclus d’admiration pour leur rejeton qui, enfant, devait gribouiller au stylo Bic des cahiers entiers de petits soldats et de scènes de guerre. Et comme ces gens-là n’ont aucune culture, malgré ce qu’ils prétendent, ils crient au génie. Ça me rend dingue que l’on expose ces débilités.
– C’est mon beau-fils.
Sans se démonter, Sophie lui demande du tac au tac ce qu’il en pense.
– Voulez-vous que je vous le présente ?
– Laissez-le prendre son pied. C’est son quart d’heure de gloire. La question que l’on doit se poser, c’est de savoir si cet usurpateur qui existe grâce à vos moyens financiers prend la place d’un vrai artiste ou non ? À Saint-Tropez, j’avais vu la même chose avec une princesse de mes fesses qui avait exposé ses photos de vacances, elle les avait attachées avec des pinces à linge pour faire bohème. Vous me direz, Saint-Tropez n’est pas le meilleur endroit pour découvrir de l’art. Mais c’est pareil dans la musique, le cinéma, la littérature, les fils et filles à papa pourrissent la sincérité, le seul con dans l’histoire est le pauvre idiot qui paye sa place de ciné ou de concert et doit assister à ce déferlement de nullité. Vous ne voulez pas plutôt m’apporter une coupe de champagne ?
– Je ne sais pas pourquoi, mais je vous trouve différente des autres femmes de cette assemblée.
– Normal, je suis la seule pauvre.
– Dans vos yeux, je lis que votre vie intérieure est riche.
– Stop, on arrête tout, votre réponse est trop convenue, je ne peux pas continuer sur ce registre.
– Arrêtez de me taquiner, vous vous appelez comment ?
– Sophie et je n’ai pas de mari.
Oups ! se dit-elle, je suis barge de répondre ça.
– Je peux alors vous inviter à déjeuner ?
Exactement ce qu’elle ne voulait pas entendre !
– Volontiers !
Exactement ce qu’elle ne voulait pas dire !
Ce n’est pas la première fois que ses paroles ne lui obéissent pas. C’est peut-être le signe que je suis très déprimée ? se demande Sophie en buvant cul sec sa coupe.
– Au moins, vous n’êtes pas compliquée ! Je me présente, Jean-Guillaume Tuffier.
– Des constructions navales ?
– Exactement.
– Et vous tenez cette entreprise de votre père ?
– Qui la tenait lui-même de son propre père.
– Dingue ! se moque-t-elle.
– N’est-ce pas ?
– Je ne suis pas jalouse, mais ça me fout les boules les gens comme vous qui n’ont comme mérite que d’avoir hérité. À Megève, j’ai l’impression de ne voir que ça.
– J’ai commencé à travailler tôt et durement, on ne m’a fait aucun cadeau, se justifie Jean-Guillaume.
– Le mythe du gamin riche qui doit soi-disant démarrer en bas de l’échelle ne m’a jamais fait chialer. C’est quand même plus facile d’avoir le droit d’engueuler les ouvriers de son père et de rentrer dans une baraque à plusieurs millions d’euros avec du personnel que de trimer pour de vrai et de se coucher dans un studio pourri où vous devez laver vous-même votre sol et vos draps car vous n’avez pas de fric. Vous avez, ne serait-ce qu’une fois, mis la table ou passé la serpillière ?
– Non, mais je suis un cuisinier qui se défend.
– Oui, histoire d’épater vos copains !
– Pourquoi êtes-vous en colère, Sophie ?
– N’insistez pas, je ne déjeunerai pas avec vous.
– Vous êtes pétillante, j’adore. On dit après-demain au Fer à cheval ? À 13 heures ?
– Pourquoi pas demain ?
– Je dois aller à Genève.
– Chercher des pépettes ?
– Non, des cigares.
– Chez Gérard ?
– Je vois que vous connaissez vos classiques.
– Et ensuite, vous irez au Velvet vous taper une pute. Certaines, paraît-il, passent leur journée à tremper dans du lait d’ânesse pour avoir la peau douce. Vous m’en ramènerez une ?
