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Mon amie Pascale Garrigues, créatrice de Cheyenne Attitude à Saint-Tropez

 

Cheyenne Attitude rouvre sa boutique de Saint-Tropez, 

au 24 rue du Clocher,

avec sa collection vintage de vestes customisées, peintes et brodées, 

par Sylvie Bourgeois Harel 

 

La styliste Pascale Garrigues, qui a été la première à avoir eu l’idée, en 1998, d’acheter des lots d’anciennes vestes de travail bleues pour les transformer en vêtements branchés, après les avoir customisées, vient de rouvrir, pour la deuxième année consécutive, sa boutique Cheyenne Attitude, au 24 rue du Clocher, au coeur de Saint-Tropez.
Sa collection est démente. Ses vestes vintage, pour femmes ou pour hommes, sont toutes retravaillées de façon unique. Qu’elles soient peintes par des artistes que Cheyenne a découverts dans le Sud de la France ou brodées, des broderies sophistiquées issus de l’artisanat japonais, leurs motifs, leurs couleurs, leurs touches, apportent aux vêtements une dimension presque féérique, surtout lorsqu’il y a dessus des étoiles et des soleils, bleus évidemment.
Sur les portants de son magasin, vous trouverez aussi des sweat-shirts très colorés, des ravissants sacs en tricot, des chapeaux de cow-boy, des bijoux ethniques, des blousons courts ou des délicates vestes en daim très souple, des beiges, des jaunes, des orange, des rouges, des kaki, des marron, avec ou sans franges, ainsi que des vestes de blazer entièrement brodées ce qui leur donne une classe folle couplée à une originalité que l’on est fiers de porter.
Et là, je ne vous parle que de la collection de printemps de Pascale Guarrigues. En effet, dès le mois de juin, ses créations qu’elle fait fabriquer en Italie ou en France, les robes longues, les shorts assortis aux chemises, en popeline ou en éponge, les maillots de bain, les tee-shirts amusants, le tout dans une qualité irréprochable, arrivent.
C’est bien simple, dès que l’on enfile une fringue de Cheyenne Attitude, on a l’impression de plonger dans le Saint-Tropez des Années 70, un Saint-Tropez qui nous manque tellement, même à ceux qui, comme moi, qui ne l’ont pas connu, avec les mots tels que liberté, coolitude, amour, éclats de rires, bonheur, plage, love, peace, amis, tendresse, joie, fun, qui flottent soudain autour de nous, nous enivrant de souvenirs joyeux, d’envie d’aimer, de profiter de la vie. 

 

On sort alors de la boutique de Pascale, les mains dans les poches de notre nouvelle veste, content d’emporter avec nous un peu de l’univers et des passions multiples de cette belle et grande ancienne danseuse du Lido, bikeuse d’Harley Davidson, qui a fait toute sa carrière dans la mode à Milan. 
Sylvie Bourgeois Harel
Mon amie Pascale Garrigues, créatrice de Cheyenne Attitude à Saint-Tropez
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Un Rodin, sinon rien

Un Rodin, sinon rien...
 
Durant cet été 2024, je suis en colère de voir ces gros objets dorés et clinquants, avec une tête de smiley qui, soi-disant, questionnent sur le rapport de l’argent et de l’amour, un des pipeaux habituels des artistes qui ont besoin de théoriser leurs lacunes et leurs laideurs qu’ils pondent de façon industrielle (mais qu’ils vendent bien sûr en édition limitée…), être érigés en œuvres d’art à Saint-Tropez, alors qu’ils ne devraient pas sortir des lieux privés des galeries qui les représentent et les vendent.
 
Étant très admirative des sculpteurs, des génies, des artistes talentueux, qui ont éduqué et forgé ma capacité de contemplation, je vis cela comme une véritable pollution visuelle.
 
Mais ce qui me désole le plus, c’est de voir les pauvres passants s’arrêter devant pour les photographier ou ricaner parce qu’ils trouvent rigolo de voir un gros bonhomme doré avec une tête de smiley, et mignon un cœur qui s’envole, pensant que c’est de l’art puisqu’on les expose de façon aussi imposante et présente, une sur le port, une autre devant l’hôtel de Paris, une devant le Musée de l'Annonciade (qui contient d'ailleurs de magnifiques toiles de Bonnard et de Kees Van Dongen), une devant le Musée de la Gendarmerie et du Cinéma, et celle-ci devant chez Sénéquier.
 
Lorsque je suis devant une œuvre d’art, une vraie, je suis fascinée. En arrêt. Le temps s’arrête. Place au divin. Place à l’éternité. Place au calme. Place à la sérénité. Place à la paix, Place à la beauté, celle qui nous survivra, celle qui traversera les siècles, celle qui nous donne une raison d’espérer.
 
Je suis gênée par toute cette confusion mercantile qui veut nous faire croire que ces objets de consommation sont des œuvres d’art. De mon côté, je ne suis pas dupe, mais je suis triste de la duperie organisée en arnaque pour tous ces gamins à qui l’on ferait mieux de montrer un coucher de soleil, d’autant qu’ils sont particulièrement sublimes depuis le port de Saint-Tropez, un des rares ports de la Méditerranée à être face au soleil couchant.
 
En plus, ces objets ont des têtes de smiley, le degré zéro de la médiocrité qui a pratiquement remplacé le langage sur les réseaux sociaux. Ces smiley qui ont déjà suffisamment inondé la pauvreté des SMS sur les smartphones. Ces smiley qui, en un quart de seconde, ont pris la place des quelques mots que les adolescents, et les plus grands aussi, auraient pu écrire pour exprimer avec délicatesse leurs émotions, leurs fous-rires, leurs émois, leur amour, leurs désirs, leurs colères.
 
Je suis également écœurée par le message mensonger, soi-disant, plein d’amour et de poésie que ces gros objets manufacturés véhiculent, alors qu’ils appartiennent à 100% à la société de consommation, et à l’arnaque du marché de l’art contemporain que l’artiste veut nous faire croire qu’il dénonce.
 
C’est malhonnête de justifier une démarche commerciale avec un argument de bons sentiments, c’est digne des plus gros prédateurs. Il veut nous faire croire qu’il est hors-système alors qu’il est totalement dans le système qui, lui, a besoin de nous faire croire qu’il existe encore des vrais artistes sincères et talentueux.
 
Saint-Tropez est suffisamment beau. Saint-Tropez n’a pas besoin de ces anecdotes brillantes qui puent le fric et l’arnaque. A Noël, le gigantesque sapin posé devant chez Sénéquier était parfait, en été, un bel olivier, un immense laurier, ou un massif de lavande, symboles de la Provence, serait parfait aussi. Ou un Rodin. Ou rien. C’est très bien rien. C’est beaucoup mieux que ces gros cacas dorés.

Sylvie Bourgeois Harel
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  • : Sylvie Bourgeois Harel, écrivain, novelliste, scénariste, romancière Extrait de mes romans, nouvelles, articles sur la nature, la mer, mes amis, mes coups de cœur
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