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16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 23:08

Tous les prénoms ont été changés - Roman de Sylvie Bourgeois Harel

Les mystères de l'écriture

"Je suis contente de vous présenter mon roman Tous les prénoms ont été changés, mon dixième livre. J’ai mis un certain temps à écrire cette histoire d’amour entre Victor et Madeleine. Avec de nombreuses étapes. C’est la première fois que cela m’arrive. D’habitude, lorsque je commence un livre, je ne fais que ça jusqu’à ce que je le finisse. Mais là, non. Je l’ai commencé le mercredi 5 décembre 2018 à 13 heures. Je m’en souviens. Je déjeunais seule au Migon, un des rares restaurants de la plage de Pampelonne, ouvert durant l’hiver. J’apprécie beaucoup cet endroit où l’on peut déjeuner les pieds dans le sable, à deux mètres de la mer. Le propriétaire m’avait installée à une jolie table dehors. Il faisait beau. J’avais commandé des pâtes au pistou. J’étais heureuse et triste. J’ai ouvert mon ordinateur. J’ai toujours mon ordinateur avec moi. J’adore déjeuner ou dîner, seule, au restaurant avec mon ordinateur. Mon premier roman, Lettres à un Monsieur, je l’ai pratiquement écrit au Café de Flore, à Saint-Germain-des-Prés, autour d’un chocolat chaud. À Ramatuelle, les personnes me connaissent pour être l’écrivain qui déjeune ou dîne seule avec son ordinateur. Ce qui est paradoxal dans cet endroit de vacances où personne ne veut être seul de peur certainement que l’on croie qu’ils n’ont pas d’amis. Moi, c’est le contraire. J’ai de nombreux amis, mais l’écriture m’oblige à une certaine solitude. Savoir être seule dans un endroit bondé est délicieux, je créé mentalement un cercle autour de moi qui délimite mon univers spirituel dans lequel aucun être humain ne peut m’atteindre, ni me déranger. Donc je déjeune seule mes pâtes au pistou et soudain les mots arrivent : « Elle savait. Elle savait qu’en entrant au bar du Grand Hôtel, un homme serait là pour la sauver. Qu’elle l’appellerait l’inconnu. » Et j’écris, j’écris, j’écris, je n’arrête plus d’écrire, mes pâtes au pistou refroidissent. Je veux rentrer à Paris. Je veux m’enfermer dans mon bureau. Je ne veux plus parler, plus téléphoner, je veux me concentrer, j’ai besoin de rester seule avec mes personnages, Madeleine, Victor et l’inconnu. Je réserve un billet de train pour le lendemain matin. J’appelle le gardien du château de La Mole où je travaille depuis juillet 2016, pour Patrice de Colmont, un restaurateur et exploitant de plage (Le Club 55) ramatuellois et où j'habite lorsque ej suis dans le Sud, pour le prévenir qu’il doit m’accompagner à l’aube à la gare. Je lève les yeux. La mer est magnifique. Le ciel est sublime. Toute cette beauté m’appelle. Mais je ne la vois déjà plus. Je ne vois plus que mes mots et ma nécessité d’écrire, de rédiger cette histoire d’amour entre mes personnages qui s’aiment et qui souffrent de trop s’aimer, Victor, de jalousie, et Madeleine, d’incompréhension. Un peu plus loin, un ami déjeune avec ses enfants. En partant, j’apprends qu’il a réglé mon addition. C’est élégant. C’est important d’avoir des amis élégants. L’élégance a le pouvoir de cacher la tristesse, le malheur, la peine, le chagrin, la lâcheté aussi.
 
Pendant cinq semaines, je n’ai fait que ça, écrire, écrire, écrire. Puis la lumière du Sud m’a de nouveau attirée. Et j’ai laissé mes mots, je les ai abandonnés, ce que je n’avais jamais fait auparavant. Je ne les ai retrouvés que le 6 mars 2019 lorsque je suis partie précipitamment du château de La Mole pour rejoindre Paris, mais, cette-fois, pour ne plus les quitter jusqu’à la fin de mon roman. Il n’y a que mon mari qui peut accepter de vivre avec moi, qui peut comprendre que l’écriture happe tout, le temps, les bons moments, les plaisirs, les repas, les amis, les amours, l’écriture happe tout, il n’y a plus que ça qui compte. Personne ne peut accepter de vivre avec un écrivain.
 
Mais je n’étais pas heureuse. Je n’étais pas contente de mon roman. Je n’étais pas satisfaite de la fin. J’avais une colère en moi. Ce n’est pas bon d’écrire sous le coup de la colère. J’avais fait mourir Victor d’un accident de voiture. C’est faible de se débarrasser d’un personnage en le faisant mourir. C’est facile. Alors j’ai laissé mon roman pendant un an et demi. Il me fallait tout ce temps pour nettoyer ma colère et la déception qui polluaient ma pensée. C’est seulement en novembre 2020 que j’ai repris mon roman, j’ai commencé par retirer cent-trente pages inutiles, des pages de colère et de déception, complètement inutiles. Je n’ai laissé que l’amour et la douceur, et l’humour aussi, oui, beaucoup d’humour et beaucoup d’amour, et pendant deux mois je l’ai totalement réécrit.
 
Et maintenant je suis contente de mon roman, c’est certainement mon meilleur livre."

Sylvie Bourgeois

La comédienne Manoëlle Gaillard lit un extrait d'En attendant que les beaux jours reviennent

Le comédien François Berland lit Mon papa est curé, une nouvelle de Sylvie Bourgeois

La Dame bleue, une nouvelle de Sylvie Bourgeois à écouter, tirée de son recueil Brèves enfances, paru aux éditions au Diable Vauvert

Henri, une nouvelle de Sylvie Bourgeois à écouter, tirée de son recueil Brèves enfances paru aux éditions au Diable Vauvert

Sylvie Bourgeois Harel - Philippe Harel - Théâtre du Rond Point des Champs Élysées

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Sylvie Bourgeois Harel - Philippe Harel - Hotel Montalembert - Prix Marie-Claire 2018

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Roselyne Bosch - Sylvie Bourgeois Harel - Richard Berry - Philippe Harel - Gérard Darmon - Mathilde Seigner - Éric Assous

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Sylvie Bourgeois Harel - Le Club 55 - Lever du Soleil

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Patrice de Colmont - Sylvie Bourgeois Harel - Château de La Mole - Var - MAssif des Maures

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 12:19
Philippe Harel - Sylvie Bourgeois Harel ) Saint-Germain-des-Près

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Philippe Harel - Sylvie Bourgeois Harel

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Sylvie Bourgeois Harel - Philippe Harel

Sylvie Bourgeois Harel - Philippe Harel

Sylvie Bourgeois Harel - Philippe Harel

Sylvie Bourgeois Harel - Philippe Harel

Philippe Harel - Sylvie Bourgeois Harel

Philippe Harel - Sylvie Bourgeois Harel

Sam Bobino - Sylvei Bourgeois Harel - Philippe Harel Medhi Nebbou (photo Jérome Dominé) Apicius - La Jardin

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Philippe Harel - Sylvie Bourgeois Harel

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Quand mon mari me fait une déclaration d'amour sur France-Inter, ça donne des choses comme : depuis que je connais ma femme; ça me fait chier de mourir...

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 23:45
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  • : Sylvie Bourgeois Harel, écrivain, novelliste, scénariste, romancière Extrait de mes romans, nouvelles et articles sur mes coups de cœur
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