– Vous êtes insensée, mais vous me plaisez.
– Parce que je ne coûte pas 2 000 euros ?
– Vous verrez, leurs diots au vin blanc sont fameux.
– Je suis plutôt filets de perche du lac Léman, mais bon.
Patrice de Colmont, au Club 55, raconte la pollution aux hydrocarbures arrivées sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle en octobre 2018.
Patrice de Colmont, au Club 55, raconte à Marcelline comment il choisit ses produits pour son restaurant de Ramatuelle sur la plage de Pampelonne.
Patrice de Colmont, au Club 55, explique à Marcelline l'importance de l'herbier de Posidonie pour lutter contre l'érosion sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle.
Marcelline découvre le Club 55, propriété de Patrice de Colmont et de sa soeur Véronique de Colmont, partenaire de sa chaîne YouTube Marcelline l'aubergine afin de parler de la nature.
Page 77 (extrait)... — Tu sais, dit Sophie à Géraldine, dépitée, souvent ce qui plaît aux hommes, c’est notre disponibilité. Regarde Laurent, il a couché pendant deux ans avec son assistante. Pourquoi ? Parce qu’il était un gros bourrin avec une sexualité de gros bourrin qui avait besoin de se vider les couilles régulièrement, ce qu’il ne faisait plus depuis longtemps avec bobonne. Et comme son assistante était là avec son vagin grand ouvert prêt à accueillir le puissant businessman, persuadée que la réussite professionnelle de Laurent déteindrait sur sa pauvre petite vie de merde, rêvant de tomber enceinte pour toucher du fric, il a sauté dedans. Je me demande comment il a pu coucher avec cette nana qui ne ressemble à rien, ou alors à un camion, ajoute Sophie, énervée, face à Géraldine qui ne peut pas placer un mot. En même temps, continue-t-elle sur sa lancée, c’est aussi bien qu’il ait couché avec cette fille dont il ne pouvait pas tomber amoureux, parce que s’il était sorti avec une femme comme moi, il aurait divorcé pour vivre avec elle, il aurait été heureux et je n’aurais jamais pu le récupérer. Et si je l’appelais ?...
Page 78 (extrait)...
— Regarde qui est là ! L’architecte ! Viens, on va boire un verre avec lui, propose Géraldine avec tact et fermeté pour calmer Sophie. Tu as raison, il est vraiment mignon. Je te laisse faire le boulot pour le brancher avec moi, ajoute-t-elle en se redonnant un coup de brosse dans ses cheveux noirs ondulés, avant de se diriger droit sur Gaspard qui hurle :
— Il y a trop de sexes où je veux habiter pour me limiter à un seul endroit, explique-t-il d’une voix forcée qui trahit son état d’ébriété. Tu comprends, Francesco, chaque nouvelle fille que je rencontre est une maison dans laquelle je veux loger mon intimité. Je t’assure, l’homme n’a rien inventé de mieux que le corps de la femme comme habitation. C’est la maison idéale ! Je rentre me coucher par son petit trou. Je réfléchis entre ses seins. Je crée entre ses reins. Je dessine sur ses fesses. Je construis entre ses cuisses ! Et avant de la quitter, je nidifie sa chatoune.
Apercevant Sophie qui le regarde horrifiée à l’entrée du café, il passe devant Géraldine sans la voir alors qu’elle s’apprêtait à lui faire la bise, et saisit Sophie dans un grand câlin pour l’entraîner à l’intérieur.
— Viens, ma petite colombe ! Je te paye un canon, dit-il en levant son verre.
