En tant qu'écrivain, jamais, je n'utiliserai une IA
par Sylvie Bourgeois Harel
À une personne qui me conseillait hier de m’adapter à l’IA, je lui ai répondu que non, non, je ne voulais pas m’adapter. En tant qu’écrivain, et je précise bien en tant qu'écrivain, j'aime ne parler que de ce que je connais, je n’argumenterai donc pas sur l’outil fabuleux que l’IA représente et qui arrive à faire des calculs phénoménaux à une vitesse jamais égalée par l’homme, non, je ne parle pas de ses avancées révolutionnaires de pointe, mais en tant qu’écrivain qui est l’un des plus vieux métiers du monde et qui n’a jamais vraiment évolué puisque nous n‘avons besoin que d’une feuille de papier et d’un crayon, jamais je ne demanderai à une IA d’écrire à ma place, jamais, même ne serait-ce qu’une ligne, ou de me corriger et encore moins de m’apporter des idées, jamais, jamais, mais vraiment jamais.
Et même si cela m’est terriblement difficile, me demande beaucoup de travail, me prend énormément de temps, me fait souffrir car je ne puise mon inspiration que dans la douleur qui est logée dans le bas de mon ventre, j’aime écrire, j’aime créer de l’émotion, j’aime créer ma propre musique avec mes mots, j’aime approfondir mon style, je n’offrirai donc jamais à une IA le plaisir que je prends à passer des heures et des heures devant mes feuilles de papier et mon ordinateur.
Non, j’ai ajouté à cette dame, non, je n’ai pas envie de m’adapter à ce monde-là. Je préfère continuer à travailler mon intuition, ma médiumnité, ma sensibilité, mon écriture aussi, ma relation avec la nature, la mer, la forêt, prendre le temps de faire mon Qi Gong et mes longues promenades, de caresser et jouer avec mes cinq chattes, de nager avec mes copains poulpes et poissons, d’aider les personnes autour de moi, de rester simple, de parler à tout le monde, de ne pas avoir forcément réponse à tout, de continuer à me poser mille questions dont je n’aurais peut-être jamais la réponse, d’apprendre, de me tromper, de savoir attendre, de ne pas être impatiente, de chercher des solutions, de créer de l’étonnement, de lire des bons livres, d’écouter de la belle musique, de ne pas avoir la télévision, au lieu des informations anxiogènes que certains avalent chaque jour et même parfois plusieurs fois dans la même journée sans comprendre que c’est un poison qui nuit à leur âme, qui la paralyse, qui l’anesthésie, qui lui en faisant peur la rétrécit, je préfère nettement contempler un coucher de soleil qui me mettra en joie.
Cette joie m’ouvrira le coeur. Mon coeur ouvert sourira aux gens dans la rue. Mon sourire m’apportera mille cadeaux, des attentions, des gestes, des mots gentils, et même des framboises l'autre jour.
Bref, j’ ai conclu à cette dame que si le monde désirait aller de plus en plus vite, et bien, je m'en fichais. Puis j'ai ajouté en souriant, de ce sourire qui est né dans ma joie d'aimer la nature, les grandes promenades dans la forêt, les longs bains dans la mer, les caresses de mes minettes, que je n’étais pas pressée, et que je désirais avant tout rester désespérément humaine avec mes doutes et mes certitudes que la seule chose qui m’intéresse vraiment est l’amour.
Sylvie Bourgeois Harel
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