Lecture de Manoëlle Gaillard
La dame bleue- nouvelle lue par Marcelline - Brèves enfances - Au diable vauvert
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henri - nouvelle lue par Alain Guillo - Brèves enfances - Au diable vauvert
Mon papa est curé - nouvelle lue par François Berland - Brèves enfances - Au diable vauvert
Prison - nouvelle lue par François Berland - Brèves enfances - Au diable vauvert
Un jour, mon papa n'est plus jamais revenu à la maison. Ma mère n’arrêtait pas de pleurer, et même de se rouler par terre quand une de ses copines ou ma grand-mère venait la voir. Mais arrête donc de pleurer ainsi, je lui disais. Il ne reviendra jamais. Arrête de pleurer, ça ne sert à rien. Comment tu le sais qu’il ne reviendra plus, me demandait-elle, il te l’a dit ? Mais non, mais ça se voyait quand il était là que le jour où il partirait, il ne reviendrait plus. Ça se voyait. Ce n’était pas sorcier à imaginer. Et elle repartait de plus belle à pleurer. Comme si elle était la seule à être malheureuse. Moi aussi j’étais triste. Mais je n’étais pas malheureuse. Je me disais que maintenant qu’il était parti, j’aurais enfin la chance de ne l’avoir rien qu’à moi. J’ai sept ans et je n’ai jamais passé une après-midi seule avec mon papa. Ma mère, elle voulait toujours venir avec nous. Quoique l’on fasse, elle venait. Ce n’était pas marrant. Du coup, il nous suivait sans rien dire. Il s’ennuyait. Ça se voyait. Alors je lui prenais sa main et je la serrais bien fort pour lui faire comprendre que je savais qu’il n’aimait pas ma mère. Et que s’il était encore là, c’était uniquement pour moi, pour que j’aie une enfance équilibrée.
Je n’ai jamais vu mes parents s’embrasser ou se tenir par la main comme le font souvent les parents de ma copine Camille. Ou plein de gens dans la rue. Eux jamais. Ils se disputaient ou alors il n’y avait que ma mère qui parlait. Mon papa, il se taisait et il payait. Il m’a payé un piano, une chaîne, un ordinateur, plus de deux cents DVD, une chambre de princesse, et aussi des tas de voyages où je partais seule avec ma mère, il disait qu’il n’aimait pas les vacances, mais je crois que c’était surtout pour avoir la paix. C’est bien simple, pendant l’année, il dormait la moitié de la semaine dans un appartement à lui tout seul où ma mère n’avait pas le droit d’aller et dès qu’il arrivait chez nous, elle lui demandait de l’argent. Tout le temps. Pour moi. Elle lui disait que j’étais une enfant qui coûtait cher et qui ne mangeait que des produits bios. Alors que ce n’est pas vrai, je n’aime que les coquillettes au jambon.
L’autre jour, ma mère m’a dit que mon père était partie vivre avec une pute. Une pute, je sais ce que c’est, Paul mon copain d’école me l’avait expliqué. Mais je suis quand même allée vérifier sur Internet. Et là, j’ai compris pourquoi papa était parti. C’était pas la même vie qu’à la maison. C’est sûr. J’ai essayé d’imaginer mon papa s’endormir dans les gros seins de la blonde vue sur le site Putes.com. Puis j’ai montré à Paul, mon copain d’école, le genre de fiancée que mon papa avait maintenant. Il m’a dit : « Oh la vache, elle est mille fois mieux que ta mère. » Ca m’a un peu vexée car c’est ma mère, mais je dois reconnaître que Paul a raison. Ma mère, je l’aime bien, mais elle n’est pas terrible. Elle a des seins flasques qui tombent et des gros tétons marrons qui me dégoûtent un peu. J’espère que je n’aurai pas les mêmes quand je serai grande, sinon je me ferai opérer par la chirurgie esthétique pour avoir les seins de la blonde d’Internet.
Ma mère, elle me défend de parler à la pute de mon père qui est une folle du cul. J’ai demandé à Paul ce que ça voulait dire. Il m’a dit que j’avais de la chance et qu’il avait hâte de la rencontrer car sa belle-mère ne s’habille qu’avec des jupes qui lui arrivent sous le genou. La pute de mon père s’appelle Sylvette. J’ai regardé sur Internet, mais je n’ai pas trouvé de Sylvette folle du cul.
Samedi, je dors chez mon papa. Youppie ! Il doit venir me chercher à midi. Je l’attends dans l’entrée. Quand ça sonne enfin à l’interphone, je dis à ma mère que j’y vais. Elle me dit qu’elle veut lui parler. Je lui réponds que je crois qu’il préfère ne pas la voir. C’est bien simple, il ne l’appelle jamais et lui raccroche au nez si elle essaye de le joindre. Elle insiste et je suis trop petite pour qu’elle m’obéisse. J’avoue qu’elle me fait de la peine à être aussi bête. Mais c’est ma mère et je dois la soutenir. Alors je me serre fort contre elle dans l’ascenseur.
Quand mon papa la voit, il tourne la tête et remonte dans son taxi. Je monte à ses côtés. Mon papa dit au chauffeur de démarrer, mais ma mère ouvre la porte et veut monter avec nous. Le chauffeur qui ne doit pas avoir les assurances en cas d’accident reste arrêté. Mon papa ne dit pas un mot. Moi non plus. Ma mère crie qu’il doit la respecter. Qu’elle ne mérite pas ça. Qu’il doit lui parler, bon sang ! Papa se tait. Ma mère me dit que si je pars avec papa, alors je ne la reverrai plus jamais. Plus jamais. Elle m’abandonnera. Voilà. Les choses se précipitent dans ma tête. Je me mets à pleurer que je ne veux pas être une enfant abandonnée et je descends du taxi pour rentrer dans ma maison. Au moins, je sais où je dormirai si je suis abandonnée. J’ai ma chambre de princesse et ça, personne ne peut me la prendre.
Le taxi de mon papa a démarré. Je suis toute tourneboulée. Je crie que je veux partir avec lui, mais trop tard, il a disparu. Je hurle. Je hurle. Je hurle. Ma mère essaye de me calmer en me disant que mon papa c’est un méchant et qu’il ne m’aime plus depuis qu’il vit avec sa pute. Soudain, le taxi revient en marche arrière. La porte s’ouvre et hop, je monte dedans à côté de mon papa. Je ne sais plus où j’en suis. Je me blottis contre lui. Il veut m’emmener déjeuner au restaurant, mais tous ces événements m’ont coupé l’appétit. Je préfère aller au cinéma, je lui dis. D’accord, tu veux aller voir quoi ? Pretty Woman, je lui réponds, il paraît que c’est l’histoire d’une pute qui a trouvé son prince charmant.
Sylvie Bourgeois - Brèves enfances - éditions au Diable-Vauvert
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Marcelline lit La dame bleue, une nouvelle de la romancière Sylvie Bourgeois, parue dans son recueil BRÈVES ENFANCES publié au Diable Vauvert, maison d'éditi...
François Berland lit Prison une nouvelle de Sylvie Bourgeois publiée au Diable Vauvert dans son recueil Brèves enfances
Patrice de Colmont, un prince paysan à Pampelonne
du Club 55 au Château de la Mole
par Sylvie Bourgeois Harel pour le magazine américain Maxim
(détenu par Sardar Biglari, propriétaire de Steak and Shake)
Tout a commencé en 1947, lorsque le père de Patrice, Bernard de Colmont (qui fut le premier occidental à entrer en contact avec les Indiens Lacandons en 1935), tourne pour gagner un peu d’argent un documentaire à bord d'un pailebot, un bateau à voiles majorquin qui assure le transport des oranges en Méditerranée. Une tempête de mistral les oblige à s'abriter dans la baie de Pampelonne. Bernard, subjugué par la beauté des lieux qui étaient à l’époque déserts, décide de revenir avec sa famille. « N’est-ce pas l’endroit idéal ? » rétorque-t-il à ses amis du Club des Explorateurs avec lesquels il a voyagé dans le monde entier. « Il n’y a pas d'araignées, ni de serpents mortels, pas de requins, ni de lions, pas de choléra, ni de tsunami… et nous sommes en France, dans une démocratie. »
Après avoir occupé pendant plusieurs étés une cabane de pêcheurs sur la plage de Bonne terrasse, Bernard acquiert en 1954 deux parcelles de terrain au bord de la mer, à l'endroit où les Américains, sous les ordres du Général Patch, ont débarqué pour libérer la France. Sa femme Geneviève est furieuse que son mari qui vient de toucher un petit héritage ait acheté un bout de plage remplie de mines laissées par la guerre alors qu’elle n'a pas de quoi offrir des pull-overs neufs à leurs garçons de 9 et 6 ans. Mais elle aime son homme alors ils quittent la Haute-Savoie et s'installent pour vivre à l'année, sans eau, ni électricité, sous des tentes puis dans trois cabanes en bois que Bernard a dessinées et fabriquées.
Dès les beaux jours, leurs amis pique-niquent au cabanon. Très rapidement, Geneviève leur propose de s'occuper de l'intendance des repas. Un jour de 1955, l'équipe du film de Et Dieu créa la femme avec Brigitte Bardot, qui n'a que 19 ans et n'est pas encore une star, croit qu'il s'agit d'un restaurant et demande à Geneviève si elle peut leur faire la cuisine pour 80 personnes pendant trois semaines. Ça l'amuse terriblement. Elle aime les gens de talent. Pour preuve, elle voulait devenir aviateur, ses parents n'étant pas d'accord, elle a réussi à travailler (bénévolement) pour l'explorateur Paul-Émil Victor. Alors elle dit oui. Elle n’a pas de four. Peu importe ! Elle fait cuire les rôtis dans celui du boulanger. Le film terminé, Roger Vadim et Brigitte Bardot reviennent. Et amènent leurs amis, réalisateurs, comédiens, écrivains, chanteurs, tous les artistes de Saint-Germain-des-Près qui font le Saint-Tropez des années 50. Geneviève, issue de la grande bourgeoisie, n'est pas impressionnée. Le soir, on dîne, on danse, c’est l’endroit où il faut être. Mais tout le monde n’est pas admis. Le Club 55 est né.
Pendant ce temps, Patrice grandit dans, sur et sous l'eau. À 8 ans, son père l'émancipe de façon complice : « À ton âge, les jeunes Lacandons apprennent à fabriquer leurs arcs et flèches pour se nourrir, et bien, toi, fais la même chose ! » Après l'école, Patrice part sur sa ‘’cocotte’’, un joli petit dériveur en acajou, pêcher et dormir derrière le Cap Camarat à l'endroit où la Méditerranée est si transparente que les pierres sont bleues. À 15 ans, Patrice a un rêve : devenir paysan et châtelain comme son cousin de Montfort l'Amaury chez qui il travaille plutôt que d’aller au lycée, aucun prof ne pouvant remplacer le savoir de son père qui lui a tout appris. Mais la vie en décide autrement. Lorsque Patrice a 17 ans, Bernard est obligé de vendre l’une des deux parcelles afin de réunir l’argent nécessaire pour construire une « vraie » maison en pierres (qui est aujourd’hui celle sur laquelle le restaurant est adossé). Patrice ne supporte pas cette injustice. Pourquoi son père si brillant n’a pas les moyens de garder le lieu qu’il aime le plus au monde ? Le lieu de son enfance. Furieux, il part travailler à Paris. Mais sa mère atteinte d’un cancer décède. Son père ne s’en remet pas et tombe à son tour malade. Avant de mourir, il demande à Patrice de revenir. Patrice qui a alors 24 ans reprend avec son frère aîné Jean et leur jeune sœur Véronique le Club 55. Et l’ouvre sur l’extérieur, en restant cependant vigilant sur l’attitude des nouveaux clients qui, pour seul parrainage, doivent émettre des ondes positives.
Patrice tient à garder le même état d’esprit que celui de ses parents, c’est à dire un endroit où rien ne bouge, ni ne change, avec la même cuisine authentique et familiale que celle de sa mère, ratatouille, poisson sauvage grillé amené chaque matin par les pêcheurs locaux, feuilleté de Ramatuelle, et les mêmes principes :
Ici le client n’est pas le roi… parce qu’il est un ami et La cuisine n’est pas faite par le patron.
Très rapidement, le Club devient cosmopolite et le rendez-vous incontournable des rois, des stars, des hommes d’affaires ou d’état en vacances, mais aussi celui de Jack Nicholson, de Sylvester Stallone, de Bono, de Naomi Campbell, de Kate Moss, de Sarah Ferguson pour ne citer qu’eux. Ici, pas de paparazzi, juste un photographe attitré qui ne vend ses photos qu’aux personnes qui sont représentées dessus ! Patrice crée le mouvement et donne le rythme aux employés, impressionnante chorégraphie rodée au centimètre près afin que personne n’attende et soit accueilli comme à la maison. C’est ce qui fait le charme du Club 55 dont Patrice devient le Prince. Un Prince humble qui n’oublie jamais de s’amuser : un jour où deux clients font un pari sur la rapidité de leurs voiliers respectifs, d’emblée, il créée (en se souvenant de sa petite ‘’cocotte’’) une course de bateaux, la Nioulargue, qui devient le must des courses de Méditerranée.
Quelques années plus tard, Jean vend ses parts à Patrice. Le restaurant s’organise désormais pour servir des quantités importantes de repas. Quand on demande à Patrice combien exactement ? Il répond en souriant qu’ils sont dans du déraisonnable ! (en réalité jusqu’à 1000 couverts par jour). Puis il ajoute (toujours en souriant) que l’idée n’est pas de battre des records, mais de faire plaisir à toutes les personnes qui veulent venir déjeuner, comme avec les amis qui s’invitent et qui sont plus nombreux que prévus, on ne les met pas dehors, on se débrouille pour les asseoir et les nourrir.
Patrice construit le mobilier avec le bois flotté qui s’est échoué sur le sable après les tempêtes, et pose sur les tables des nappes bleues, douces et délavées (dans la même tonalité que les matelas de la plage), ainsi que des fleurs... bleues… Plus les matières ont vécu, plus elles respirent la joie de son passé de jeune garçon libre et aventurier, et lui indiquent qu’il peut continuer de vivre dans la mémoire de ses parents sans angoisse puisque rien n’a changé, plus Patrice est heureux. Il investit toute son énergie, sa passion, son temps, son amour des relations humaines dans le Club 55 qui ne désemplit pas et reste ouvert pratiquement toute l’année, excepté les trois mois d’hiver. Patrice est chaque jour au cœur de son restaurant. Il est le cœur du Club 55. Tout le monde l’appelle Patrice. L’embrasse. Lui serre la main. Lui explique sa dernière folie ou son divorce. Il se souvient de tout et de tous. Rit. Blague. Tout en apportant une chaise supplémentaire ou en servant une tarte tropézienne, il raconte le Bailli Pierre-André de Suffren ou le voyage de noces de ses parents qui ont descendu en kayak les fleuves Green et Colorado. Il lui arrive aussi parfois de se mettre en colère et de demander aux indélicats de ne plus revenir. L’endroit devient mythique. On se sent unique et privilégié d’avoir la possibilité d’y déjeuner. C’est le seul lieu où les clients remercient le patron en partant.
En 1993, il rachète enfin la parcelle que son père avait été obligé de vendre et construit des cabanons pour que les habitués puissent séjourner de façon aussi authentique que lui, enfant, sur la plage. Mais malgré sa réussite, son rêve de devenir paysan et châtelain ne le quitte pas. Il cherche des fermes dont les terres seraient intactes et n’auraient jamais été en contact avec les pesticides et autres semences modifiées. Partout. Même dans les Alpes de Haute-Provence. Jusqu’au jour où une famille lui propose d’acheter la ferme de leurs parents. Ils ne veulent la céder qu’à Patrice de Colmont car ils savent qu’avec lui, celle-ci ne changera jamais. Son rêve se réalise enfin, et dans des conditions idéales, la ferme des Bouis est située à cinq minutes du Club 55. Il y installe des chevaux, des ânes, des chèvres, des chiens, qui peuvent contempler, au travers des oliviers, le Cap Camarat, derrière lequel se trouvent ses belles pierres bleues.
Aux Bouis, il fait pousser un potager, des olives et des vignes, fait son vin, son huile et livre le Club 55 en légumes et fruits évidemment bios, toujours dans sa philosophie de faire le plus naturel possible : « Moins on s’éloigne de la nature, moins on se trompe » ajoute-t-il en vous fixant de ses yeux verts. Sur le menu, le label « bio » n’est mentionné nulle part. Patrice préfère éduquer en laissant à chacun la possibilité de découvrir et d’apprécier. En effet, ses clients séduits par la qualité et le goût délicieux des tomates ou radis de ses fameux paniers de crudités l’assaillent de questions. Alors, Patrice prend une grande inspiration et raconte le maraîchage sans tracteur mais avec des chevaux de trait, les semences reproductibles, le danger des OGM, la permaculture, le composte, la résilience écologique, l’influence de la lune, la vision holistique. Il est intarissable. L’idée de Patrice est de sensibiliser ses clients dont certains, financiers ou industriels, sont de gros acteurs de la pollution mondiale, à l’agroécologie, non pas en leur donnant des leçons, mais en leur montrant, par son expérience réussie de prince paysan, que c’est possible. Qu’il est possible de respecter la terre et l’humain. Alors pourquoi ne pas essayer ? les questionnent en silence ses yeux verts.
Son éthique prend une dimension supplémentaire lorsqu’il découvre en 2011 les mots du paysan écrivain philosophe Pierre Rabhi (dont l'actrice Marion Cotillard est proche) : « Il est temps de prendre conscience de notre inconscience. » « Enfin un homme qui pense comme moi ! » se dit Patrice en dévorant ses livres. Désireux de le rencontrer, il l’invite à donner une conférence sur sa plage. Trois jours plus tard, Pierre téléphone à Patrice : « Je sais que je suis capable de résoudre le problème de la faim dans le monde par l’agroécologie. J’aimerais que tu me rejoignes. » Depuis les deux hommes ont créé ensemble le Fonds de dotation Pierre Rabhi. Et Patrice lui a fait rencontrer Léonardo di Caprio. « Pierre, que pensez-vous des OGM ? » lui demande celui-ci. « C’est un crime contre l’humanité », répond Rabhi. « Alors nous allons pouvoir continuer notre conversation parce que je suis d’accord avec vous. » Une réflexion est en cours afin que les trois hommes avancent ensemble.
En mai 2015, Patrice, qui a toujours prôné la patience et la sagesse, concrétise le plus excitant de ses rêves : l’acquisition du Château de la Mole (où a grandi Antoine de Saint-Exupéry, l’auteur du Petit Prince). Le projet est de faire de cette demeure historique une « villa Médicis » de l’agroécologie pour susciter des rencontres et transmettre le savoir, ainsi qu’une ferme comme au XVIIIème siècle, dans le souci d’un écosystème naturel qui préserve la biodiversité.
Au printemps 2016, le potager est planté et trois mois plus tard, les premiers légumes fournissent le Club 55. En quantité impressionnante ! Qui a dit que le bio n’était pas rentable ?
À 20 heures, chaque soir, après douze heures de travail intenses, Patrice ferme la porte de son Club 55 et charge dans le coffre de sa voiture une centaine de kilos d’épluchures qu’il apporte à sa ferme des Bouis pour nourrir ses ânes et ses chevaux. Si on lui demande pourquoi il le fait lui-même, il répond d’un air étonné, presque amusé : « À quoi bon avoir des animaux si ce n’est pas pour les nourrir ? » Puis serein, il rejoint à une quinzaine de kilomètres de là son château de la Mole où l’attend le petit Prince qui, la nuit, l’inspire et lui souffle de…, mais chut, c’est leur secret. Un secret de Princes naturalistes prêts à toutes les bontés pour sauver l’humanité.
Sylvie Bourgeois Harel
Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - J'aime ton mari (éditions ADORA) - Le Club 55 - Ramatuelle - Saint-Tropez
Patrice de Colmont - La Nioulargue - les Voiles de Saint-Tropez - Le Club 55
Château de La Mole - Patrice de Colmont - Marcelline - Sylvie Bourgeois
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Tous les prénoms ont été changés | Monsite
"Madeleine savait... Elle savait qu'en rentrant au bar du Grand Hôtel, un homme serait là pour la sauver. Qu'il serait seul. Hésitant. Qu'il serait plus âgé qu'elle. Qu'il l'écouterait. Qu'el...
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MONICA
Je ne sais jamais quoi offrir à mon mari que j’aime d’amour, j’ai toujours l’impression que ça lui fait ni chaud, ni froid. Tandis que moi, les cadeaux, j’adore les recevoir, c’est même tout un art, je deviens si joyeuse que c’est un véritable plaisir de m’en faire. Si. Je dis toujours merci même s'ils ne me plaisent pas, je ne fais jamais la tête, non, au contraire, je deviens gaie comme une enfant. Mon côté enfant, même avec le temps, n’a d'ailleurs jamais totalement disparu, j’aime encore le rose, les cœurs et dépenser l’argent de mon mari comme si c’était celui que me donnait ma maman. C’est peut-être une histoire de confiance. Mes économies, je les garde au cas où il me quitterait, je me consolerai avec. Si je ne sais jamais quoi lui acheter, c’est peut-être pour lui offrir, par anticipation, sa liberté. Ça peut paraître compliqué, mais je me comprends.
En revanche, pour ses 50 ans, je dois marquer le coup. Je suis bien ennuyée d’autant que Magali, sa nouvelle employée, est drôlement bien roulée. En plus, elle n’arrête pas de lui dire combien il est intelligent, talentueux, formidable. Et les hommes, le mien comme les autres, c’est fragile. À force de trop le flatter, elle va finir par me le gâter. Ce serait dommage car c’est un bon mari, gentil et toujours heureux de me voir, je ne dois pas le décevoir. Surtout pas ce soir...
(...)
Vous pouvez lire la suite de ma nouvelle érotique MONICA dans mon nouveau recueil ON OUBLIE TOUJOURS QUELQUE CHOSE qui vient de paraître.
Pour le recevoir, vous pouvez soit le commander auprès de votre libraire, mais ça prendra un certain temps, ou m'envoyer un mail à : slvbourgeois@wanadoo.fr.
En effet, après avoir été éditée chez Flammarion, Fayard, aux éditions Les Escales, chez Au diable vauvert, en Allemagne chez Piper, en poche chez Pocket, aux Editions Blanche, je viens de créer ma maison d'édition où j'ai également publié fin mai SOPHIE A MEGEVE, le 4ème volet de ma collection de Sophie, commencée chez Flammarion avec Sophie à Cannes, Sophie au Flore, Sophie à Saint-Tropez.
Sur les liens ci-dessous, vous pouvez écouter soit une courte lecture d'un extrait de mon roman En attendant que les beaux jours reviennent (que j'avais signé Cécile Harel) par la comédienne Manoëlle Gaillard, les comédiens Alain Guillo et François Berland qui lisent quatre de mes nouvelles parues dans mon recueil Brèves enfances, aux éditions Au diable vauvert, ou encore ma petite Marcelline l'aubergine qui m'interviewe sur mon écriture.
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Sylvie Bourgeois, Brèves enfances, La dame bleue, nouvelle - Écrivain
Marcelline lit La dame bleue, une nouvelle de la romancière Sylvie Bourgeois, parue dans son recueil BRÈVES ENFANCES publié au Diable Vauvert, maison d'éditi...
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Sylvie Bourgeois, En attendant que les beaux jours reviennent - Écrivain
Manoëlle Gaillard lit un extrait d'En attendant que les beaux jours reviennent, un roman de Sylvie Bourgeois, qu'elle a signé Cécile Harel, paru aux Editions...
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Tous les prénoms ont été changés, le nouveau roman de Sylvie Bourgeois Harel
Tous les prénoms ont été changés, le nouveau roman de Sylvie Bourgeois Harel est une histoire d'amour dans laquelle la jalousie s'immisce. L'écrivain Sylvie ...